dimanche 30 janvier 2011

sexe, drogue de dépendance, comment décrocher

Voir " sexe drogue et dépendance, comment décrocher".
Je me sens un peu mal en tant que médecin: il serait urgent que les médecins apprennent à prescrire autre chose que des benzodiazépines, des somnifères et des antidépresseurs pour un mal de vivre, surtout une première consultation!

vendredi 28 janvier 2011

Après le médiator, le roaccutane

Acné. Le Roaccutane et ses génériques mis en cause dans des suicides

Le Roaccutane et ses génériques - le Curacné, Procuta, Contractné, l'Isotretinoïne Teva -, traitements indiqués dans le traitement des acnés sévères, sont dans le collimateur de l'Affsaps mais aussi désormais de la justice saisie notamment par un père de famille Niçois qui attribue à ce médicament le suicide de son fils en juillet 2007. On estime qu'entre 1986 et aujourd'hui, 4 millions de patients auraient utilisé ce médicament. L'Afssaps évoque de son côté 25 à 27 suicides notifiés.

Roaccutane : beaucoup d'adolescents ayant souffert de l'acné connaissent le nom de ce traitement radical contre l'acné sévère. Retiré du marché en 2008 sous ce nom par le laboratoire Roche, il continue à être prescrit aujourd'hui par d'autres laboratoires sous des noms génériques tels que Curacné, Procuta, Contractné, l'Isotretinoïne Teva. Depuis 1986, date de sa mise sur le marché par les laboratoires Roche, l'Affspas estime que cette molécule, l'Isotrétinoïne, a été prescrite à 4 millions de patients.

Un suicide à 17 ans après sept mois de traitement

Parmi ces patients, il y avait Alexandre, un adolescents Niçois qui s'est suicidé en juillet 2007 à l'âge de 17 ans. Son père, Daniel Voidey, a décidé de saisir la justice considérant que ce traitement pourrait être à l'orgine du mal être de son enfant et du suicide que cela a entraîné. Le jeune garçon aurait pris Procuta puis Curacné pendant 7 mois et se serait pendu trois jours après l'interruption de celui-ci, rapporte La Provence. Son père explique que l'adolescent a laissé comme message sur son portable : "Maman, je ne sais pas ce que j'ai depuis 3 semaines, mais là j'en ai marre, j'en peux plus, j'ai toujours mal quelque part, les articulations, le dos, les ongles incarnés, ma peau me gratte tout le temps. C'est des petites choses mais accumulées c'est dur".

Le célèbre avocat Me Collard a été saisi de cette affaire. Il a décidé d'assigner le laboratoire Roche mais aussi Expanscience et Pierre Fabre qui fabriquent les génériques. Cette affaire devrait être plaidée en mars devant le TGI de Nanterre. Un autre ancien utilisateur de Roaccune, également soutenu par Me Collard, mène un combat identique dans le Vaucluse depuis 12 ans. Il attribue sa dépression à ce traitement et a porté l'affaire en justice devant le tribunal d'Avignon qui l'a débouté en première instance au motif qu'il n'y aurait pas de lien entre cette dépression et la prise du médicament.

Il n'en demeure pas moins que des doutes existent concernant ce médicament qui annonce quelque 152 effets indésirables possibles, tels que des troubles dépressifs, oculaires, musculaires. L'Assaps (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) recommande ainsi depuis 2009 un suivi plus important, notamment au niveau psychiatrique, des patients traités avec cette molécule. Une enquête sur ce traitement, à l'initiative de l'Afssaps, serait par ailleurs menée depuis novembre 2010 auprès d'une centaine de dermatologues, précise le Parisien. Pour l'heure, les conclusions n'ont pas encore été rendue.

Toutefois, 25 à 27 cas de suicides auraient été notifiés à l'Afssaps entre 1986 et 2009, a indiqué à La Provence le Dr Anne Castot, chef du service d'évaluation et de surveillance. Ce qui "rapporté au nombre de suicides attendus parmi la population des 15-44 ans, n'est pas anormal, précise le médecin. S'il faut continuer à appeler à la prudence, il n'y a donc pas lieu pour l'instant d'envisager un retrait de ce médicament", ajoute-t-elle.

En attendant, des patients ou leurs parents s'interrogent et s'inquiètent. Une association créée par Daniel Voidey les regroupent depuis 2007 sous le nom de "Victime du Roaccutane et génériques" (AVRG).

Voilà  ce que j'avais écrit en 2009


Avec le ro-accutane il faut être vigilant:
En plus de ses risques de tératogénicité il y a un risque de dépression. Jusqu'à maintenant je négligeais un peu cet effet secondaire (je tente parfois de ne pas être une obsédée de la traque aux effets secondaires) mais un jeune patient de vingt ans s'est présenté il y a quelques temps en larmes:


" Docteur, je suis mal dans ma peau, pourtant tout va bien, les études, la famille.


- Qu'avez-vous de différent dans votre vie alors depuis que l'on s'est vu? Prenez-vous quelque chose?


- Eh bien, je vois le dermato depuis six mois pour de l'acné, il m'a prescrit du ro-accutane qui marchait très bien ( c'est vrai que le jeune homme n'était pas gâté et qu'il y a une nette amélioration), j'ai vu son remplaçant qui m'a doublé la dose il y a dix jours".


J'ai arrêté le traitement bien évidemment, d'autant plus qu'en y regardant de plus près la peau était épouvantablement sèche.


Mais c'est dommage, tout cela parce qu'un dermato s'est senti plus fin que les autres; "le mieux est l'ennemi du bien". Le gamin va bien actuellement.


J'ai déjà vu des traitements de ro-accutane à quart de dose couplés avec de l'homéopathie, ça marche du tonnerre, sans les effets secondaires.

J'avais téléphoné à une dermatologue pour discuter des effets secondaires de ce produit  et elle m'avait répondu " ne croyez-vous pas que devant tant d'acné un adolescent peut tomber dans la dépression aussi? Je suis absolument sûre que le roaccutane présente une balance bénéfice-risque positive".
On va laisser parler les experts...


jeudi 27 janvier 2011

Un infidèle

Un patient avait pris rendez-vous. Deux heures après il téléphone:
" Docteur, je suis encore bloqué mais j'annule mon rendez-vous. J'ai trouvé une place chez votre confrère ostéopathe car j'en ai marre de prendre des médicaments".
Pas de problème monsieur! J'en ai marre parfois d'en prescrire!

Ce n'est pas le cas d'une nouvelle patiente qui ne sait plus comment se séparer de son demi-témesta:
" J'essaie de l'arrêter parfois mais c'est trop épouvantable, je ne dors plus. J'en prends le minimum.
- Alors madame, essayez le coup de la lime à ongle: chaque jour vous rapez un peu plus de votre demi-comprimé. Evidemment vous pouvez faire ça à la cosaque, mais je vous conseille de le faire le premier jour des vacances, vous ne dormez pas mais vous lezardez sur la plage et vous nagez, et farniente".
Personne ne lui avait conseillé la lime à ongle, c'est pourtant un moyen simple de réduire au minimum les prises... avant arrêt définitif.

mercredi 26 janvier 2011

ibuprofène complètement anodin?

Si la crise que traverse la médecine pouvait faire prendre conscience à tous les patients que le fait de prendre un médicament est un acte important, grave et réfléchi et à ne pas faire à la légère, ça aurait déjà apporté quelque chose.

Je vois une personne ce soir qui ne se porte pas si mal, hormis ses douleurs d'arthrose.
" Madame, je vois sur votre prise de sang que vos reins sont un peu paresseux ( clairance de la créatinine un peu basse). Prenez-vous de l'advil?
- Oui, parfois j'en prends, mais je prends surtout du doliprane.
- Oui, mais l'advil, c'est souvent?
- Je ne peux pas vous dire. Dites, l'ibuprofène, c'est aussi mauvais?
- C'est pareil madame. Cela peut rendre les reins un peu paresseux. Vous êtes quand même au courant de tous les problèmes de médicaments en ce moment?
- Oh oui alors, quelle horreur!
- Vous prenez de l'ibuprofène tous les combien?
_ Tous les soirs docteur.
- C'est beaucoup trop, cela devrait rester rare.
- Ce n'est pas mauvais docteur!
- Cela vous rend les reins paresseux et vous risquez une insuffisance rénale".
En gros, j'ai répété les choses en boucle, vidal à l'appui et je pense qu'elle a compris.

Si j'ai relaté cette conversation c'est que j'en ai eu des similaires au moins des dizaines de fois concernant un tas de médicaments et qu'il serait temps que le médicament en général ne soit plus un produit de consommation courante,  un peu comme le maquillage du matin, mais qu'il retourne à sa vraie fonction: soigner des vraies pathologies

mardi 25 janvier 2011

Quand opérer les phimosis?

Une femme m'acoste dans la rue:
" Dites docteur, vous n'êtes pas mon médecin mais une question me tarabuste.
- Dites toujours...
- Eh bien, mon fils de 5 ans n'arrive pas à décalotter, je suis inquiète, mon docteur m'a dit d'attendre, l'hôpital voudrait l'opérer maintenant et mon fils pleure car il ne sait pas pourquoi il doit aller se faire opérer. Et mon médecin ne m'explique pas.
- A-t-il des problèmes pour uriner? Est-ce trop serré ( phimosis)?
- Non, absolument pas.
- Alors mon conseil est d'attendre qu'il comprenne à quoi cet instrument sert. Quand il aura lu le guide du zizi sexuel, que ça commencera à le chatouiller, je suis sûre qu'il se précipitera pour se faire opérer.
- Alors ce n'est pas grave?
- Non, absolument pas".
Et j'ai planté là la passante ravie!

lundi 24 janvier 2011

Y aller or not?

Le labo Servier m'a invitée pour un repas autour de son nouvel antiarythmique ( contre les irrégularités cardiaques).
Ca me plairait que quelqu'un me donne son avis sur le Procoralan, par exemple Lawrence ou un autre honorable lecteur feru de pharmacologie.
De toute façon je n'irai pas, je risquerais de ne pas le digérer.

samedi 22 janvier 2011

Au tour des antiparkinsonniens!

Didier Jambart, marié, père de deux enfants, était un homme sans histoire. Conseiller municipal et responsable d’une association sportive dans sa petite ville d’Indre, en Loire-Atlantique, employé comme cadre dans un établissement de la Marine nationale, il était « honorablement connu ». Et un de ces voisins à qui l’on confie, l’été venu, la surveillance du lotissement. « J’ai tout perdu », dit-il d’une voix lente et grave. « On n’a plus d’amis ou de fréquentations, on vit tous les quatre, on ne sort plus. » La vie de Didier a basculé lorsqu’on lui a diagnostiqué une maladie de Parkinson, en 2003. Il a alors 44 ans.

Son neurologue lui prescrit le Requip, un médicament de la classe des agonistes dopaminergiques. Ses effets s’avèrent d’abord positifs, et son médecin augmente régulièrement le dosage. Mais, au cœur de l’été 2004, débute une plongée en enfer. Le cadre modèle, qui n’a jamais joué plus qu’un tiercé le dimanche, se mue en joueur compulsif. PMU, roulette sur Internet, de petites sommes d’abord. « Mais fin 2004 je dépensais 10.000 € par mois ! » Pour financer son addiction, Didier emprunte, cumule les crédits, et finit par dérober des cartes bancaires. A sa famille, ses voisins, ses collègues. « Même aux agents immobiliers qui venaient visiter la maison ! J’étais incontrôlable. » Dans des accès de lucidité, il se dénonce par trois fois à la gendarmerie. Au total, il vole plus de 100.000 €.

Bientôt un autre trouble apparaît, l’« hypersexualité ». Lui qui bénéficie d’une accréditation « secret défense » s’exhibe sur Internet. Il se travestit. Il a, pour la première fois, des relations homosexuelles, qu’il vit dans la honte. Il tente de mettre fin à ses jours. En surfant sur un site canadien, en août 2005, Didier découvre les récits similaires d’autres parkinsoniens. « Je n’avais jamais osé en parler à mon médecin. Je ne faisais pas le lien. Il ne m’a jamais alerté », glisse Didier. Il faudra une hospitalisation au CHU de Nantes pour que le chef de service neurologie stoppe le Requip. A temps : « Ce médicament m’a rendu fou. J’étais sur le point de tuer quelqu’un. Il me fallait de l’argent. » Du jour au lendemain, l’hypersexualité disparaît. Pour le jeu, il faudra quelques mois.

En 2006, lors d’une négociation amiable avec le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), fabriquant du médicament, et avec le neurologue, les experts confirment que ces troubles sont imputables au Requip. Les responsabilités du laboratoire et du médecin sont établies à 80 % et 20 %. La femme et les enfants de Didier acceptent les 10.000 € proposés par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux. Didier non. Pour cette vie brisée en dix-huit mois, il a porté plainte en 2008 contre GSK – qui ne souhaite pas s’exprimer – et son neurologue, pour ses prescriptions excessives.

Les avocats du malade, Mes Beguin et Marot, réclament 450.000 € de dommages et intérêts. Ils mettent en cause la « défectuosité » du médicament. Plus précisément, sa notice, qui n’indiquait pas, jusqu’à 2006, ces effets secondaires désastreux. Or, selon eux, pour cette classe de médicament, les agonistes dopaminergiques, ils étaient connus. « Une conférence de consensus l’indiquait dès 2000. GSK prétend que sa molécule, le ropinirole, échappait à la règle ! », argumente Me Beguin. L’audience, prévue le 1er février au tribunal de grande instance de Nantes, déterminera si le laboratoire GSK connaissait ou non ces effets secondaires entre 2003 et 2005, période pendant laquelle il a été prescrit à Didier Jambart. Une centaine de cas similaires ont été rapportés en France. En 2009, l’Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps), a invité les médecins à informer les patients des risques d’effets indésirables

Ca se passe mal sur le front du médicament! Ces effets secondaires ne sont connus de la majorité
des médecs que depuis peu.




vendredi 21 janvier 2011

Surinformation!

 Sanofi-Aventis a adressé vendredi une lettre aux professionnels de santé européens leur recommandant de surveiller les effets éventuels du Multaq, son traitement des troubles cardiaques, après y avoir été autorisé par l'Agence européenne du médicament (EMA).

Cette lettre envoyée dans les pays de l'Union européenne, ainsi qu'en Ukraine, en Suisse et en Norvège, recommande aux médecins "de mettre en place une surveillance de la fonction hépatique" chez les patients traités par Multaq, a précisé un porte-parole du n°6 mondial de la pharmacie.

Les professionnels de santé américains ont déjà reçu ce même type de recommandation après la survenue de deux cas d'insuffisance hépatique aiguë ayant nécessité une transplantation chez des patients traités avec ce médicament.

Dans un communiqué publié vendredi, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) rappelle que "plusieurs cas d'atteintes hépatiques, dont deux cas d'insuffisance hépatique ayant nécessité une transplantation chez des patients traités par Multaq, ont été observés".

UN BILAN AVANT ET PENDANT LE TRAITEMENT

Les deux cas évoqués ont été signalés en Allemagne et aux Etats-Unis, précise l'Afssaps.

Elle ajoute que les patients traités par ce médicament seront contactés par leur médecin pour un bilan hépatique dans le mois suivant cette information.

L'Afssaps préconise en outre la réalisation de ce type de bilan avant d'engager un traitement puis tous les mois pendant six mois, puis à 9 mois et à 12 mois, et régulièrement par la suite.

De leur côté, les médecins recevront dans "les tout prochains jours" les informations sur les données de pharmacovigilance en précisant la conduite à tenir vis-à-vis de leurs patients.

Le porte-parole de Sanofi a indiqué que le laboratoire avait proposé dès décembre 2010 de revoir la fiche concernant la posologie du Multaq pour tenir compte des recommandations qui vont figurer dans la lettre.

La notice du médicament va être modifiée "dans un délai relativement court", a-t-il poursuivi.

Près de 200.000 patients dans le monde ont été traités par le Multaq depuis son lancement en 2009.

Si quelqu'un voulait avoir un exemple de surinformation, voici celui-là!!! Qui connait le multaq? Pourquoi  ne laisse-t-on  pas les cardio et les généralistes faire leur travail pour prévenir les patients?
D'autres traitements comme le Primpéran ont fait l'objet de lettres de restriction d'usage, car c'est un dérivé de neuroleptiques avec tout le cortège d'effets secondaires que cela induit, mais pas un mot dans la presse grand public!
Ou va-t-on?

S'informer est capital

Aujourd'hui mon remplaçant est aux commandes, repos! Et j'ai déposé le petit Ange chez la nourrice sans sa valise, ou une de mes chaussures, sa poussette, un chausse-pied,  son camion, son doudou ou  toute sa ménagerie en peluche, objets qu'il transporte habituellement:

Les patients s'inquiètent de plus en plus des effets secondaires des médicaments, même si je serine toujours le même langage depuis dix anx " un patient  qui s'informe  en vaut deux et se soigne mieux". Munis de ces conseils ils écument toute la toile à la recherche d'explications concernant leur maladie et le meilleur traitement possible.

Pour se renseigner sur les maladies je propose Doctissimo ( ne surtout pas lire ce qu'il y a écrit sur les forums, c'est l'opinion très perso d'internautes et de plus certains doctinautes de diamants ou autres sont payés pour écrire ce qu'on leur dit), wikipédia, par contre pour le traitement, étant donné qu'un traitement est spécifique à chaque patient rien ne vaut le face à face, avec moi d'abord, puis avec le spécialiste si besoin. Et pour améliorer la santé dans le cadre de maladies chroniques je leur propose lanutritherapie.com, guerir.org.


mercredi 19 janvier 2011

Médicaments : la liste des 59 produits « sous haute surveillance »




 « Le Parisien » publie aujourd’hui la liste de 59 de ces molécules à risque, surveillées de près par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). En effet, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, annonçait samedi dernier, sans pour autant les nommer que 76 médicaments en France étaient sous surveillance.


Selon le Parisien, ces médicaments « font l’objet d’une procédure spéciale de suivi des effets indésirables » appelée «plan de gestion des risques». Il incombe ainsi aux laboratoires qui les fabriquent d’en surveiller les effets secondaires et de les signaler aux autorités sanitaires. Le responsable de la revue « Prescrire » Bruno Toussaint, déclare ce matin au « Parisien » que «cette liste démontre que le Médiator n’est pas un cas isolé. Dans ces 59 médicaments placés sous surveillance par les autorités, certains devraient être retirés du marché, comme l’Arcoxia ou le Champix. D’autres ont une utilité, mais on ne sait pas si la surveillance des risques est efficace…». Le responsable de la revue médicale indépendante estime que cette surveillance des effets secondaires devrait être réalisée par « des experts indépendants».


Les 59 médicaments sous surveillance :




ACLASTA 5 mg (laboratoire Novartis). C’est un traitement de l’ostéoporose. Effet indésirable : insuffisances rénales.   ( Le labo a tenté de me convaincre du bien-fondé d'une injection annuelle pour éviter les fractures, il n'y est pas arrivé!)


ALLI 60mg (GSK). Ce médicament est indiqué dans le traitement du surpoids. Il est sous surveillance car il peut entraîner des troubles de l’anxiété. 


BYETTA (Lilly). Ce médicament est un anti-diabétique. Il entraîne des troubles gastro-intestinaux, des nausées, et des vomissements. Une étude montre qu’il augmente le risque d’insuffisance rénale aigüe. ( à peine sorti, à peine sur la liste des produits à éviter!)


CERVARIX (GSK). C’st un vaccin contre le col de l’utérus en prévention des cancers du col. Effets secondaires possibles : céphalées, et douleurs musculaires, rougeur et gonflement. ( j'ai l'impression de me battre contre des moulins à vent à ne pas vouloir prescrire ce vaccin)


CHAMPIX (Pfizer). Ce médicament d’aide à l’arrêt du tabac agit sur les récepteurs nicotiniques du cerveau. Il a des effets secondaires. Notamment la dépression, l’irritabilité, les céphalées.  ( j'ai déjà assassiné ce produit, cf post d'avant. Le zyban devrait être aussi sur la liste


CHLORHYDRATE DE BUPRENORPHINE (Merck). Il s’agit d’un traitement substitutif des drogues opiacées. Il peut entraîner des atteintes hépatiques, et des cas de dépression respiratoire. 


CYMBALTA (Lilly). Ce médicament est un antédépresseur. Ses effets secondaires sont des atteintes graves du foie. L’Afssaps indique que «le risque de suicides pourrait être augmenté».


GARDASIL (Sanofi-Pasteur MSD). Il s’agit du vaccin contre le papillomavirus, pour éviter les cancers du col de l’utérus. Il peut entrainer des réactions cutanées au point d’injection et de la fièvre. Il n’est pas recommandé pour la femme enceinte. ( idem cervarix)

INTRINSA (Procter&Gamble Pharmaceuticals), patch indiqué dans la baisse du désir sexuel chez les femmes souffrant de ménopause chirurgicale. Effets indésirables : réactions locales au site d’application (30 % des patients), acné, hirsutisme et raucité de la voix (pour 1% des patients). Risques potentiels : survenue du cancer du sein et d’évènements cardiovasculaires. ( des hormones mâles pour le désir sexuel, je n'ai jamais compris)


JANUVIA, 100 mg comprimé pelliculé (Merck, Sharp & Dohme LTD), indiqué chez les patients diabétiques de type 2 pour le contrôle de la glycémie. Effets indésirables : troubles digestifs, infections des voies respiratoires, réactions cutanées, réactions d’hypersensibilité.


METHADONE AP-HP gélule (Bouchara-Recordati), indiqué dans le traitement de substitution des drogues. Effets indésirables : hypersudation, nausées, constipation, dépression respiratoire, hypotension sévère, arrêt respiratoire, choc et arrêt cardiaque.


ONGLYZA (Bristol-Myers Squibb/AstraZeneca), indiqué dans le diabète de type 2. Effets indésirables : infections respiratoires, vomissements, maux de tête.


PREVENAR 13 (Pfizer), vaccin contre les infections à pneumocoque (méningites, pneumonies…) pour les enfants. Effets indésirables : réactions au site d’injection, fièvre, irritabilité, perte d’appétit et troubles du sommeil. ( parents, lisez!)


SYMBICORT (AstraZeneca), contre l’asthme. Effets indésirables : palpitations, tremblements, irritations de la gorge, toux, raucité de la voix.


THALIDOMIDE (Celgene), retiré du marché mondial en 1962, il est actuellement réutilisé pour ses propriétés antitumorales. Les effets indésirables : malformations congénitales en cas de grossesse ; tromboses veineuses ; embolies pulmonaires. (un vieux "copain" qui a créé toute une génération de personnes "à petits bras", c'est à dire des malformations importantes: on le prescrivait aux femmes enceintes et elles accouchaient d'un handicapé)



VALDOXAN (Servier). Il s’agit d’un anti-dépresseur. Il peut provoquer des nausées et des vertiges. Des problèmes au foie ont aussi été identifiés.


XYREM (UCB Pharma) C’est un traitement de la maladie du sommeil, dite narcolepsie. Les risques liés au produit font apparaître des dépressions respiratoires, des troubles neuro-psychiatrique, des idées suicidaires et des tentatives de suicide.


ZYPADHERA (Lilly) Il s’agit d’un anti-psychotique délivré aux patients adultes schizophrènes. Dans certains cas, des effets secondaires du type agressivité, vertiges, hypertension, convulsion, et même quelques cas de coma ont été rapportés.

http://www.24hsante.com/medicaments-la-liste-des-59-produits-%C2%AB-sous-haute-surveillance-%C2%BB

La liste est plus complète mais j'ai oté les traitements plus spécialisés.

mardi 18 janvier 2011

Meurtres sous benzodiazépines?

Le miroir meurtrier d'Isabelle Servier
http://www.au-troisieme-oeil.com/index.php?page=actu&type=skr&news=13840



" Le ministère public a requis hier, après deux jours d'audience, «une peine mesurée et curative» à l'encontre d'Isabelle Servier. La fille du fondateur du groupe pharmaceutique Servier était jugée pour avoir tué son mari le 18 décembre 1999. Cinq ans d'emprisonnement, assortis d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de soins, ont été demandés par l'avocate générale. «L'intention de tuer existe, mais on ne peut pas considérer qu'elle était en pleine possession de ses moyens la nuit des faits», a souligné Lydie Patoukian-Dekkers. La cour d'assises des Hauts-de-Seine avait évoqué, au cours des débats, les effets des tranquillisants que l'accusée avait absorbés avant de commettre le crime.

Le président de la cour d'assises voudrait que l'histoire soit racontée «dans l'ordre». Le contexte d'abord, puis les faits. Sans cesse, Isabelle Servier, veuve Grange, revient pourtant à son «idée fixe», sa «pensée obsédante» la nuit du crime : «C'était moi ou lui.» Ce 18 décembre 1999, la mère de famille a saisi une hache dans la cuisine, est montée dans la chambre où dormait son mari et l'a frappé à dix reprises. Fin d'une histoire d'amour sincère et pathologique, qu'Isabelle Servier résume d'une voix linéaire, six ans après le meurtre : «Je ne voulais pas entendre parler du divorce, j'étais trop attachée à mon mari.»

Elle a 53 ans aujourd'hui, un corps grossi et un visage marqué. Elle est confuse et «déprimée». Souvent, Isabelle Servier «ne sait plus» et «ne (se) souvient pas». Elle demande «pardon» pour son geste meurtrier, qu'elle ne sait expliquer autrement que par un «coup de folie».

«Je n'ai jamais vu un être aussi doux, aussi pacifique et aussi calme : son destin est absolument étonnant», dit pourtant de sa troisième fille Jacques Servier, le fondateur et président du laboratoire du même nom. Occupé à bâtir un empire pharmaceutique et l'une des plus grosses fortunes de France, le médecin a laissé, dans le passé, le soin d'élever son enfant «distraite, pensive et littéraire» à sa femme. Il essaie aujourd'hui «de la réadapter à diverses activités professionnelles». Et ce père longtemps effacé vient témoigner au procès de sa fille : «Isabelle et Henri allaient très mal. Jusqu'au bout, ils sont restés solidaires.»

«Ils étaient inséparables», confirment à tour de rôle Emmanuelle et Marianne. Elles sont les filles de l'accusée et de la victime. Recueillies après le drame par leur oncle paternel, elles évoquent en pleurant la mémoire de leur père, un homme «gentil, attentif et touchant», et ont «pardonné» à leur mère aimante et «très douce».

Ce couple soudé fonctionnait en miroir, «chacun étant le support de l'autre et le malade de l'autre, à tour de rôle», a souligné un des nombreux psychiatres entendus par la cour. Henri Grange ne supportait pas les comas éthyliques de sa femme – trente-deux tentatives de sevrage», selon Me Olivier Lagrave, avocat de la partie civile. Isabelle Servier était «traumatisée» par la maladie mentale de l'ingénieur brillant et ambitieux. «Il n'y a rien de plus difficile que la maniaco-dépression, dit Jacques Servier. Henri écrivait régulièrement au président de la République. Je dois dire que le cabinet téléphonait pour savoir si la méthode ainsi proposée pour réduire le chômage était valable»...

Dans Voyage au centre de la tête, un récit autobiographique en partie consacré à sa maladie et écrit à la troisième personne, Henri Grange pose noir sur blanc ses idées délirantes. Il évoque surtout la souffrance causée par son trouble psychiatrique. «Henri est debout devant son miroir, anxieux, la crampe au ventre.» «Henri ne peut plus bouger, il reste coincé au fond de son lit. Comment cela va-t-il finir ?»

Comme le président au cours des débats, le docteur Daniel Zagury a essayé de mettre «un peu d'ordre», dit-il, dans les nombreux examens neurologiques et tests psychologiques pratiqués sur l'accusée. L'expert conclut à «une atténuation du discernement» d'Isabelle Servier, qui avait absorbé huit anxiolytiques (selon ses aveux) au cours des heures précédant le meurtre. Cité par la défense, le professeur Ollier, chef de clinique à l'hôpital Sainte-Anne, souligne le risque de désinhibition, un effet secondaire de ce médicament. Pour le psychiatre, qui suit l'accusée depuis quatre ans, Isabelle Servier a obéi à «une idée prévalente qui ne peut être discutée». Elle a agi, ce 18 décembre 1999, «dans un état second», «sans liberté»."

Un article de Delphine Chayet.

Cela est fort intéressant; il s'agit de la fille Servier, du labo qui a commercialisé le Médiator. Il parait qu'elle-même aurait commis son homicide sous le coup d'un benzodiazépine ( lexomil). Comme quoi même la famille la plus stigmatisée  pour l'heure pourrait elle-même  être victime d'un effet secondaire de médicaments.




Anorexique, j'ai passé neuf mois isolée en HP. Pire que la prison

Je m'appelle Marlène, j'ai 21 ans et je suis en licence de sociologie. Aujourd'hui, je pèse 59 kilos, mais je suis descendue jusqu'à 37 kilos. J'aimerais vous faire part de mon histoire, celle d'une fille devenue anorexique à 16 ans. Pourquoi, me rétorqueriez-vous, cela peut-il nous intéresser ? Parce que mon récit met -ou remet- à jour les défaillances du système psychiatrique juvénile français du XXIe siècle.

Je vous écris parce que je veux que l'on prenne conscience que l'anorexie est encore un sujet tabou malgré les phénomènes médiatiques mis en avant ces dernières années (tels que Solenn Poivre d'Arvor ou Isabelle Caro, morte il y a quelques semaines).

Je m'appelle Marlène, je suis iséroise, et en 2005, j'ai souffert d'un mal qui se nomme l'« anorexie mentale ». En sept mois, de septembre 2004 à mars 2005, j'ai perdu 13 kilos. Je suis passée de 52 à 39 kilos pour 1m70… pour vous dire que je n'étais pas épaisse !

De l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon où l'on ne savait pas trop quoi faire de moi, j'ai été transférée à l'hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu à Vénissieux, au service Ulysse, pour les jeunes.

Je me retrouve donc avec d'autres jeunes souffrant de différents maux psychologiques (schizophrénie, tentatives de suicide, troubles obsessionnels compulsifs, comportements violents, etc…), mais personne n'est atteint de la même maladie que moi.

A mon arrivée, la psychiatre chef de ce service m'explique comment fonctionne la structure, me montre la chambre où je vais être isolée pendant neuf mois sans voir mes parents, ni mes sœurs, ni mes amis. Tout cela à 16 ans. Je suis en effet mise en isolement avec juste un cahier pour écrire mes pensées, le droit à un livre par semaine, et rien d'autre. Pas de médias quel qu'il soit.

Je suis là pour penser à moi, me disent-ils. Penser à moi avec je ne sais combien de grammes d'antidépresseur qui me font davantage dormir que réfléchir. Voir la lumière quand on vous impose du flou, c'est assez compliqué.

Je grossis un peu, je peux sortir quelques heures
Au début, j'ai le droit à une heure de sortie de ma chambre par jour pour voir les autres patients de l'hôpital. Mais comme je ne grossis pas, plus de sortie. Mon espace de vie se résume à ma chambre, point.

Ce qui est assez surprenant (j'ai d'ailleurs failli en faire mon sujet de mémoire de fin de licence), c'est la solidarité des autres jeunes patients qui, en cachette du personnel, m'amènent des magazines, viennent me parler… Je fait ainsi passer deux ou trois lettres à mes amis comme cela.
Pire qu'en prison ; pas de courriers ; mes parents ont dû expliquer à mes amis où j'étais passée ! D'après ce qu'on m'a dit, l'isolement dure en général un ou deux mois, mais six mois d'isolement total à 16 ans, l'âge de toutes les expériences, c'est long.
Certes, j'ai les infirmiers, les éducateurs spécialisés et le psychologue comme compagnie. Certains infirmiers géniaux m'ont beaucoup aidée ; d'autres sont antipathiques et semblent se demander pourquoi ils sont infirmiers.

Comme expérience, je vis l'attachement au lit en étoile les fois où je tente de sortir de ma chambre sans autorisation.

Puis je grossis un peu. Je peux donc sortir de ma chambre trois à quatre heures par jour.
Et en décembre 2005, après neuf mois, je revois enfin mes parents et mes sœurs. Larmes, pleurs et pathos à gogo dans la piteuse salle de visite de l'hôpital.

Le plus marrant dans tout cela, c'est que je suis rentrée en isolement à 39 kilos et après avoir été nourrie par une sonde nasale, je suis sortie de l'isolement en pesant … 37 kilos !

Je vous avoue que je n'ai toujours pas compris pourquoi on m'a gardée à l'isolement, ni pourquoi on m'en a sortie.
45 kilos après un an et demi d'hôpital
Attendez que je raconte mes conditions de sortie. Pendant mes permissions, j'allais voir une psychologue gratuitement dans un centre psychologique pour enfants de ma ville. C'est à elle que je dois tout : je me suis sentie en confiance et j'ai retrouvé l'envie de manger et de vivre.

Quand la psychiatre de l'HP a appris que j'en voyais une autre, elle m'a prise dans son bureau avec l'infirmière que je détestais le plus et m'a accusée de trahison. Elle m'a demandé de choisir (ce n'est pas une blague). Entre l'incapable et ma rédemptrice, le choix a été rapidement fait.

Après un an et demi d'hospitalisation, je suis sortie pesant 47 kilos.
J'ai replongé un peu après l'été, puis on m'a mise au service pédiatrie d'une clinique, sans isolement. Mon père a signé une décharge par laquelle il reprenait sa responsabilité sur moi.

Puis je suis retournée au lycée et j'ai eu mon bac ES avec mention bien à 19 ans. J'ai intégré une classe préparatoire lettres et sciences sociales à Strasbourg et je suis désormais en licence de sociologie. J'attribue cette réussite et ma guérison à ma volonté, à la psychologue, au nutritionniste et au pédiatre de la clinique, mais surtout pas à l'année et demie d'hospitalisation.

Je ne dis pas que le traitement de l'anorexie est aisé mais à mon sens, il faudrait commencer par faire de la prévention dans les écoles. Le corps est devenu facteur d'identité dans nos sociétés occidentales. Cela n'est pas sans conséquence. La société se transforme, les institutions moins.
http://www.rue89.com/2011/01/11/anorexique-jai-passe-neuf-mois-isolee-en-hp-pire-que-la-prison-185032

Plus jamais ça!

lundi 17 janvier 2011

Patients lecteurs

Chaque lundi on retrouve le rythme infernal, déjeuner dans la voiture n'en déplaise au flic du village, café sur le pouce.

Un patient: " je suis en train de divorcer, mais cela ne doit pas se savoir pour l'instant hein!" Non monsieur, juste dans mon blog! Je ne lui ferai pas ça, je le laisse divorcer tranquille.

Un autre: "docteur, vous avez retiré l'équanil de l'ordonnance de ma copine, je trouve qu'elle va mieux. De toute façon j'avais vu toutes les notices de ses médicaments et je trouve que ça se contredisait". Tant mieux, l'équanil est sur la sellette, le rapport bénéfice risque est mauvais. Pour mémoire l'équanil a depuis longtemps été utilisé dans les sevrages alcooliques puis au long cours, sans justification thérapeutique plausible.
En apparté, ils sont biens mes patients: ils épluchent toutes les notices, on ne peut presque plus rien leur prescrire sans qu'ils émettent des reserves et que je leur prouve que le bénéfice sera supérieur aux risques.
Une autre de mes patiente se tartine chaque soir un équivalent du larousse médical comme lecture récréative.

Ce n'est pas totalement la faute des médecins: nous avons appris à prescrire, nous sommes les champions d'Europe de prescriptions, presqu'aucun patient ne ressort de notre cabinet sans ordonnance. Il est temps d'enseigner autre chose aux futurs générations!

dimanche 16 janvier 2011

Pétard mouillé?

On parle de réformer le système de santé, d'être beaucoup plus vigilant, surveiller les soixante dix médicaments environ sur la sellette. Cela va-t-il faire comme l'affaire du sang contaminé? On en parle, on en parle, on fait une petite réforme puis on continue à soigner les gens main dans la main avec les labos.
Depuis le sang contaminé on a retiré les produits à base de moelle de boeuf et autres trucs d'un autre temps, mais dans le même temps les médecins sont devenus des épiciers (on a changé la forme mais pas le fond) :  "et vous me mettrez une boite de doliprane, du rhinofluimucil et ma pilule s'il vous plait". Parfois je place mon stylo sur l'oreille droite pour faire plus réaliste, parfois je baisse les bras.

Un de mes patients traînait avec une méchante sciatique; je lui avait donné anti-inflammatoires, antalgiques, décontractant, n'avais pas oublié un passage chez l'ostéo, le rhumato, le kiné, le tout sans effet pendant six mois.
Un jour il revient, marchant normalement et rayonnant: " docteur, j'ai consulté un autre ostéo, je n'y croyais plus, il a de l'or dans les doigts".  Et je ne le vois plus, et son accident de travail est fini! Et moi j'ai une furieuse envie de devenir ostéo pour accomplir les mêmes miracles.

Il y a autre chose que les médicaments pour soigner, c'était la conclusion de ce post.

vendredi 14 janvier 2011

Haro sur le généraliste!

 Le Conseil national de l'ordre des médecins va envoyer un courrier à tous les généralistes et cardiologues de France...

L’angoisse des victimes du Mediator commence à faire face à l’inquiétude des médecins d’être tenus en partie pour responsable du scandale. Plusieurs associations ont en effet reçu des témoignages de victimes de ce médicament anti-diabétique révélant le peu de considération de certains praticiens généralistes. «Certains disent que ce n’est que du marketing, que ce n’est pas grave, confie Dominique Courtois, président de l’association des victimes de l’Isoméride et du Mediator (AVIM). Ils ne veulent pas prescrire d’examens complémentaires voire, dans certains cas, donner aux victimes les documents attestant qu’ils ont bien pris du Mediator...»

Informé de cette situation mercredi soir lors de la réunion du comité de suivi, Xavier Bertrand a pris la décision d’alerter le Conseil national de l’ordre des médecins. Selon nos informations, tous les généralistes de France vont bientôt recevoir un courrier leur demandant de «prendre en considération l’angoisse des patients victimes du Mediator» et donc de les aider dans leurs démarches.

Alors que le Mediator pourrait avoir fait -selon les études- entre 500 et 2 000 victimes, les patients se plaignent en réalité des difficultés à obtenir une échographie. «Certains médecins qui ont prescrit du Mediator pour des problèmes de poids et non pas de diabète ont peur, relève Jacques Le Disez, porte parole de l’Association française des diabétiques (AFD). Ils ont peur qu’on vienne leur réclamer des comptes. Ils ont une réticence à prescrire.»

Conçu pour soigner le diabète, le Mediator a également été utilisé comme coupe-faim auprès de patients ayant des problèmes de poids. Plusieurs praticiens auraient ainsi prescrits ce médicament non pas pour son effet principal mais pour son effet secondaire tout en demandant tout de même le remboursement auprès de l’Assurance Maladie.

Aujourd’hui, l’échographie semble être le seul moyen sûr à 100% de déceler les valvulopathies dont le Mediator pourrait être à l’origine. «Un cardiologue du CHU d’Amiens a mené une étude sur 150 patients, poursuit Jacques Le Disez. Il a relevé douze cas de valvulopathies dont un de grade 3 (sur une échelle de 1 à 4) pour lesquelles le patient ne présentait pourtant aucun symptôme.»

Les malades qui ont pris du Mediator pourraient également connaître d’autres difficultés à effectuer les examens adéquats. Selon nos informations, une étude va être aussi lancée pour savoir si les cardiologues ont les moyens de recevoir en rendez-vous toutes les victimes qui sont angoissées. «Certains patients se plaignent de n’obtenir des rendez-vous qu’à un horizon de quatre à six mois, poursuit Dominique Courtois. Cette étude permettra de savoir si les cardiologues peuvent absorber l’afflux de patients ou s’il faut un dispositif spécial.»

A l’heure actuelle, 400.000 personnes ayant pris du Mediator ont déjà reçu un courrier leur demandant de prendre contact avec leurs médecins. Lors de la réunion de mercredi soir, Xavier Bertrand a également demandé à la l’Assurance Maladie d’étendre ses recherches de patients: 300 à 400 patients de plus devraient ainsi recevoir le même type de conseils.


C'est du beau, cet article fait passer les médecins pour des types trouillards, de mauvaise foi, refusant de voir leurs responsabilités, et la réalité en face. La médecine générale continue à être décrédibilisée.
La seule façon de se sortir de cette crise sans précédent est d'être parfaitement honnêtes avec les patients et de faire les examens appropriés sans attendre des injonctions du conseil de l'ordre et de l'assurance maladie.
J'en reviens à mon histoire de coach que je voudrais bien voir exister: les médecins se sentant dans leurs petits souliers devraient pouvoir se confier à quelqu'un qui ne soit pas psy mais pair, de façon à avouer tous leurs petits péchés et réfléchir à la meilleure façon d'améliorer leur pratique. Les médecins sont souvent trop seuls, avec comme seuls interlocuteurs parfois un visiteur médical qui va dire " mais non docteur, je n'ai pas la notion que le médiator soit une amphétamine. Par contre c'est un très bon adjuvant pour le diabète, prescrivez-le et vos patients vous diront merci!"

J'ai reçu un petit cadeau de labo pour la nouvelle année: un petit paquet de graines de phacélies bio à planter! Tout mignon, d'autant plus qu'il s'agit d'un labo qui commercialise des compléments alimentaires.

jeudi 13 janvier 2011

Sortir du tout-médocs

Le président de l'afssaps Jean Marimbert ( l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) démissionnerait suite au scandale du médiator.  
Je ne pense pas que cela soit le plus coupable dans l'affaire: juste que c'est le président d'une instance qui est en charge  d’évaluer les risques sanitaires présentés par les médicaments et plus généralement tous les produits de santé destinés à l'homme. Elle est ainsi en charge de délivrer les autorisations de mise sur le marché (AMM). Plus récemment, elle est aussi devenue l'autorité unique en matière de régulation des recherches biomédicales. (wikipédia)
Je ne pense pas que le président ait lu le magazine Prescrire: l'instance a été créée en 1999 et l'un des premiers articles mentionnant le rapport bénéfice-risque défavorable du médiatoir est sorti en 1998.
Quand je pense que j'avais stoppé mon abonnement à cette revue en 1997 en leur écrivant " vos articles sont très fouillés, mais je vous trouve trop polémique", tellement ce que je voyais en tant que remplaçante en cabinet médical se heurtait avec ce que je lisais!


Tout le monde peut balayer devant sa porte: les généralistes qui ont parfois prescrit ce traitement hors AMM ( autorisation de mise sur le marché), les visiteurs médicaux qui ne maitrisaient pas leur produit et qui racontaient des âneries et bien sûr le labo Servier.

Pour reparler des généralistes et nutritionistes, la tentation a été grande de prescrire ce coupe-faim qui paraissait moins néfaste que l'isoméride, qui comportait peu d'effets secondaires à priori: les valvulopathies ne se détectent pas tout de suite.

Autre chose: c'est difficile de résister lorsqu'un patient nous dit: " docteur, je veux un produit efficace pour maigrir, pour arrêter de fumer, pour le stress, pour dormir, pour me remonter le moral, pour m'aider à supporter le divorce, pour changer d'emploi, pour supporter la vie avec mon épouse ( j'ai une maitresse), pour ne pas pleurer quand mon chien mourra etc". Et à la fac de médecine l'on a appris: problème-médocs, problèmes-médoc, problème-médoc, et ainsi de suite pendant 40 ans on refait le schéma appris et seriné pendant des années. 

Certains veulent une réforme en profondeur, je pense qu'il faut creuser encore plus et sortir du tout-médoc.

mercredi 12 janvier 2011

Séroplex maintenant, Séroplex toujours?

Tout le monde se focalise sur le Médiator alors qu'il y en aurait tant à dire sur d'autres...

Une charmante patiente entre deux âges vient me voir " Docteur, je veux changer de médecin.
- Le votre ne vous convient pas?
- Si, mais pourquoi pas changer?
- Vous prenez des psychotropes?
- Je prend un demi Séroplex tous les deux jours. J'ai débuté par une grave dépression il y a des années, maintenant je vais bien, mais je n'arrive pas à l'arrêter, j'ai des contractures au visages et je me sens très mal à chaque fois que j'essaie. Mon docteur me dit que c'est dans la tête, et que de toute façon je peux continuer comme ça, étant donné que je ne prends qu'un petit dosage.
- C'est vrai. Maintenant je pense que ce n'est pas dans la tête, qu'il y a réellement un syndrome de sevrage. Nous allons tenter de l'arrêter avec mes petits compléments".

Et voila une patiente piégée! Peut-être qu'elle s'est sentie mieux sur le moment (tout le monde n'a heureusement pas d'effets secondaires éprouvant, genre suicide)  mais maintenant elle se débat avec son produit, que psychologiquement elle voudrait bien ne plus prendre, mais le corps redemande.

lundi 10 janvier 2011

Une vidéo à voir sur les narcotiques anonymes:

http://videos.tf1.fr/jt-we/les-narcotiques-anonymes-en-campagne-contre-les-drogues-6217554.html

Excisions!

Aujourd'hui j'ai reçu un mail savoureux:

Bonjour Cher(e) client(e) :



Cet email confirme que vous avez bien crée un nouveau mot de passe et sélectionne des questions secrètes pour votre compte


Si vous n 'avez pas effectue ces modifications


En effet le 1 janvier 2011 nous avons prélever une somme erronée de 167.30 EURO Cet confusion est essentiellement du la correspondance de vos noms et prénoms avec ceux d un autre client.


A fin de procéder a un remboursement on votre faveur nous vous prions de bien vouloir cliquer sur le lien ci-dessous et fournir toute information susceptible d accélérer ce reversement.


Remplissez le formulaire information de en cliquant sur ce lien si dessous:


https://verified.visa.com/aam/data/default/landing.aam?partner=default&resize=yes


Nous vous remercions de votre grande attention a cette question. S'il vous plait comprenez que c est une mesure de sécurité destinée a vous protéger ainsi que votre compte. Nous nous excisions pour tout inconvenient.

Les fautes c'est du banal, mais l'excision de la fin m'a évoqué des tas d'images peu agréables. Il fallait y penser!  Est-ce qu'ils attrapent encore des pigeons avec ces textes truffés de fautes et visiblement tapés sur un clavier étranger?

vendredi 7 janvier 2011

Haro sur la nourriture africaine

( Je précise que j'ai un tas de patients africains)

Un de mes patients vient pour me faire lire une prise de sang:
" Voyons voir, la glycémie est bonne... qu'est-ce qui se passe avec le cholestérol? Le mauvais, le LDL est à deux grammes par litre!
- Je suis sûr que c'est la nourriture africaine docteur, trop grasse. Tout baigne dans l'huile d'olive.
- Y a-t-il un peu de charcuterie?
- Un peu je l'avoue.
- Et des petits gâteaux?
- Bien oui, mais ce ne sont que des biscuits de qualité, plus cher que les autres.
- Et il y en a beaucoup comme ça?
- Je les prends pour accompagner mon thé le soir, c'est tout. Mais il y a facilement un litre et demi de thé sur plusieurs heures.
- Et tout autant de biscuits?
- Oui, mais encore une fois ce n'est que de la qualité.
- Bon monsieur, je pense que vous pouvez manger de la cuisine africaine tant que vous voulez. Par contre les biscuits industriels, de bonne marque ou non, sont saturés de mauvaises graisses, les acides gras Trans, que Schwarzenegger  a interdit en Californie. Si votre épouse vous faisait des gâteau maison, cela serait moins mauvais." ( la différence entre trans et cis est une différence au niveau spatial de la molécule, l'acide gras insaturé: la géométrie est différente)
Madame va-t-elle aller aux fourneaux pour autant? C'est pourtant bon un gâteau au chocolat maison avec deux fois moins de sucre et de la farine de pois chiches; d'ailleurs le mot le plus prononcé par mon Petit Ange est "chocolat!" ce qui fait suite à "lève" , puis  "debout, rase, douche!"

Enfin on s'intéresse au Champix!

Publié par Rédaction le 7/01/11 dans la catégorie Santé. Après le Mediator, le buflomédil, le nimésulide, un nouveau médicament pourrait lui aussi se retrouver très prochainement sur la sellette. Il s'agit du Champix, un médicament sensé aider les gros fumeurs à décrocher de la cigarette. Aux Etats-Unis, plus de 1.200 plaintes ont été déposées en raison des effets secondaires liés à la prise de ce médicament.

En pleine tourmente médicamenteuse en France, l'annonce du dépôt de plus de 1.200 plaintes à l'encontre du laboratoire Pfizer en raison des effets secondaires du Champix aux Etats-Unis, ne va certainement pas éteindre la polémique. Le Champix, médicament prescrit pour aider au sevrage tabagique commercialisé aux Etats-Unis sous le nom de Chantix, provoquerait en effet des états suicidaires chez ses utilisateurs , voire pour certains un passage à l'acte. La varénicline, molécule du Champix, a été autorisée aux Etats-Unis en 2006 et en France dès 2007.

Très vite la question des effets secondaires a été soulevée et l'ensemble des dossiers américains a été centralisé dans un tribunal fédéral de l'Alabama. Ce dernier a alors recensé plus de 1.200 plaintes à l'encontre de Pfizer pour négligence, des plaintes émanant de consommateurs ou de leur famille. Le principal avocat des plaignants, Ernest Cory, confiait même à l'AFP s'attendre au dépôt d'un millier de plaintes supplémentaires. "La plupart des cas présentés impliquent des problèmes neurologiques", explique-t-il citant entre autres des cas de "suicides, tentatives de suicide et trous de mémoire". Sur les 1.200 dossiers déposés jusqu'à présent, plus d'une centaine auraient été déposée suite à la réussite d'un suicide.

De son côté, le laboratoire Pfizer, contacté par l'AFP juge qu'il "n'existe pas de preuve scientifique que le Champix ait provoqué les accidents neurologiques rapportés par les plaignants (...) Le Chantix est un traitement efficace pour de nombreux fumeurs qui souhaitent arrêter et nous avons l'intention de défendre ce médicament utile" explique Victoria Davis, la porte-parole du laboratoire.

Si la procédure des plaignants à l'encontre du laboratoire aboutit, la Food and Drug Administration pourrait alors décider de retirer le médicament du marché. Une décision qui pourrait alors être suivie outre-Atlantique.

C'est la fête! J'espère que mon livre aura un tout petit peu contribué à cet état de fait. Il y a deux ans sur doctissimo un doctinaute de bronze avait écrit: " le docteur Vincent surfe sur une vague que je trouve dangereuse". Mon point de vue est que j'ai un jour consulté une patiente qui tremblait de tous ses membres avec des grosses envie de se suicider: elle était sous champix depuis une semaine! Ensuite je ne l'ai plus prescrit mais je me suis mis certains patients à dos qui se sont empressés d'aller chercher leur produit chez d'autres médecins.


jeudi 6 janvier 2011

Grossesse et Tamiflu

Une patiente:
" Docteur, j'ai la grippe et mon médecin habituel m'a donné du tamiflu et je pense que je suis enceinte".
Evidemment j'ai sauté en l'air: le tamiflu selon Prescrire a ces effets:

Oséltamivir (Tamiflu°) dans la grippe :
troubles visuels et cardiaques
Ces effets indésirables s'ajoutent aux troubles psychiques, cutanés et digestifs qui pèsent lourd face à des bénéfices très modestes dans la prévention ou le traitement de la grippe.

J'examine  la patiente et ne résiste pas à utiliser l'echodoppler foetal où l'on entend battre un petit coeur bien régulièrement , puis je l'examine: " madame, je pense que vous êtes enceinte de six mois, en plus le col est un peu ouvert à l'extérieur.
- Je ne comprends pas docteur, j'ai sué sang et eau pour avoir mes deux premiers enfants avec insémination"
Oui madame, aurais-je pu lui répondre,  la nature est parfois un peu déconcertante!
Evidemment le premier examen en urgence est une échographie.

Au fait, je ne suis pas sûre d'avoir prescrit un tamiflu de ma vie, ou peut-être sous la contrainte, jamais eu confiance en ce produit.  Mais l'année dernière, celui qui ne prescrivait pas cette molécule devenait un paria selon les recommandations venues d'en haut. Tant pis, j'assume... et je lis Prescrire.


mercredi 5 janvier 2011

Peur des maladies et soignant

Une de mes jeunes patientes, élève infirmière est partie dans le trip " il faut que je me vaccine contre tout, on ne peut pas imaginer ce qui traîne dans les hôpitaux, il faut que je recommence le ROR etc".
Quand on veut être soignant c'est mal engagé si l'on a peur de contracter des maladies. Je lui ai répondu:       "vous pouvez aussi attraper la peste, la lèpre et le choléra".

Quand j'étais externe dans un service de pneumologie je me suis trouvée pile en face d'un type qui toussait une vilaine toux quinteuse tout le temps que la cour ( c'est à dire le chef de service, l'assistant, les internes, les externes, la surveillante, une infirmière, l'assistante sociale) se penchait sur son cas à distance respectable.  A la fin le chef de service: " mademoiselle, vous n'avez pas peur d'attraper la tuberculose?" Merci monsieur, vous auriez pu me le dire avant.

Les seules moment où j'ai eu peur d'attraper une vilaine maladie était quand j'étais enceinte en face d'une suspicion de méningite, heureusement non confirmée. Et l'interne des urgences  à qui j'avais demandé conseil m'avait répondu " comment avez-vous pu consulter une suspicion de méningite dans votre état?" Tout simplement parce qu'en médecine générale on soigne le tout venant, même si cela ne nous plait pas forcément.
Toutes les fois où j'ai constaté des gales et où j'ai fait une petite  prière " Mon Dieu, faites que les sarcoptes passent leur chemin sans s'intéresser à moi !" En ce qui concerne les poux j'aurais pu faire des dizaines de prières les gamins de mon cabinet sont très partageurs, et je suis maintenant une pro des produits chimiques et des méthodes de grand-mère. 

mardi 4 janvier 2011

Scandales, scandales...

Quelques semaines après le scandale du Médiator, la revue médicale Prescrire revient à la charge en demandant le retrait de trois autres médicaments.

Publié le 04/01/2011,
L'influence de la revue médicale Prescrire, rédigée par des professionnels de santé, n'est plus à prouver après le récent scandale du Médiator. Dans son numéro de janvier, la revue alerte sur les effets indésirables de deux autres médicaments.

Le buflomédil ( fonzylane) est un médicament vasodilatateur utilisé pour soulager les personnes souffrant d'artérite. La revue accuse ce médicament "d'effets indésirables neurologiques et cardiaques, parfois mortels". Elle demande son retrait du marché, d'autant qu'il est "sans intérêt thérapeutique démontré".

Le deuxième médicament incriminé est le nimésulide, un anti-inflammatoire non stéroïdien (nexen AINS) utilisé contre l'inflammation et les douleurs. Des cas d'hépatites graves ont été constatés dès le début de sa commercialisation et son efficacité ne semble pas supérieure à d'autres AINS disponibles.

Enfin, c'est le vinflunine, un anticancéreux notamment utilisé dans le traitement de certains cancers de la vessie, qui, selon la revue, montre une "balance bénéfices-risques défavorable" et dont le retrait est aussi préconisé.

Que de salive usée, que de tapotements sur les claviers, que d'articles dans des journaux  pendant des années pour arriver à ce résultat! Et j'espère que ce n'est pas fini, que d'autres molécules vont être montrées du doigt et interdites. Je pense en particulier au lexomil et ses compagnons; à chaque fois qu'on les cite dans un article, un quart de l'article est consacré aux effets bénéfiques et trois quart aux effets secondaires et au sevrage. Des tas de personnes auxquelles je pense ne vont probablement pas être d'accord là-dessus, mais au moins sur ce point lapalissadesque " si on n'avait pas commencé à les prescrire vous ne les auriez pas continués".

lundi 3 janvier 2011

Vacances quotidiennes

Quatre médecins dans Hotblood, c'est un minimum, or nous ne sommes que deux, dont le stackanoviste docteur Cravate.
De plus j'ai appris qu'il y a des projets immobiliers aux quatre coins du village, ce qui veut dire: journées de plus en plus chargées. Ce que je vais bien m'occuper du remplaçant, le chouchouter pour qu'il reste et qu'éventuellement il accepte de s'installer lorsqu'il aura fini sa thèse!
La preuve que c'est hautement nécessaire est que je rêve de vacances chaque nuit, d'hôtels club, de plages, de coins inconnus et sympathiques avec ma petite famille et que le matin systématiquement je me réveille en pensant " eh non! pas de vacances ce jour, mais cette nuit peut-être..."

Je consultais un patient souffrant de gastro: " monsieur, je ne vous donnerai pas de primpéran car c'est un dérivé de neuroleptique". Et son épouse:
 " ça ne risque pas docteur, il est allergique.
- Comment?
- Eh bien lorsqu'il l'a pris il a eu des contractions épouvantables dans les joues et les mains, des blocages et des mouvements bizarres après en avoir pris.
- Ce n'est pas une allergie madame, c'est un effet possible des neuroleptiques".
Donc se méfier du primpéran en ces périodes de malmenage du tube digestif.

dimanche 2 janvier 2011

Demande de consultation inoportune

Un patient m'a appelé le 23 pour le soir du 24: " docteur, j'ai besoin de vous voir demain soir, en rentrant du travail". "Et l'arbre de Noël?" ai-je crié au téléphone. Finalement nous nous sommes mis d'accord pour 16 heures. je rappelle que je n'avais pu me déplacer qu'en tracteur ( ce n'était pas si farfelu que ça, la secrétaire de mairie aussi, ne voulant pas louper un jour de travail avait eu la même idée).
Et le 24 décembre ma consultation ne ressemblait plus à rien ( comme tous les jours de cette mémorable semaine d'ailleurs) : des désistements à la pelle, des consultations de dernière minute "vous comprenez, mon médecin est à trois kilomètres, vous êtes tout prêt"... et le patient n'est pas venu à 16 heures. il fallait s'y attendre.
Comme quoi il y a des consultations qui perdent leur caractère d'urgence selon les évènements.
Mais j'ai eu du bol: un de mes confrères sur Twitter a dû faire une ordonnance de vaccin  le soir de Noël à 18h30 et il parait qu'il s'est retenu de hurler.  Ne vous retenez pas cher confrère, ça soulage!

samedi 1 janvier 2011

Au fait, bonne année à tous!

"Se faire vacciner contre la grippe est primordial"

Alors que le seuil épidémique de grippe a été dépassé, les internautes s'interrogent: faut-il se faire vacciner? Réponses du Dr Jean-Marie Cohen*. (...)


Pélican: "J'ai entendu un professeur expliquer qu'il y avait trois sortes de grippe et qu'un seul vaccin ne permettait pas de lutter contre les trois. Qu'en est-il?"

En effet, il existe trois virus de la grippe: B, H2N3 et H1N1. Le vaccin contre cette maladie infectieuse est néanmoins "trivalent". C'est-à-dire qu'il lutte efficacement contre ces trois virus.

Par ailleurs, ce vaccin est dit "saisonnier". Il n'est donc pas nouveau mais évolue au rythme de la mutation des trois dfférents virus pour être le plus efficace possible.

Rémi86: "Le sérum utilisé dans le vaccin contre la grippe H1N1 de 2009 serait présent, cette année, dans la composition du vaccin saisonnier. Est-ce possible?"

Le surplus de stocks de vaccin contre la grippe H1N1 ne sont pas utilisés pour le vaccin saisonnier. Cette rumeur est fausse tout comme celle qui consiste à dire que le vaccin contre la grippe a été fabriqué à partir des restes de vaccin contre la pandémie de grippe A de 2009. Il est matériellement impossible d'extraire le sérum des séringues.

De plus, le virus H1N1 n'est pas nouveau. Et chaque année, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sélectionne la souche du virus qui a la plus forte probabilité de muter. C'est cette souche que l'on retrouve - pour un tiers - dans le vaccin saisonnier. Cette année, l'OMS a choisi la souche H1N1 car c'est celle qui a le plus de chance d'être épidémique.

Papymath: "Je me suis déjà fait vacciner par le passé et cela ne m'a pas empêché d'attraper la grippe. A quoi bon se faire vacciner?"

Il y a un problème de terminologie avec le mot grippe. Il est souvent employé à mauvais escient. La grippe désigne l'infection liée au virus éponyme mais elle est aussi souvent associée à d'autres infections respiratoires. Quand les gens disent avoir une grippe, ce n'est pas toujours le cas. On peut par exemple attraper la "crève" - avec des symptômes grippaux - tout en ayant été vacciné contre le virus de la grippe...

Papymath: "J'ai opté depuis quelques années pour la solution homéopathique. Que pensez-vous de ce type de traitement?"

Je ne suis ni pour ni contre. Mais la solution homéopathique ne protège pas contre la vraie grippe. Les adeptes de l'homéopathie disent qu'ils sont moins souvent malades mais cela n'a jamais été démontré scientifiquement. Toutefois une vaccination traditionnelle et un traitement homéopathique ne me semblent pas incompatibles.

Rosine: "On entend souvent que le vaccin contre l'hépatite B provoque chez certains la sclérose en plaques. Le vaccin contre la grippe présente-t-il des risques similaires?"

Le vaccin contre l'hépatite B n'a jamais provoqué de sclérose en plaques. Les rumeurs qui associent le vaccin contre la grippe au syndrome Guillain-Barré sont tout autant infondées. Aucune preuve scientifique n'étaye cette théorie.

Je ne suis pas pour une vaccination à outrance mais dans le cas de la grippe, cela me semble primordial de se faire vacciner. Notamment pour les personnes fragiles comme les femmes enceintes et les personnes obèses.

Pour que la grippe ne soit pas un problème, il faut se faire vacciner et utiliser des anti-viraux si l'on ressent des symptômes. L'hygiène, et notamment le lavage des mains, ne doit pas non plus être négligée.

*Le Dr Jean-Marie Cohen est le coordinateur national du réseau Grog (Groupe régionaux d'observation de la grippe).

C'est étrange, je deviens allergique aux mots " vaccination contre la grippe". L'année dernière,  toute cette gabegie m'a fait perdre un temps précieux à:
- jouer à cache-cache avec le facteur afin de ne pas recevoir le recommandé de réquisition pour vacciner;
- rassurer les patients et les convaincre que cette épidémie n'était pas si grave;
- lire et relater les absurdités ( qui ont été effectives)  genre: " il faut une logistique militaire afin de vacciner tout le monde".
Et cette année la grippe frappe de plein fouet, mes patients ont pour la plupart jeté leur bon de vaccination, chose  qui aurait été bien bénéfique à certains pourtant... Mais ils ne me demandent pas mon avis, alors si la dame de la Sécu m'accuse que mes patients ne se font pas vacciner, je n'y suis pour rien.
La morale de cette malheureuse affaire "trop d'information tue l'information".