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mardi 18 janvier 2011

Anorexique, j'ai passé neuf mois isolée en HP. Pire que la prison

Je m'appelle Marlène, j'ai 21 ans et je suis en licence de sociologie. Aujourd'hui, je pèse 59 kilos, mais je suis descendue jusqu'à 37 kilos. J'aimerais vous faire part de mon histoire, celle d'une fille devenue anorexique à 16 ans. Pourquoi, me rétorqueriez-vous, cela peut-il nous intéresser ? Parce que mon récit met -ou remet- à jour les défaillances du système psychiatrique juvénile français du XXIe siècle.

Je vous écris parce que je veux que l'on prenne conscience que l'anorexie est encore un sujet tabou malgré les phénomènes médiatiques mis en avant ces dernières années (tels que Solenn Poivre d'Arvor ou Isabelle Caro, morte il y a quelques semaines).

Je m'appelle Marlène, je suis iséroise, et en 2005, j'ai souffert d'un mal qui se nomme l'« anorexie mentale ». En sept mois, de septembre 2004 à mars 2005, j'ai perdu 13 kilos. Je suis passée de 52 à 39 kilos pour 1m70… pour vous dire que je n'étais pas épaisse !

De l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon où l'on ne savait pas trop quoi faire de moi, j'ai été transférée à l'hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu à Vénissieux, au service Ulysse, pour les jeunes.

Je me retrouve donc avec d'autres jeunes souffrant de différents maux psychologiques (schizophrénie, tentatives de suicide, troubles obsessionnels compulsifs, comportements violents, etc…), mais personne n'est atteint de la même maladie que moi.

A mon arrivée, la psychiatre chef de ce service m'explique comment fonctionne la structure, me montre la chambre où je vais être isolée pendant neuf mois sans voir mes parents, ni mes sœurs, ni mes amis. Tout cela à 16 ans. Je suis en effet mise en isolement avec juste un cahier pour écrire mes pensées, le droit à un livre par semaine, et rien d'autre. Pas de médias quel qu'il soit.

Je suis là pour penser à moi, me disent-ils. Penser à moi avec je ne sais combien de grammes d'antidépresseur qui me font davantage dormir que réfléchir. Voir la lumière quand on vous impose du flou, c'est assez compliqué.

Je grossis un peu, je peux sortir quelques heures
Au début, j'ai le droit à une heure de sortie de ma chambre par jour pour voir les autres patients de l'hôpital. Mais comme je ne grossis pas, plus de sortie. Mon espace de vie se résume à ma chambre, point.

Ce qui est assez surprenant (j'ai d'ailleurs failli en faire mon sujet de mémoire de fin de licence), c'est la solidarité des autres jeunes patients qui, en cachette du personnel, m'amènent des magazines, viennent me parler… Je fait ainsi passer deux ou trois lettres à mes amis comme cela.
Pire qu'en prison ; pas de courriers ; mes parents ont dû expliquer à mes amis où j'étais passée ! D'après ce qu'on m'a dit, l'isolement dure en général un ou deux mois, mais six mois d'isolement total à 16 ans, l'âge de toutes les expériences, c'est long.
Certes, j'ai les infirmiers, les éducateurs spécialisés et le psychologue comme compagnie. Certains infirmiers géniaux m'ont beaucoup aidée ; d'autres sont antipathiques et semblent se demander pourquoi ils sont infirmiers.

Comme expérience, je vis l'attachement au lit en étoile les fois où je tente de sortir de ma chambre sans autorisation.

Puis je grossis un peu. Je peux donc sortir de ma chambre trois à quatre heures par jour.
Et en décembre 2005, après neuf mois, je revois enfin mes parents et mes sœurs. Larmes, pleurs et pathos à gogo dans la piteuse salle de visite de l'hôpital.

Le plus marrant dans tout cela, c'est que je suis rentrée en isolement à 39 kilos et après avoir été nourrie par une sonde nasale, je suis sortie de l'isolement en pesant … 37 kilos !

Je vous avoue que je n'ai toujours pas compris pourquoi on m'a gardée à l'isolement, ni pourquoi on m'en a sortie.
45 kilos après un an et demi d'hôpital
Attendez que je raconte mes conditions de sortie. Pendant mes permissions, j'allais voir une psychologue gratuitement dans un centre psychologique pour enfants de ma ville. C'est à elle que je dois tout : je me suis sentie en confiance et j'ai retrouvé l'envie de manger et de vivre.

Quand la psychiatre de l'HP a appris que j'en voyais une autre, elle m'a prise dans son bureau avec l'infirmière que je détestais le plus et m'a accusée de trahison. Elle m'a demandé de choisir (ce n'est pas une blague). Entre l'incapable et ma rédemptrice, le choix a été rapidement fait.

Après un an et demi d'hospitalisation, je suis sortie pesant 47 kilos.
J'ai replongé un peu après l'été, puis on m'a mise au service pédiatrie d'une clinique, sans isolement. Mon père a signé une décharge par laquelle il reprenait sa responsabilité sur moi.

Puis je suis retournée au lycée et j'ai eu mon bac ES avec mention bien à 19 ans. J'ai intégré une classe préparatoire lettres et sciences sociales à Strasbourg et je suis désormais en licence de sociologie. J'attribue cette réussite et ma guérison à ma volonté, à la psychologue, au nutritionniste et au pédiatre de la clinique, mais surtout pas à l'année et demie d'hospitalisation.

Je ne dis pas que le traitement de l'anorexie est aisé mais à mon sens, il faudrait commencer par faire de la prévention dans les écoles. Le corps est devenu facteur d'identité dans nos sociétés occidentales. Cela n'est pas sans conséquence. La société se transforme, les institutions moins.
http://www.rue89.com/2011/01/11/anorexique-jai-passe-neuf-mois-isolee-en-hp-pire-que-la-prison-185032

Plus jamais ça!

samedi 23 octobre 2010

La thérapie génique au secours des dépressions graves

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé (...) Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé porte le Soleil noir de la Mélancolie", soupire Gérard de Nerval dans son poème El Desdichado ("le déshérité"). En écho, Baudelaire, dans son Spleen, décrit les affres de "l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis", où "l'Angoisse, atroce, despotique (...) plante son drapeau noir".

 Les poètes et les peintres, dont les états cafardeux ont maintes fois inspiré la veine créative, jugeraient sans doute que l'étude américano-suédoise publiée dans l'édition du 20 octobre de la revue Science Translational Medecine manque furieusement de romantisme. Ce travail laisse entrevoir - de façon encore très préliminaire - la possibilité d'une thérapie génique des dépressions sévères.

Cette stratégie curative, consistant à remplacer des gènes défectueux, ou à introduire des gènes correcteurs dans certaines cellules, est expérimentée depuis peu chez des malades parkinsoniens. Mais elle est inédite pour la dépression. L'enjeu est énorme, puisque cette pathologie est en passe de devenir la deuxième cause d'invalidité après les maladies cardio-vasculaires, selon l'Organisation mondiale de la santé. Et qu'elle résiste, chez près d'un patient sur trois, à l'arsenal des médicaments antidépresseurs.

L'expérience, conduite par Brian Alexander (Weill Cornell Medical College de New York), a pris comme cobayes six jeunes souris mâles. Elle a d'abord inactivé à l'aide d'un virus, dans une minuscule région de leur cerveau appelée noyau accumbens, le gène p11, qui gouverne la synthèse de la protéine du même nom. Celle-ci est connue pour réguler le signal transmis aux cellules cérébrales par la sérotonine, un neuromédiateur impliqué dans l'humeur, le sommeil et la mémoire.

Les chercheurs ont alors observé les mouvements des rongeurs, lorsqu'ils les suspendaient par la queue, ou qu'ils les plongeaient dans une bassine d'eau dont ils ne pouvaient s'échapper. Ils ont constaté que les animaux renonçaient plus vite à se débattre ou à nager, une résignation classiquement observée dans les modèles animaux de dépression. Signe corroboré par leur moindre appétence pour une boisson sucrée, rappelant l'anhédonie (insensibilité au plaisir) des personnes dépressives.

L'équipe a ensuite procédé à l'expérience inverse, en réintroduisant dans leur cerveau, par le truchement d'un autre virus, le bon gène, afin de restaurer l'expression de la protéine. Les animaux ont retrouvé une agitation normale, en même temps que leur goût pour le sucre.

Parallèlement, les chercheurs ont passé au scalpel les tissus cérébraux de 34 cadavres d'humains, dont la moitié avait souffert de dépression et les autres non. Et ils ont découvert, dans le noyau accumbens des premiers, un niveau plus faible de la protéine p11.

Ils en concluent que, chez l'homme comme chez la souris, le noyau accumbens et le gène p11 jouent un rôle-clé dans la dépression. Et qu'une thérapie génique pourrait être envisagée pour "des patients présentant une dépression majeure, et réfractaires aux autres traitements antidépresseurs".

"Il s'agit d'un travail sérieux et novateur, qui apporte des éléments importants sur la physiopathologie de la dépression", commente Stéphane Jamain, de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm, équipe de psychiatrie génétique, hôpital Henri-Mondor de Créteil). Mais, ajoute-t-il, "cela ne signifie pas qu'il va révolutionner la psychiatrie".

"Le recours à la thérapie génique pour traiter des troubles psychiatriques complexes reste un domaine inexploré", estiment eux aussi, dans une mise en perspective publiée dans la même revue, trois chercheurs de la firme pharmaceutique américaine Johnson & Johnson. A leurs yeux, "même si nous nous engageons sur une nouvelle voie prometteuse, un grand nombre de questions cliniques et réglementaires doivent être résolues avant que de telles thérapies puissent être mises en oeuvre ".

Entre la réaction d'un rongeur pendu par la queue et le comportement humain, il existe un fossé vertigineux. Même si les tests de la pendaison et de la nage forcée font partie de la batterie des protocoles standards utilisés avant l'éventuelle mise sur le marché d'un antidépresseur.

Dans le cas précis, l'extrapolation du modèle animal à l'homme semble d'autant plus hasardeuse que la thérapie génique a été effectuée sur des souris âgées de onze semaines seulement. Ce qui, transposé à l'homme, reviendrait à un traitement précoce, de post-adolescents, potentiellement avant l'apparition des premiers symptômes.

En outre, l'observation, post mortem, d'une carence de la protéine p11 dans le cerveau des sujets dépressifs pose l'éternelle question de la poule et de l'oeuf. Comme il en va pour d'autres troubles psychiatriques, comme la schizophrénie ou l'autisme, il est impossible de déterminer si les anomalies cérébrales repérées sont la cause ou, au contraire, la conséquence de ces affections.

L'étude se focalise de surcroît sur un gène particulier, alors que la dépression, pour autant qu'elle puisse s'expliquer par des causes génétiques, implique vraisemblablement de nombreux gènes.

Il reste à démontrer que celui dont les chercheurs ont mis en évidence l'action joue un rôle plus déterminant que les autres. Cela, pour l'ensemble des manifestations dépressives, et non pas seulement pour un type spécifique de dépression.

Enfin, et peut-être surtout, ce travail propose une approche strictement biologique d'un trouble du comportement, dont les praticiens considèrent qu'il est la résultante d'un faisceau complexe où se mêlent des facteurs personnels, sociaux et environnementaux, associant traumatismes, stress et conditions de vie.

En dépit de toutes ces réserves, les résultats rapportés ont le mérite d'établir l'importance d'une zone très localisée du cerveau dans les états dépressifs. De l'établir, ou de la confirmer, puisque des essais de stimulation profonde du noyau accumbens, par des électrodes, ont déjà été menés pour des cas de dépression sévère résistant aux médicaments.

En outre, note Stéphane Jamain, qu'ils débouchent ou non sur une future thérapie génique, ils offrent un espoir aux dépressifs. Ils suggèrent, en effet, que cette pathologie, même dans l'hypothèse où elle serait inscrite dans les gènes, "peut être corrigée a posteriori, en compensant un déficit de neurotransmetteur".

L'étude est cosignée par treize biologistes, dont le patron, Michael Kaplit, professeur associé au Weill Cornell Medical College, est aussi cofondateur et consultant de la société américaine de biotechnologies Neurologix Inc. Cette société, cotée en Bourse, a acquis la licence d'un brevet déposé par l'université Cornell, sur la thérapie génique avec le gène p11. Les intérêts financiers en jeu expliquent, peut-être, s'agissant des perspectives thérapeutiques, le raccourci un peu rapide fait entre des souris et des hommes.

Pierre Le Hir-- Le Monde le 23/10/2010

On parie que l'on arrivera dans une impasse?  Je ne veux pas être oiseau de mauvais augure mais faire du tout biologique ne me semble pas être très judicieux: combien de gens s'améliorent dans un nouvel environnement et/ou avec une écoute empathique et attentive?  Freud l'avait compris et, au lieu d'avancer dans ses recherches, on est passé à complètement autre chose qui n'est pas exempt d'effets secondaires.
Et d'abord maltraiter les rats de cette façon n'est pas très digne de l'être humain.

mercredi 26 mai 2010

Réforme de l'hospitalisation d'office

 La réforme de l'hospitalisation d'office suscite la controverse

Le Conseil des ministres a examiné hier le projet de loi de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, sur la psychiatrie. Il doit réformer les conditions de l'hospitalisation d'office et vise, selon Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, à assurer «une meilleure prise en charge des patients». Annoncée en 2008 par Nicolas Sarkozy, après le meurtre d'un étudiant par un malade mental qui avait fugué d'un hôpital psychiatrique, cette réforme est accueillie avec scepticisme par les praticiens. Alain Vaissermann, président du Comité d'action syndicale de la psychiatrie (Casp), regroupant 80% des praticiens (14 000 en France), regrette que «le souci sécuritaire ait gagné le souci sanitaire». Le remplacement de la notion d'hospitalisation par celle de soins sous contrainte est pour lui «une façon d'obliger les gens à se traiter même quand ils sont chez eux».

« Nouveauté désagréable »

Par ailleurs, la loi, qui, selon la ministre, «donne un cadre aux soins ambulatoires sans consentement» irait d'après Alain Vaissermann à l'encontre de la liberté du patient, et ne garantit pas l'efficacité de la prise en charge: «il n'y a pas de meilleur soin qu'un soin consenti».

Autre pierre d'achoppement, la mise en place d'un collège de soignants chargé de fournir un avis au préfet sur la levée d'une hospitalisation d'office. Une nouveauté «désagréable» d'après le praticien, qui remet en question la légitimité de la décision médicale: «Un médecin prend ses responsabilités.» Le psychiatre juge «outrancier de présenter tout malade comme un danger public. Pourquoi alors ne pas enfermer tous les titulaires du permis», sous prétexte que certains chauffards sont potentiellement dangereux ? Jouer de cette manière la carte “du tout sécuritaire” peut être contreproductif », poursuit-il. Avant d'avertir: «D'une part, nous risquons d'être plus frileux sur les sorties. D'autre part, plus on enferme les gens, plus ils veulent s'évader.»
20 minutes, 6/05/2010

Encore une loi très génante pour les droits de l'homme. La médecine ne peut pas soigner et réprimer en même temps. Les consultations médicales devraient être un espace confidentiel, librement consenti de la part du patient... et du médecin.
D'un autre côté qui dit qu'un patient traité est moins dangereux? Il est légumisé peut-être mais quand il oublie ses traitements?
J'ai certains patients dans ma clientèle qui pourraient éventuellement être dangereux. Mais en les comprenant, en les aidant à s'insérer dans la société, l'option agressivité ne s'exprime qu'en paroles. Comme m'a dit un patient " Attention, je pourrais être capable de beaucoup de choses. Vous ne pensez pas que je pourrais casser la gueule à mon patron et même plus?" Si, je le crois, j'ai même eu quelques échos de ses états de nerfs. Et alors, va-y-on lui flanquer une injonction de soin au derrière? Non,
" faut pas pousser" comme on le dit trivialement.

samedi 3 avril 2010

Trouble explosif intermittent

PsychoMédia - Publié le 06 juin 2006


Voici les critères utilisés pour porter le diagnostic de trouble explosif intermittent tels que définis dans le DSM IV (Manuel des diagnostics psychiatriques utilisé en Amérique du Nord):

A. Plusieurs épisodes d'incapacité à résister à des impulsions agressives, aboutissant à des voies de fait graves ou à la destruction de biens.

B. Le degré d'agressivité exprimé durant les épisodes est sans commune mesure avec un quelconque facteur de stress psychosocial déclenchant.

C. Les épisodes agressifs ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental (p. ex. une personnalité antisociale ou borderline, un trouble psychotique, un épisode maniaque, un trouble des conduites ou un déficit de l'attention/hyperactivité) et ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance ou une affection médicale générale (p. ex., un traumatisme crânien ou une maladie d'alzheimer).

Des signes d'impulsivité ou d'agressivité généralisées peuvent être présents entre les épisodes explosifs. Les personnes qui ont des traits narcissiques, obsessionnels, paranoïaques ou schizoïdes peuvent avoir une nette tendance à présenter des explosions de colère en situation de stress. Ces troubles peuvent avoir pour conséquence des licenciements , des renvois de l'école, des divorces, des difficultés dans les relations interpersonnelles, des accidents (en voiture par exemple), des hospitalisations (p. ex., à cause des blessures reçues dans des bagarres ou des accidents) ou des emprisonnements.


Le trouble explosif intermittent est classé parmi les troubles du contrôle des impulsions.


Référence: American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996, 1056p
...
Moi qui pensais qu'en apprenant le contrôle de soi, par exemple en apprenant un art martial, en avançant en âge on se calmait, je découvre avec stupeur que ce petit travers (dont souffrent quelques personnes de mes amis dont je tairai par courtoisie le nom: elles n'ont pas à être classées selon le DSM4) est recensé! Au fait quelle molécule préconise-t-on?

dimanche 14 mars 2010

carence dans les hôpitaux psy

Après avoir visité 21 services de santé accueillant des patients hospitalisés sous contrainte, le contrôleur général des lieux de privation de liberté dresse un constat de carence des activités thérapeutiques au sein de ces structures:
- le plus souvent passifs devant la télévision, les patients s'y plaignent d'ennui, sans faire un choix de programme.
- dans quelques unités on propose des jeux de cartes, de société ou du baby-foot;
- pas de droit à la cafétéria ni à la bibliothèque pour la plupart;
Il paraît qu'il n'y aurait pas assez de personnel spécialisé, les médecins n'inclueraient pas les activités dans le projets thérapeutiques.
- pas de possibilité de fumer car pas d'accès aux espaces extérieurs, ce qui est source de stress;
- recours aux entraves systématique selon des patients;
Et la suspension de peine pour raison médicale reste limitée avec des délais d'expertise souvent très longs (plus d'un mois) y compris pour des patients en fin de vie.
- des caméra sont des certaines chambres d'isolement. (tité du quotidien du médecin du 12/3/2010)

J'ai encore en tête la réfléxion de Jean-Marie Ployé (auteur de Neuf Mois chez les Fous) qui disait: "certains patients venant de la prison voisine n'avaient qu'une hâte, c'est d'y retourner tellement c'était l'enfer".
Je pense qu'un espace grillagé avec un ballon de foot ne pourrait que défouler ces patients... et une petite cour, pas grand chose pour pouvoir fumer et respirer l'air du dehors.

dimanche 13 décembre 2009

Michel Dubec condamné

J'avais déjà fait mention de cette histoire en d'autres lieux:


Michel Dubec ou l'apologie du viol


Je n'aime pas être insultant, mais quand un porc est un porc il faut l'appeler un porc. En pleine affaire Fourniret, on trouve dans l'ouvrage d'un psychiatre censé être expert auprès des tribunaux les "humanistes" propos suivants :

« Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas »

Le livre s'appelle le plaisir de tuer. Entre autres joyeusetés on trouve ce commentaire sur Guy Georges, le tueur de l'Est parisien :

« Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. Pour parler sans détour, dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire, pas seulement ses faveurs ; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. (…) Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas. (…) Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (…) Il ne s’inhibait pas au dernier moment, il était capable de leur faire l’amour quasi normalement. Il y avait éjaculation à l’intérieur du vagin. Guy Georges donne le sentiment que l’acte sexuel était consommé avec complétude. Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver (…) »

Voilà le sinistre individu qui est expert psychiatre sur les cas de viol auprès des tribunaux. A mon avis, sa fonction lui a un tantinet tapé sur le ciboulot, et il serait préférable qu'il aille prendre du repos...dans un asile psychiatrique !
http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/03/27/michel-dubec-ou-l-apologie-du-viol.html


Et voilà la conclusion... juste de cette histoire car ce triste sire traine des casseroles au derrière:

Michel Dubec, psychiatre pratiquant la psychanalyse et l’expertise judiciaire – de manière « trop souvent “sauvage” » ont estimé divers plaignants – s’est vu infliger une admonestation par la chambre disciplinaire de première instance du Conseil de l’ordre des médecins. Il est en effet frappé, avec sursis, de trois mois d’interdiction d’exercer. Ce n’est peut-être pas l’épilogue des démêlés de Michel Dubec…

Mais cette polémique vaut à Michel Dubec une remontée à la surface d’affaires qu’il a traitées – mal, voire épouvantablement traitées, assurent des plaignants ou d’autres dont les saisines ne seront pas retenues par diverses instances – en tant qu’expert. En sus, deux des personnes citées dans le livre, Maurice Joffo (frère de l’auteur Joseph Joffo), anciennement condamné pour recel, et Ilitch Ramirez Sanchez, dit « Carlos », qui avait refusé de s’entretenir avec Michel Dubec en détention, découvrent avec stupéfaction soit des sentiments et actes qu’on leur prête, soit des propos (produits, et non reproduits, entre guillemets de citations authentiques) qu’ils n’ont jamais tenus. Des informations, puis des plaintes, remontent au Conseil de l’Ordre des médecins. Dix, sur un nombre bien supérieur d’interventions, sont retenues et le conduisent à comparaître, fin septembre 2009.



Le Conseil départemental parisien de l’Ordre s’associe aux deux plus patentes à ses yeux. L’une a déjà valu à Michel Dubec et Chantal de Rudder une condamnation judiciaire définitive rétablissant l’honorabilité de Maurice Joffo. L’autre, émanant d’Illitch Ramirez Sanchez, conduit Michel Dubec de se voir qualifier d’affabulateur – entre autres qualificatifs – par la défense de « Carlos ». D’autres instances judiciaires sont aussi par ailleurs saisies pour des affaires dont Michel Dubec, en qualité d’expert, avait eu à traiter : certaines suivent le cours des méandres de l’action judiciaire, d’autres sont au point mort ou abandonnées, ses adversaires ayant renoncé, découragés. Il y a donc plusieurs strates dans ce qu’il convient d’appeler le cas de Michel Dubec.

De surcroît, un appel a été interjeté par Brigitte Brami, l’une des ses anciennes patientes, condamnée une première fois pour harcèlement à son encontre, de nouveau condamnée à de la détention pour des faits similaires à la demande de Michel Dubec. Ce dernier dénonce d’ailleurs une cabale de la part de cette femme, laquelle aurait cristallisé ainsi, selon lui, l’ensemble des accusations ou récriminations dont il est l’objet…

Or donc, la chambre disciplinaire du Conseil de l'Ordre, peut-être pour éviter d'être de nouveau saisie, a déclaré finalement irrecevables les plaintes des divers plaignants hormis celle du Conseil départemental parisien de l'Ordre. Il n'en reste pas moins que les plaignants dans leur ensemble ont été entendus...
http://www.come4news.com/michel-dubec-condamne-a-trois-mois-avec-sursis-d-interdiction-d-exercer-45478