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lundi 29 décembre 2014

Ma grève à moi

Moi j'ai bien envie de faire une grève à moi toute seule, pour le recours systématique aux médecines alternatives dans les maladies chroniques en accompagnement du traitement actuel spécifique.
J'ai perdu un patient en voulant lui arrêter son motilium qui prenait en prévision d'éventuels effets secondaires de son traitement antiparkinsonien. 
Et pourquoi ne pas lui apprendre le petit point à masser au niveau du pied, entre le gros orteil et le talon? Ca marche bien, c'est gratuit, ça ne prend pas de temps, hormis deux minutes de papouillage de pied. 
Tentez, vous verrez bien! Au lendemain de fête vous devriez être nombreux à avoir besoin de ce petit coup de pouce.  Et malheureusement pour gérer les effets secondaires des chimios.

En gros, prescrire du médoc alors qu'on peu se soigner à peu de frais autrement.
 Et le jour où je ferai grève, elle sera illimitée.

PS: Et pour les "plein le dos", vous avez une page hyperintéressante:
J'ai testé, ça soulage.

http://www.reflexologieplantaire84.com/auto-reacuteflexo-1-question-de-poids.html

Et ça, je vais le tester sur mon compagnon et moi-même.



jeudi 25 décembre 2014

Je suis pour le tiers payant

Et je suis pour le tiers payant généralisé  (mais pas forcément intégral). Désolée les confrères, ma démarche est ultra-égoïste: seule dans un cabinet médical,  une associée qui m'a larguée vite fait bien fait il y a quelques mois, dés que j'ai plus de 70 euros dans le porte-monnaie je "fais une petite prière au Bon Dieu" pour que personne ne vienne me piquer la recette. 
Je suis aussi contre les caméras, les portes de sécurités qui selon moi maintiennent une fausse impression de sécurité. 
Le projet de maison médicale du village d'à côté est tombé à l'eau car absolument utopique ( le loyer équivalait à trois fois le mien actuel). 
Et c'est simple de se faire rembourser directement par la Sécu, ça fait moins de chèques à déposer à la banque.
Il est certain que si je dois me faire rembourser directement la part mutuelle ça sera moins aisé car il y en a environ 400, donc 400 avec qui signer des contrats, infaisable, plus le temps passé à contrôler que les patients soient bien à jour de leurs droits, j'ai autre chose à faire.
Mais le tiers payant simple, ça fait un an que je m'y emploie et il y a très peu d'impayé. Par exemple les inconnus qui viennent avec la carte vitale et qui à la fin de la consultations s'écrient d'un air étonné " mon carnet de chèque, je pensais qu'il était dans mon sac" et que je ne revoie jamais, je me fais rembourser au moins la part Sécu, non négligeable.  
Et les patients SNCF qui ont signé avec moi ne paient plus rien. 

Alors pourquoi ne pas généraliser le tiers payant simple, tout le monde s'y retrouve?

jeudi 30 octobre 2014

une proposition hallucinante

 François Hollande réunit jeudi à l'Élysée un "conseil de simplification", premier bilan d'étape du grand chantier de la simplification administrative lancée en avril. Parmi les propositions sur la table, une simplification de la visite médicale obligatoire tous les deux ans pour chaque salarié. Aujourd'hui, cette consultation est effectuée par un médecin du travail. Mais pour désengorger les services de médecine du travail, en sous-effectif, la visite obligatoire pourrait être effectuée par le médecin traitant du salarié. (... à lire...)
http://www.europe1.fr/societe/et-si-votre-medecin-traitant-faisait-la-visite-medicale-obligatoire-2274851

On est en train de détricoter la trame de la société. Si ça leur fait plaisir...


Pourquoi je suis contre?
- Je ( médecin généraliste)  ne connais pas les spécificités de chaque travail, il faudrait une formation spécialisée, on a eu plusieurs cours sur la médecine du travail et un peu appréhendé ses complexités.
- Je ne connais pas les entreprises, les conditions qu'on propose à mes travailleurs,
- je ne connais pas la législation du travail,
- Je ne me vois pas faire des contre-indications au travail ou à certains postes à mes patients, on ne peut pas être juge et partie.  
- Je n'hésite pas à m'appuyer sur le médecin du travail pour retablir certaines injustices (comme la patiente travaillant en maison de retraite qui avait la gale: le médecin de celle-ci ne voulait pas la voir avant 15 jours, et ma patiente financièrement ne pouvait pas se permettre d'arrêter aussi longtemps: le médecin du travail a réduit l'arrêt à 5 jours). 

Alors que les généralistes résistent en masse car ce n'est pas notre boulot, chacun le sien!

vendredi 8 août 2014

ce que je pense de l'evidence based medecine

Une de mes patientes nonagénaires se plaignait il y a deux ans, durant les fortes chaleurs d'essouflement, de gonflements des jambes. En écoutant son coeur j'avais entendu un souffle un peu important. Elle était de plus démente. 
Quoi faire? 
Une prise de sang, un peu de lasilix ( diurétique) et c'était reparti. Et dans la foulée je n'avais pas oublié de prévenir la famille que leur mamy souffrait d'insuffisance cardiaque et que des examens complémentaires seraient bienvenus en théorie  mais pas absolument obligatoires vu l'état d'autonomie et de démence qu'elle présentait. . 
Alors la vieille dame a tenu avec le Lasilix, ne se plaignant plus de rien. 
Sa famille a souhaité qu'elle se rapproche: elle se trouve maintenant à 300 km de là. 
Ne la connaissant pas, le nouveau médecin a pratiqué sur elle toute la batterie d'examens: cardiologue, échographie cardiaque etc. et s'est attiré les foudres de la famille!  Mais maintenant la mamy prend son Lasilix et on sait pourquoi, on a appliqué la médecine par les preuves, Evidence based medecine, EBM. Youpi! 

Et je me sens toujours un peu fatiguée et un peu désavouée aussi. On peut pratiquer l'Evidence based medecine, mais pas à tort et à travers. Et le but en gérontologie est que la vieillesse se passe le plus sereinement possible à mon avis. 
On m'avait déjà sorti l'argument d'EBM lors de l'épisode de la grippe A, ça sera sans moi, ou quand cela pourra se faire à bon escient. 




mercredi 30 juillet 2014

Un peu gonflé et pas très bien élevé

Une de mes patientes tout d'un coup en vacances a souffert d'un hématome sous dural ( hématome entre les membranes du cerveau), comme ça, sans raison.
La famille est allée aux urgences d'un hôpital de banlieue: l'épouse a été transférée dans un lit en neurologie. quelques jours après je vois arriver le mari:
" Docteur, je suis ultra-inquiet, le neurologue ne fait rien hormis donner de la morphine à mon épouse qui souffre le martryre et n'est plus comme avant. Elle a maigri, ne sort plus de son lit etc."
Je connais la famille, elle n'appellerait pas au secours pour rien.
" Bon monsieur, je vous propose ceci, mais c'est gonflé et pas très bien élevé: vous signez le bon de sortie sans autorisation, une ambulance récupère votre épouse et vous filez tous à Saint-Anne".

Il l'ont fait; l'ambulance a joué le jeu, mais n'était pas rassurée tout le temps du transfert par l'état de la patiente. L'épouse a atterri aux soins intensifs et elle est maintenant correctement prise en charge.
Il parait que le neurologue du premier hôpital a démissionné dans la foulée. Sa première réaction  à l'annonce du départ de son patient a été un étonnement profond, et il a rédigé le bon de sortie ainsi: "sortie contre avis médical, retour à domicile", alors que les ambulanciers se trouvaient devant lui!

C'est qu'il faut se battre pour se soigner maintenant!

mardi 8 juillet 2014

une handicapée... d'un médicament

Une patiente inconnue est venue " docteur, je n'en peux plus, j'ai mal à tous les muscles. Je suis fâchée contre mon médecin traitant qui m'a toujours soignée avec du doliprane, et le rhumatologue pense à une sclérose en plaque".
J'ai tout décortiqué, de son antitussif prescrit, déconseillé pour son asthme, à son somnifère que j'ai tenté d'accuser de tous les maux dont elle souffrait, au stress qu'elle avait ...
pour enfin me rendre compte qu'elle prenait un traitement contre le cholestérol connu pour créer rarement  des graves  problèmes musculaires avec élévation des enzymes musculaires, nommées CPK. Ce traitement est une statine: vasten, ou zocor, ou tahor, peu importe.
La pauvre vit un calvaire, ayant même dû abandonner l'espoir de trouver un travail, tant elle est handicapée.

Quand demandera-t-on aux patients de lire systématiquement les notices? 

dimanche 22 juin 2014

La chasse au patient

Chaque médecin sur son ordinateur s'est vu installer espace Pro de la Sécu. Cet application nous permet de commander des imprimés, de faire les 100%, et de créer les arrêts de travail, et surtout d'enregistrer les nouveaux patients: cela remplace le formulaire de déclaration de choix du médecin traitant.

Mais comme vous le savez sûrement, tout l'intérêt de ce formulaire est que c'est un vrai contrat: le médecin signe, l'assuré de plus de 16 ans aussi, et tout le monde est d'accord et tout va bien.

Seulement en ligne il faut cocher la case " le patient est d'accord etc.", et on envoie, sans que forcément le patient ne le sache! Et un de mes confrères parfois, sous prétexte qu'il a vu mes patients deux fois, le coche un peu beaucoup gougeatement.
Je m'en fiche, sauf pour mes patients qui se retrouvent à ne pas être correctement remboursés quand ils me reconsultent.

Si dans nos campagnes, où il y a pénurie de médecin, on en est à pratiquer ces choses-là, qu'est-ce que ça doit être à Paris ou sur la Côte d'Azur, ça doit bastonner là-bas. Je rappelle qu'on gagne 5 euros par an par patient inscrit.
Encore un truc pas complètement pensé de nos pouvoirs publics. 

dimanche 15 juin 2014

Encore seule

Me revoilà encore toute seule, mon associée m'ayant abandonnée avec ses patients, d'abord pour cause personnelle quelques mois, puis définitivement avec ses dossiers sous le bras. On pourrait dire qu'ils courent dans tout le canton comme des poules égarées, mais plutôt comme des pèlerins aux abois, qui trouvent les portes de tous mes confrères fermées pour les nouveaux patients.
Et moi aussi: non seulement j'ai écrit que je ne prends plus de nouveaux patients, mais j'ai écrit "les journées n'ont que 24 heures".  Trop c'est trop.
Je me mets à rêver:
- si une infirmière travaillait avec moi et me décharge des vaccinations, des pesées, mesures, des conseils aux jeunes mamans, de l'éducations des hypertendus (non monsieur, l'efferalgan est bourré de sel, pas bon avec votre tension), des diabétiques ( le croissant du matin est superflu), des plaies etc.
- si j'étais équipée d'un secrétariat qui s'occupe des règlements, m'apporte le café, me rappelle les ordonnances en souffrance,  reçoive les patients, les écoute gentiment et soit ferme avec certains, s'occupe des fuites, pannes de courant, d'ordinateur etc.
- si je n'avais pas à faire les certificats de sports, les arrêts enfant malade, faire les bons de transport que les hôpitaux ont eu la flemme d'écrire, demander les 100% ( c'est idiot, la Sécu pourrait le faire).
Quel temps serait dégagé!

Mais tout simplement on est en train de nous dégoutter tous de notre travail, car le temps diagnostic et thérapeutique est bouffé par les autres contraintes à la noix.




jeudi 12 juin 2014

Je reçois toutes les CMU

Sur mon relevé de Sécu que nous recevons à rythme trimestriel, j'ai en permanence un taux de CMU ridiculement bas par rapport à mes confrères: 2 à 3%. Non, je ne refuse aucune CMU, personne ne peut s'en plaindre.
Voilà la technique pour ceux qui frisent les 50% et qui voudraient bien pratiquer une médecine différente:
Je reçois une CMU
" Bonjour monsieur.... bla...
- Vous acceptez la CMU docteur?
- Aucun problème".
Et je l'examine, je lui demande sa profession à la base, je lui donne les comprimés, les examens complémentaires. Le type est ravi. Tout va  bien, je suis un médecin A D O R A B L E.

deuxième épisode:
" Alors vous venez pour quoi? ... blabla... vous avez trouvé un stage? Vous êtes bon en quoi?"
Déjà le type est un peu moins enthousiaste.

Troisième épisode:
" Vous savez qu'ils recherchent du monde en carrosserie/chez Auchan/à la CAF/etc.?"

Complètement dégouté, le type décide de sa propre volonté de ne plus me consulter.
Ca serait quand même bien qu'on les prenne en mains pour qu'ils retrouvent le goût du travail, de l'estime d'eux-mêmes, et surtout qu'il y ait du travail disponible dans ce P. de pays!

mardi 27 mai 2014

Petite phrase pas inutile

Toujours cette histoire de cachet dont j'avais déjà parlé, apposé sur chaque ordonnance: " veuillez lire attentivement la notice avant de prendre ce médicaments". 
Il y a la phrase complètement sans intérêt qu'on nous oblige à mettre au bas de chaque ordonnance: " membre d'une association agréée, le règlement par chèque est accepté". On pourrait mettre à la place, la première. 

Evidemment certaines victimes de médicaments, dont le Médiator pourraient objecter que l'ajout de cette phrase  n'est pas suffisant pour faire bouger les choses, que la notice est incomplète, et que certains médecins conseilleront toujours "ne lisez pas, cela pourrait vous faire peur, et de toute façon les effets secondaires sont très rares". Cette mesure pourrait faire réfléchir ces derniers qui croient encore que le paternalisme est de mise parmi la profession médicale.  C'est fini les confrères! Maintenant c'est des relations plus d'égal à égal avec le patient, presque des relations d'affaires: " tu me soignes, tu m'expliques tout et en échange je te paie et tu as ma confiance". 
De toute façon les patients sont parfois plus informés qu'on ne le pense à l'instar de ce patient, porteur de l'hépatite C. " J'ai une grande nouvelle monsieur, vous n'êtes pas obligé de faire une biopsie du foie. 
- Je sais docteur
- OK, alors il existe un nouveau traitement sans piqûre qui peut vous guérir. 
- Je sais aussi". 
Je n'avais plus " qu'à me rhabiller". Ils savent tout! 

Alors, non seulement rajoutons cette toute petite phrase sur chaque ordonnance, mais rajoutons-là comme obligation dans  la loi Kouchner du 4/3/02 sur le droit des malades!

vendredi 9 mai 2014

Ne pas payer pour rien

Mon médecin peut-il me réclamer des honoraires pour un rendez-vous auquel je ne me suis pas rendu sans prévenir ?
L'article 53 du Code de déontologie des médecins prévoit que les honoraires ne peuvent être réclamés qu"'à l'occasion d'actes réellement effectués".

Votre médecin ne peut donc vous réclamer des honoraires pour une consultation à laquelle vous ne vous êtes pas rendu (même si cette pratique est courante chez les psychiatres qui estiment que la participation financière des patients à la psychothérapie est un élément de la thérapie). Il ne peut pas non plus vous réclamer un "supplément d'honoraires de carence" sur la consultation suivante. Dans le cas contraire, il commet un manquement à la déontologie susceptible de sanction disciplinaire et vous pourrez saisir le conseil départemental de l'ordre des médecins.

Cependant, il est souhaitable pour des raisons de courtoisie envers votre médecin et ses autres patients, de prévenir dès que possible de l'annulation d'un rendez-vous.

http://www.conso.net/bases/5_vos_droits/1_conseils/conseil_693_conseil_693_sante_02.htm


Et voila, c`est dit, et ne vous faites plus avoir!

mercredi 30 avril 2014

Une idée pour les victimes

Toujours en formation continue, je suis tombée sur un professeur expert à l'ONIAM. Qu'est-ce que c'est?
C'est l'office national d'indemnisation des accidents médicaux. C'est vers quoi les victimes se tournent quand en fait elles sont victimes d'un aléa thérapeutique,

L'aléa thérapeutique regroupe trois formes d’incident : l’accident médical (par exemple, au cours d’une opération, le patient déclare une allergie qu’il n’était pas possible de prévoir), l’affection iatrogène (à la suite d’une intervention chirurgicale, le patient conserve des séquelles neurologiques non expliquées) et l’infection nosocomiale (à la suite d’une opération, le patient est infecté par un virus ou une bactérie contractée dans l’enceinte de l'établissement).
http://www.association-aide-victimes.fr/


Les effets secondaires du médiator ont été classé donc dans l'aléa thérapeutique (?).  Et les  plus de 8000  malheureuses victimes ont pour la plupart été déboutées de leur plaintes (absence de critères de gravité,  pas de preuves tangibles car les ordonnannces ont été perdues etc.) Et celles qui ont été prises en considération ont gagné en moyenne 3500 euros en tout et pour tout pour toutes leurs souffrances et leur coeur défaillant.  Alors j'ai demandé à ce professeur " Comment faut-il faire pour  que les victimes soient enfin reconnues?". ll m'a répondu " il n'y a pas 36 mille solutions. La seule chose qui a marché est de faire du foin, des manifestations, des lobbies et un type genre Freddy Mercury comme figure de proue. Les séropositifs sont enfin reconnus. Alors que pour l'hépatite C il n'y a pas eu assez de foin et les victimes sont peu indemnisées. J'ai déjà tenté de "me faire" un labo et ils sont indéboulonnables sinon".  Il ne faut pas attaquer les labos tout seul de front, c'est de la folie furieuse. Une s'est fait correctement indemnisée de son Isoméride ( Anna Paulos), mais combien ont lâché l'affaire par dégoût, fatigue ou autre? 

Vous voyez où je veux en venir? Si ça vous intéresse de faire valoir vos droits, l'union faisant la force, j'ai bien une petite idée qui ne devrait pas déplaire à certains. 
Ecrivez-moi au davidvincent6@gmail.fr

mardi 22 avril 2014

Intolérance quand tu nous tiens

Nous avons eu une formation sur les syndromes post-commotionnels, en deux mots, c'est le genre de type qui se reçoit un coup sur la tête ( souvent les métiers du bâtiment), va aux urgences, on ne lui trouve rien et il rentre chez lui. C'est juste que sa personnalité change, qu'il devient irrascible, tout tourne autour de sa petite personne et parfois sa femme se barre. 
Alors il faut le savoir, et si l'entourage est au courant que cela peut arriver et que ce n'est pas forcément psychologique pur, il peut mieux le prendre en charge et supporter ses nouvelles manies... et on peut éviter un divorce. 

Et je dois en voir un en consultation dans peu de temps: il a eu un petit traumatisme à l'occasion d'un accident de voiture il y a quelques mois et le voilà qui divorce parce que son épouse ne le supporte plus. Il n'a jamais eu de bilan suite au traumatisme, pas d'évaluation neuro-psychologique (pour évaluer les déficits) ... il est dans la nature avec sa souffrance.  

Le professeur était charmant, très en verve, jusqu'au moment où, comme un cheveu sur la soupe, genre court-circuit dans son cerveau ( attention, il est temps de cracher sur un confrère, on va casser du Even)  il s'est mis à descendre le professeur Even qui a écrit "Le guide des 4000 médicaments utiles, inutiles, dangereux". " Et il n'aurait jamais dû écrire cela, une honte, surtout en ce qui concerne les antidépresseurs" qu'il disait. Un tantinet intolérant le papy-docteur. 

Je n'ai rien répondu, mais tout le monde devrait avoir le droit de s'exprimer dans notre beau pays des droits de l'homme. C'est vrai que le professeur Even a écrit " pour maigrir il suffit de manger moins", ce qui m'a fait un peu grincer des dents, mais il a le droit de l'écrire et j'ai le droit de ne pas être d'accord et de le mettre sur mon blog, tout simplement! 




mercredi 20 mars 2013

QUAND LA MÉDECINE ABUSE DE SON POUVOIR


EMISSION DU 26/03/2013

Radios, scanners, prises de sang, médicaments mais aussi interventions chirurgicales, près de 30% des prescriptions médicales n’auraient pas de justification. C’est ce que révèle un sondage effectué en 2012 auprès des médecins par la Fédération Hospitalière de France. Comment expliquer ces dérives dont la facture s’élèverait à plus de 20 milliards d’euros ?
Plusieurs facteurs entrent en cause. La raison financière est la première invoquée. Plus les cliniques ou les hôpitaux effectuent d’actes, plus ils sont rémunérés, d’où une tendance à l’inflation. Cette logique de rentabilité, un temps cantonnée au privé, gagne de plus en plus le secteur public et l’obligation de faire du chiffre entraîne bien souvent des dérives.
Les médecins, de leur côté, avancent un autre argument, celui de la peur de passer à côté d’une pathologie. Les patients se montrent de plus en plus procéduriers et, pour ne pas être accusés d’erreur médicale, de nombreux praticiens reconnaissent prescrire systématiquement plus d’examens que nécessaire.
Quant aux patients, ils ne sont pas non plus entièrement étrangers à ces excès. Ils sont en effet de plus en plus « demandeurs » de médicaments. La peur de la maladie a fait des Français de véritables dévoreurs de gélules. Avec 200 millions de boîtes de psychotropes vendues par an, la France est le premier consommateur au monde. Pourtant, près de la moitié des patients placés sous antidépresseurs ne souffrent pas de dépression.
Mais quels contrôles introduire ? La collégialité pourrait être un garde fou efficace. Mais les médecins sont-ils prêts à accepter que leurs collègues ouvrent leurs dossiers, se penchent sur leurs patients et pointent du doigt d’éventuelles fautes ? Enquête de santé ouvre le dossier.
Après la diffusion du documentaire, Marina Carrère d’Encausse, Michel Cymes et Benoît Thevenet reviennent en direct sur le sujet en compagnie d’experts et de témoins.
Les téléspectateurs sont invités à poser leurs questions par mail sur france5.fr, par SMS au 41555 mot-clé EDS ou via #santef5.

Il faudrait  faire un grand ménage, ça serait un chantier titanesque que de créer une médecine peu chère et respectueuse de l'être humain, car on est tous dans un engrenage.

dimanche 16 janvier 2011

Pétard mouillé?

On parle de réformer le système de santé, d'être beaucoup plus vigilant, surveiller les soixante dix médicaments environ sur la sellette. Cela va-t-il faire comme l'affaire du sang contaminé? On en parle, on en parle, on fait une petite réforme puis on continue à soigner les gens main dans la main avec les labos.
Depuis le sang contaminé on a retiré les produits à base de moelle de boeuf et autres trucs d'un autre temps, mais dans le même temps les médecins sont devenus des épiciers (on a changé la forme mais pas le fond) :  "et vous me mettrez une boite de doliprane, du rhinofluimucil et ma pilule s'il vous plait". Parfois je place mon stylo sur l'oreille droite pour faire plus réaliste, parfois je baisse les bras.

Un de mes patients traînait avec une méchante sciatique; je lui avait donné anti-inflammatoires, antalgiques, décontractant, n'avais pas oublié un passage chez l'ostéo, le rhumato, le kiné, le tout sans effet pendant six mois.
Un jour il revient, marchant normalement et rayonnant: " docteur, j'ai consulté un autre ostéo, je n'y croyais plus, il a de l'or dans les doigts".  Et je ne le vois plus, et son accident de travail est fini! Et moi j'ai une furieuse envie de devenir ostéo pour accomplir les mêmes miracles.

Il y a autre chose que les médicaments pour soigner, c'était la conclusion de ce post.

samedi 4 décembre 2010

Les projets de E Hubert

Chargée d'une mission sur l'attractivité de la médecine de proximité, aujourd'hui en pleine crise, Elisabeth Hubert a remis ses propositions, vendredi 26 novembre, à Nicolas Sarkozy. Elle appelle à une refonte de la rémunération des médecins.


Pour les inciter à choisir l'exercice libéral, qu'ils boudent désormais – seuls 8,9 % des nouveaux diplômés s'installent en cabinet, contre la moitié dans les années 1980 –, celle qui fut ministre de la santé dans le premier gouvernement Juppé propose de mieux prendre en compte la valeur ajoutée du médecin, en modulant les tarifs de consultation selon la difficulté du cas rencontré.

L'idée serait ainsi de mieux rémunérer une analyse d'un cas complexe avec recherche d'antécédents, qu'un simple acte technique, grâce à la création de quatre ou cinq tarifs différents. Le prix de la consultation pourrait ainsi s'échelonner de 11 à 60 ou 70 euros. Actuellement, elle est facturée 22 euros, et devrait passer à 23 euros au 1er janvier 2011, comme l'avait promis Nicolas Sarkozy aux médecins au printemps.

Si Mme Hubert reconnaît que des risques d'abus existent, elle estime néanmoins que les contrôles de l'assurance-maladie permettraient d'y faire face. L'ex-députée de Loire-Atlantique plaide également pour instaurer un forfait pour rémunérer la coopération entre médecins sur les cas compliqués. Mais elle juge que l'acte doit rester la base de la rémunération des médecins.

Pour faire face aux déserts médicaux qui s'accroissent, l'ancienne députée de Loire-Atlantique estime qu'il faut agir sur le long terme, et que la solution réside dans la fluidité du système : regroupement des médecins, partage des activités avec les infirmières, etc. (...)

Ca va être une sacré pagaille si c'est accepté! Si quelqu'un me demande mon avis, je propose d'être payé à la capitation, c'est à dire au nombre de patients que l'on a. Et je propose aussi que les enfants aient leur médecin traitant avec un accès direct au pédiatre. Par exemple je vois quatre fois en moyenne chaque patient par an, chaque patient me payant 22 fois 4, ce qui fait 88 euros par patient et par an. Et je propose aussi que les patients n'avancent plus d'argent.

Plus de paperasse, plus de comptable ( même si elle est très charmante), plus de soirée à calculer, le rêve! Et pour les médecins vraiments bons et performants, plus de temps libre pour partir à la pêche ou ecrire un autre livre!

Pour moi la Sécu a vécu, elle s'enfonce dans son trou, il faudrait faire quelque chose de réellement innovant.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/11/26/vers-une-remuneration-graduee-des-medecins_1445225_3224.html

vendredi 19 novembre 2010

Ras-le-bol

Hier j'appelle un chirurgien pour avoir des explications sur le diagnostic qu'il a fait à un patient:
" Bonjour monsieur, je suis le docteur Vincent. Pourriez-vous me dire ce que vous pensez du cas de monsieur Grosbras?
- Oui, comme je vous l'ai écrit, il souffre d'une mauvaise entorse à la cheville. Il lui faut des antalgiques et du repos".
Et tout à coup il est parti en vrille:
" Tout fout le camps, un jour il n'y aura plus de Sécu. D'ailleurs je suis harcelé: figurez-vous que je ne dois pas prescrire plus d'un certain nombre de compresses pour des plaies! Et que je ne dois plus écrire " passage d'une infirmière pour refection de pansement tous les jours jusqu'à guérison" mais " passage pour un nombre précis de jours"?  D'ailleurs je suis président d'un syndicat et je vous dis que la situation est grave.
- Je vous comprends très bien monsieur, j'ai moi-même écrit un livre pour manifester mon ras-le-bol de certaines choses".
Je ne perds pas le nord :)

Mais si tous les médecins qui veulent faire vraiment de la médecine pour aider les gens sont aussi saturés, la situation est grave.
Peut-être que notre système de santé n'est-il pas le meilleur du monde puisqu'il permet autant de dérives.

dimanche 7 novembre 2010

by-pass

Un de mes patients a eu un réflexe de survie bienvenu: il devait se faire opérer d'un by-pass ( opération extrèmement mutilante pour faire maigrir efficacement), il avait consulté toute l'armada des médecins et nutritionistes comme demandé. Il était entré la veille et le jour de l'intervention, une demi-heure avant qu'on l'emmène au bloc opératoire,  il s'est levé, habillé, a rassemblé ses affaires et s'est sauvé de l'hôpital!
Le temps a passé, ses rondeurs ont pris de plus amples proportions et le problême est toujours présent. Mais il a évité ça:


L'intervention du bypass gastrique consiste à réduire le volume de l'estomac et à modifier le circuit alimentaire.

Les aliments ne passent plus par l'estomac et la partie supérieure du tube digestif, ils vont directement dans la partie moyenne de l'intestin grêle.

Le bypass agit par plusieurs mécanismes qui s'associent :
Une restriction (comme la gastroplastie)
Une malabsorption (les aliments sont moins digérés)
Un ''dumping syndrom'' (l'ingestion d'aliments très sucrés en quantité importante entraine une sensation de malaise général et une accélération du pouls, ces aliments doivent donc être pris en petite quantité).

Une diminution du taux de ghrêline, qui est l'hormone de la faim, ce qui entraîne un désintérêt pour la nourriture (attention : ce mécanisme d'action n'est pas efficace sur les éventuelles compulsions).
http://www.obesite-solution-chirurgie.com/index.asp?ID=369&id_sous_menu=16

Si quelqu'un souhaite cette intervention il lui faut savoir aussi qu'il devra prendre des compléments alimentaires à vie.

dimanche 31 octobre 2010

télémédecine

27 octobre 2010

La CNIL a rendu le 3 juin son avis sur le projet de décret qui définit la télémédecine. Elle s’est notamment prononcée sur les modalités de réalisation des actes, les mesures de sécurité qui doivent être mises en œuvre et les modalités d’information et de recueil du consentement des personnes concernées. Le décret « télémédecine » a été publié le 21 octobre 2010.

La télémédecine, qu’est ce que c’est ?

La télémédecine peut être définie comme une pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication.

Il peut s’agir :

-d’une téléconsultation qui permet à un patient de requérir à distance l’avis d’un médecin,
-d’une télé-expertise qui permet à un professionnel médical de solliciter l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux (échanges entre médecins pour arrêter une thérapie),
-d’une télésurveillance médicale, c’est-à-dire, un acte de surveillance ou de suivi par un professionnel médical qui interprète les données de suivi (dialyse à domicile),
-d’une téléassistance médicale qui permet à un médecin d’assister à distance un autre un professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte de soins (ex. télé chirurgie),
-ou, de la réponse médicale donnée dans le cadre de la régulation médicale (permanence des soins et urgences) entre également dans le champ de la télémédecine.

Le dossier du patient, et la fiche d’observation détenus par le professionnel médical intervenant dans le cadre d’un acte de télémédecine, doivent mentionner : le compte-rendu de l’acte, les actes et prescriptions réalisés, l’identité des professionnels participant, la date et l’heure de l’acte et les éventuels incidents techniques.
http://www.medialibre.eu/4054/la-telemedecine-mieux-encadree

Tant que l'on prend la télémédecine pour une communication téléphonique améliorée, le concept ne me dérange pas. Si l'on y met une notion d'argent... depuis seize ans je dispense mes bons conseils au téléphone gratuitement " docteur, je suis en retard de deux jours qu'est-ce que je fais?" " docteur, je suis enceinte de deux mois et je saigne", " docteur je me suis méchament coupé sur la main, que me conseillez-vous?" etc. toute la journée. Je pense que je suis trop bonne poire: dorénavant les patients vous allez payer chaque conseil qui sortira de ma sage bouche.
D'autre part les conseils par téléphone ont leur limite: il faut être face à un patient, l'ausculter, le toucher, voir ses mimiques pour faire un diagnostic le plus sûr possible. La télémédecine, je le répète n'est qu'un téléphone amélioré: je suis d'ailleurs en réseau avec l'hospitalisation à domicile HAD concernant une patiente et ils m'envoient leurs conseils sur internet, il n'est évidemment pas question d'argent mais de coordonner les soins.
Quelqu'un pourra peut-être me donner la référence du film d'anticipation où le héro téléphone à une machine pour lui confier ses états d'âme et elle lui répond "qu'il est un bon garçon et qu'il ne pensait pas mal faire", et elle tient le même discours à chacun qui l'appelle.
Donc faire gaffe aux dérapages comme d'habitude.

dimanche 26 septembre 2010

Capi

J'ai déjà dit qu'il ne me semble rien avoir gagné avec le CAPI ( un contrat de bonne pratiques mis en place avec la Sécu)? Les médecins qui ont gagné quelque argent sont ceux qui se sont rapprochés des objectifs fixés. Moi j'étais trop proche et alors il m'est difficile de " laver plus blanc que blanc".
Et les objectifs que je n'ai pas atteint, je refuse de les atteindre pour le bien et le libre-arbitre de mes patients (par exemple donner des hypocholestérolémiants aux diabétiques, je ne vois pas la valeur ajoutée sur la mortalité). Donc j'ai signé car je suis absolument d'accord que l'on fasse des économies, mais voilà, c'est tout.
Pour mémoire la moyenne touchée par les généralistes est d'environ 3500 euros. Tant mieux si cela contribue à améliorer leur pratique.