mercredi 31 août 2011

Toujours avec des glaçons docteur!

J'interroge un patient sur ses habitudes toxiques; en effet l'alcool ne lui a pas porté vraiment chance ( cancer des voies aériennes supérieures:
" Buvez-vous de l'alcool?
- Un petit peu de wisky parfois.
- Tous les jours je présume. Et vous le prenez avec quoi? ( dans mon esprit naîf je pense qu'il va comprendre: avec des gâteaux apéro, des pistaches etc.)
- Toujours avec des glaçons docteur, cela relève le goût".
Encore un patient épicurien qui profite pleinement de la vie ( et un bon sportif) malgré tous ses bobos!

jeudi 25 août 2011

Trouvé sur Rue 89:

Il existe bien une poignée de gros prescripteurs qui ont fait du Mediator leur fond de commerce. Notamment des diététiciens et des endocrinologues. Eux sont poursuivis par la Sécurité sociale, qui cherche à récupérer les remboursements versés à tord. Il y en aurait pour 450 millions d'euros répartis entre 70 médecins. »
http://www.rue89.com/2011/08/25/mediator-servier-flouait-les-medecins-la-preuve-219254

Et j'en connais deux. Comme quoi tous les médecins ne sont pas à mettre dans le même panier, certains font de la médecine :)
 C'est une affaire délicate et comme je le notais dans un post précédent: chacun doit faire le ménage chez lui. J'en ai prescrit à trois patients pendant six ans, mais ils n'ont pas eu d'effets secondaires, tant mieux. 

Par contre des Parkinson sous Vastarel j'en ai deux. 
Et un problème hypophysaire sous dogmatil ( neuroleptique); manque de chance le pauvre patient avait aussi pris de l'équanil ( psychotrope dans la liste des médicaments à surveiller), et du vastarel, le tout après 20 ans de boisson! Il tient debout malgré tout, coule une retraite paisible entouré de ses copains... et va voir les spécialistes tant et plus.
et j'ai toujours mon hypersexuel sous antiparkinsonien, que quelqu'un me souhaite bon courage. Je vais peut-être rapporter mon rouleau à patisserie pour la prochaine consultation...

mercredi 24 août 2011

Comme j'en ai déjà fait état plusieurs fois un médecin en vacances est toujours un médecin:                                   
Premier bobo: une cicatrice qui rougit au soleil " que faire madame?"
Deuxième: un panaris chez mon Poilopat " reste en tongs mon chéri et mets du désinfectant"
Troisième: une piqure de guèpe " attendre que ça se passe".
Quatrième: une déchirure musculaire " ne forcez pas dessus". Suite à se conseil il est allé illico faire le mariole sur les planches car c'est un animateur!
J'en ai une autre en attente qui a démarré comme ça " excusez-moi je suis très très impolie, j'ai appris que vous étiez médecin". Devant mon air peu amène ( et mon blog alors?) elle a enchainé: " je ne veux pas vous déranger, je vous verrai plus tard"
Je fait 23 euro tarif français ou 80 euro, tarif crétois touristique?





vendredi 19 août 2011

C'est vrai qu'une bonne coupure fait du bien; le seul souci réel est l'éducation à la propreté du petit Ange et ce n'est pas gagné ( au fait, récupérer un clavier français n'est que du bonheur). 
En Crête la crise n'est pas trop visible grâce au tourisme. Un résident à l'année ma raconté que la Grêce va mal mais que les grecs sont riches: il y a une telle économie souterraine que ça les aide. 
Je n'ai pas été très gentille dans le dernier post  avec la médecine de papy; il va falloir s'y faire, ça va évoluer. En écrivant ces lignes je repense aux sudistes dans " Autant en emporte le vent" qui sont tellement sûrs que leur système est le meilleur qu'il ne peut pas y avoir de guerre, et si oui, qu'ils vont la gagner. Ca ne fait que 11 ans que je suis en libéral mais devant un tel afflux de patients je suis pessimiste. Encore une fois je ne pense  pas être le meilleur médecin de la région mais une fois que les patients ont frappé à toutes les portes des cabinets qui répondent " on ne prend plus de nouveau patient" on se tourne de mon côté et il m'est arrivé de répondre: " si je dis oui à tout le monde je file en dépression". Allez le sable est chaud, le soleil brille et le gamin a encore fait pipi par terre... à bientôt!

mardi 16 août 2011

De retour en Grece avec clavier toujours aussi peu pratique. Il faut bien faire marcher le tourisme car c est presque  la seule chose qui leur reste.

En y reflechissant je crois que le systeme des medecins independants chacun dans leur coin est appele a disparaitre; #la medecine de papy# a vecu, du moins en ce qui me concerne car je serais prete a integrer une maison de sante avec toutes les commodites. Vive de la compagnie et une secretaire. Comme je n arrete pas de le repeter: on est assez riches pour vivre bien et s offrir des bonnes vacances, mais pas pour une secretaire a temps plein.

mercredi 10 août 2011

mardi 9 août 2011

Et un AVC chez une patiente de 40 ans! Comme c'est assez inhabituel, les urgences l'ont hospitalisée. J'avais vu le bras engourdi mais pas l'élocution bizarre: c'était la première fois que la patiente me consultait en l'absence de son médecin traitant; et j'ai pensé naïvement que c'était une façon de parler à elle et n'ai pas voulu la vexer.
Comme quoi il ne faut pas changer trop souvent.

Et un ralentissement psychomoteur chez un papi; la fille m'avait prévenu que son père était différent, je l'avais constaté car il n'avait pas réagi à une de mes boutades alors que son épouse, si. Et quand je les ai vu tous les deux la dernière fois: " tout va bien? Pas de souci? Vous faites encore tout votre bénévolat  monsieur? Et vous madame vous le trouvez en forme? Pas de perte de mémoire?" A toutes ces question l'épouse m'avait répondu de façon satisfaisante.
Ce n'est qu'aujourd'hui, alors qu'il a fait un épisode confusionnel qu'elle m'a avoué " je n'osais pas vous le dire docteur, mais il ne cause presque plus".
Je me file une paire de claques mentales au passage et promet d'être plus incisive à l'avenir.

Help

Si un médecin qui lit mes bricoles pouvait me donner son avis sur docteur.vincent@hotmail.fr cela me serait d'un grand secours:
il s'agit d'un quadragénaire tout à fait cool à la base qui a commencé une grave dépression il y a deux mois. Plusieurs médecins et urgences l'ont examiné, et lui ont découvert un souffle au coeur, et rien d'autre.
Il a pris de l'équanil 400 ( tranquilisant) dans l'urgence qui lui a été bénéfique... durant 8 heures et c'est tout. Il prend du stilnox grâce auquel il dort quatre heures, et un bétabloquant et il se sent tendu et continue la tournée des hôpitaux et des médecins. Il se sent essouflé et ne peut plus courrir comme il le faisait pour évacuer.
Je lui ai découvert une roue dentée ( le bras qui s'ouvre en saccade), des yeux fixes, une marche raide  mécanique, pas de désorientation temporo-spatiale. Son sens de l'humour est en vacances aussi.  J'ai demandé une IRM cérébrale et cervicale.
Ce n'est pas mon patient mais il se trouve qu'il m'a pris en affection pendant les vacances de son médecin, que de toute façon il ne consultait jamais.

Merci d'avance pour toutes les pistes possibles.

lundi 8 août 2011

Une journée à réflechir plein pot, car aucune angine ou petit bobo à la noix; que du lourd avec accident vasculaire cérébral, dépression épouvantable avec raideurs généralisées sans raison chez un quinquagénaire ( il a eu droit à son scanner), constipation chez une démente ( occlusion or not?), mycose résistante à tout, effets secondaires  suite  à une chimio  lourde (" madame il faut serrer les dents, cela ne se soigne pas par une imposition des mains"), diabète débutant etc.
Je la veux ma petite entorse, mon acné juvénile légère , ma rhino du nourrisson.

Trop de travail!

Je n'ai pas été très prolixe ces temps-ci cause surcroît de travail et  déménagement; la campagne c'est super et reposant mais quand les enfants grandissent ça devient compliqué. Alors on réintègre une ville.

Trois médecins sont partis dans la ville voisine, remplacés par un "jeune" quinquagénaire qui a orienté son activité vers l'ostéopathie et l'homéopathie. Un autre médecin dans un autre village un peu plus loin est parti aussi en retraite et, si je peux me permettre l'image, tous les patients courent comme des poules égarées en tous sens afin d'en trouver un qui veuille bien signer le papier du médecin traitant. Jusqu'à maintenant je pensais que l'argument: " je ne vous prescrirai pas de prozac ni de lexomil" contribuait à limiter l'afflux de patients, mais non!  Alors un argument choc " je suis limite de faire une depression, je ne peux pas vous prendre".
Il est vrai que plus de 30 patients la plupart du temps en juillet c'est un peu beaucoup. Il parait que c'est la même chose dans tous les cabinet dont la secrétaire gère  la ligne.

Le docteur Dupagne a prédit la mort de la médecine générale; ça parait un peu fort comme ça mais il n'a pas tort.  http://www.atoute.org/n/article221.html
Mais une chose positive, quand la Sécu n'existera plus et que les patients devront nous payer, nous, moi du moins me sentirai plus libre. OK qu'on sera capable de m'offrir des oeufs et des pommes en lieu et place de paiement, mais on m'a bien offert un lot de strings un jour! La société évolue et moi je " wait and see".

mercredi 3 août 2011

Akhatisie sous antidépresseurs

Les vacances sont là et avec elles des patients qui tentent un renouvellement de leur traitement en l'absence de leur médecin traitant.
La première me demande un arrêt de travail et du séroplex ( antidépresseur) à cause de problèmes bien réels dans sa vie et son travail. Déjà dans la salle d'attente elle paraissait  un peu agressive en me demandant " c'est sur rendez-vous?" Il faut dire que je respecte quand je peux, mais les urgences existent. Et j'ai répondu: " oui, mais c'est comme ça".
Pendant la consultation je lui propose de lire les effets secondaires de séroplex, elle lit " attention en début de traitement aux risque de suicide", " risque d'akathisie". Et elle me dit soudain: " mais c'est comme ça que je suis! Je ne tiens pas en place depuis que je le prends!"  Puis je lui donne des bonnes idées pour contacter SOS victimes et un conseiller juridique ( l'histoire étant un peu personnelle je ne la retranscris pas). Et en fin de consultation je lui demande: " aucun médecin ne vous a proposé de lire la notice de votre traitement?"  Personne, la pauvre en était toute retournée de savoir qu'un médicament n'avait pas que des avantages.
L'avenir dira si j'ai eu raison ou non d'aborder ses problèmes dans un sens totalement inédit pour elle: arrêter de se victimiser mais reprendre les rènes de sa vie.

L'akathisie est un symptôme qui se définit par le besoin impérieux de bouger, surtout au niveau des membres inférieurs. Il survient surtout en position assise ou allongée. Il est désagréable et peut s'accompagner de troubles de l'humeur, d'anxiété.

Ce symptôme est classiquement un effet indésirable d'un traitement par neuroleptique ou antidépresseur, il est d'origine iatrogène. L'akathisie est également un des symptômes de sevrage chez certaines personnes subissant un sevrage aux benzodiazépines.
(wikipédia)

Une autre patiente me demande ses traitements pour la tension, et un somnifère.
" Non madame, je ne prescris pas ça. Ca rend dépendant et peut faire perdre la mémoire.
- Docteur, vous êtes comme mon médecin qui râle à chaque fois qu'elle me le renouvelle. Notez bien que je l'oublie parfois.
- Comme ça il sera plus facile à arrêter et votre médecin sera content".
Merci confrère, vous avez préparé le terrain, et avec une double pression extérieure  la patiente finira par se faire une raison.

lundi 1 août 2011

euthanasie déguisée?

Une de mes patientes est en phase terminale d'un cancer du cerveau. Mais elle cause encore correctement, elle marche, mais son état ne va évidemment pas en s'améliorant. Je l'ai fait hospitaliser pour syndrôme confusionnel qui s'est révélé être un diabète débutant, à plus de trois g/l.
A l'hôpital on lui a fait comprendre qu'on la traitait pour cet épisode mais le médecin a bien spécifié: " j'ai soigné ce que j'avais à soigner, maintenant c'est la partie des autres intervenants". Et elle est revenue sans lettre et sans traitement.
Comme toujours dans ces cas-là le médecin traitant devient incontournable, d'une compétence rare dira-t-on, en gros pour faire simple, tout retombe sur mes épaules.
Ce n'est pas grave, on a mis en place une structure légère adaptée avec entourage et infirmière, et surtout un lecteur de glycémie qu'on avait refusé de lui prescrire ( "dans son état elle mourra bien d'autre chose que de son diabète").

J'ai été rappelée trois jours après " docteur, le diabète grimpe.
- Et on a fait quelque chose à l'hôpital pour ça?
- Oui, elle recevait de l'insuline mais elle n'en avait pas à la sortie. On a trouvé ça bizarre". Elle a eu sa prescription d'insuline.

C'est de l'euthanasie déguisée ou pas? La patiente est très entourée et tout le monde se précipite pour prendre de ses nouvelles, elle tient une conversation et son mari la chouchoute.  Qu'elle meurt en paix, mais non en accéléré.