jeudi 31 janvier 2013

Hypocrisie?

Pour revenir à Diane, je suis une fervente lectrice du recueil Dorosz, le guide des médicaments. Et j'ai eu la curiosité d'ouvrir les pages concernant la contraception orale.
Et dans la rubrique " antiacnéique et contraceptif", il y a Diane; Alors qu'on ne soit pas hypocrite,  ce livre est vendu à 700 000 exemplaires, donc un décideur l'a forcément lu et n'a rien relevé.
je suis complètement dégoûtée de ce système.

Et j'ai encore retiré Diane à une patiente souffrant d'endométriose (L'endométriose est la présence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine, wikipédia) , à qui son spécialiste avait dit " il n'y a que Diane qui peut vous mettre au repos votre utérus".

Les patients perdent la foi dans les médicaments, le travail devient difficile.

mercredi 30 janvier 2013

Que faire quand un patient vous avoue avoir subi un attouchement lorsqu'il était mineur et que ça pourrit sa vie actuelle? Quand le type est connu et que la personne ne veut pas porter plainte? Rien, juste conseiller. Mais c'est dur, je sors toujours de ces consultations un peu bouleversée. 
Comme quand on m'a raconté un monsieur qui avait eu des relations sexuelles avec sa belle-fille encore toute jeune et que la mère le savait, mais préférait se mettre sous lexomil-prozac pour supporter, 
Comme quand en garde je suis tombée sur un jeune homme qui avait des relations intimes avec sa soeur; pour cette dernière fois, deux heures après j'en ai vomi tripes et boyaux. 
Parfois la médecine c'est dur, entre avoir de l'empathie et garder la juste distance. 
C'est pour ça que les cabinets de groupe c'est bien, on peut échanger et évacuer. 



mardi 29 janvier 2013

Marre des fesses d'une patiente

Une patiente d'un certain âge avait l'habitude pour un oui ou pour un non de me consulter depuis douze ans pour des motifs diverses et variés. Le médecin étant un bien de consommation courante pour elle, elle me dérangeait facilement, et ces derniers temps avait la fâcheuse habitude de me montrer ses parties intimes à chaque consultation. Elle m'avait déjà fait quelques infidélités avec le docteur Cravate ou ses remplaçants à qui elle demandait du stilnox que je lui refusais systématiquement ( de toute façon on ne peut pas faire de trop bonnes siestes l'après-midi et dormir tout aussi bien le soir).
Puis un jour sous un prétexte quelconque elle s'est entichée de mon associée à qui elle a raconté les petites choses qui ne lui avaient pas plus chez moi.

Hier elle revient chez mon associée qui n'a pas jugé utile cette fois-ci de voir de nouveau son étalage intime.  Elle a attendu folle furieuse alors que j'ouvre la porte du cabinet pour de donner de nouveau une feuille de médecin traitant. 

je n'ai pas envie de signer, ni de voir encore ses fesses pas toujours très propres. 

PS: pour celles qui souffrent d'effets secondaires dûs à Diane, contacter l'AAAVAM qui peut les aider. 

lundi 28 janvier 2013

contraceptif Diane?

Le directeur de l'Agence du médicament confirme qu'une décision sera prise dans la semaine concernant l'emploi de ce médicament contre l'acné détourné en pilule contraceptive.
Le directeur de l’Agence nationale du médicament (ANSM), Dominique Maraninchi, a déclaré ce lundi sur RTL qu’il fallait «arrêter» d’utiliser le Diane 35, traitement contre l’acné, comme contraceptif. Maraninchi  a confirmé par ailleurs que des «décisions seraient prises dans la semaine» concernant le Diane 35 en tant que traitement contre l’acné, compte tenu de son profil de risque (thromboses pouvant déboucher sur des embolies pulmonaires).

L’Agence nationale du médicament fait état sur ces vingt-cinq dernières années de quatre décès «imputables à une thrombose veineuse liée à Diane 35», un traitement contre l’acné mais à l’usage détourné comme contraceptif oral et utilisé par 315 000 femmes. «Il faut trancher pour arrêter cet usage ambigu», a déclaré Dominique Maraninchi. «Il faut arrêter de l’utiliser comme contraceptif. Cette situation a assez duré.»
«Ca fait vingt-cinq ans que ça dure en France alors que [le Diane 35] n’est pas autorisé comme contraceptif», a-t-il poursuivi. «C’est la responsabilité de l’agence que de faire respecter les indications des médicaments», a-t-il ajouté en rappelant que le laboratoire Bayer n’avait «pas demandé à enregistrer le Diane 35 comme contraceptif».
D’ailleurs, a souligné le patron de l’ANSM, «nos experts et les gynécologues considèrent que ce n’est pas un bon contraceptif». Dominique Maraninchi a rappelé que l’agence du médicament travaillait depuis un an sur ce dossier notamment pour évaluer le rapport bénéfice/risque du Diane 35.
«Nous avons interrogé les dermatologues pour leur demander "est-ce un bon traitement contre l’acné ?" et "est-ce que vous acceptez ce profil de risque dans le traitement contre l’acné ?"» «C’est indiscutablement actif» dans l’acné, «mais il y a d’autres options thérapeutiques», a encore souligné Dominique Maraninchi.
http://www.liberation.fr/societe/2013/01/28/le-diane-35-ne-doit-plus-etre-utilise-comme-contraceptif_877276

J'ai une question à la noix sûrement: quand une jeune fille souffre d'acné et a un petit copain, doit-elle arrêter Diane pour prendre autre chose? Que de stupidités en ce jour sur google actualité!
J'ai pris Diane l'équivalent de deux ans ce qui m'a aidé à résoudre mon acné, et dés qu'elle s'estompait je retournais à une pilule classique, Trinordiol. 
Le fait que les labos n'aient jamais demandé l'autorisation de mise sur le marché comme contraceptif pour Diane ne retire pas le fait que c'est une contraception, puisqu'elle empêche d'être enceinte. 
Pitiés, arrêtons! On peut faire le procès de cette pilule pour le surcroît d'accidents cardiovasculaires qu'elle provoque, tout le reste est sodomie de coleoptères en vol.

J''ajoute encore quelque chose: pourquoi les patients sont-ils prévenus avant les médecins, avant les gynéco qui se retrouvent comme des cruches à avoir parfois prescrit Diane il y a quatre jours et qui peuvent perdre la confiance de leurs patientes?  Nous sommes la dernière roue du carrosse, c'est la seule explication.

jeudi 24 janvier 2013

Je rêve

J'ai fait un beau rêve cette nuit, j'ai rêvé que je fréquentais Jean-Claude Van Damme!  Mais ce n'est pas ce que l'on pourrait être amené à croire: j'ai passé une partie du petit matin à le convaincre qu'il ne fallait plus boire et sniffer de la cocaïne et à tenter de trouver les mots justes qui l'atteignent au plus profond de lui!
Médecin même dans mon sommeil, je vais pouvoir à présent le tatouer sur le front. Déjà qu'en vacances il y a toujours des occasions de me solliciter, ç'est le pompon. 

Et cette nuit, c'est au tour de Depardieu?


mercredi 23 janvier 2013

Pilules de 3e et 4e générations : un numéro vert, pour rassurer


« Ma pilule est-elle de 3e génération ? » ; « qu’est-ce qu’une thrombose veineuse ? »… Les utilisatrices de pilules continuent de s’interroger sur lescontraceptifs oraux de 3e et 4e générations, et les risques qui pourraient leur être attribués. En décembre dernier une patiente, victime d’un AVC, avait porté plainte contre le laboratoire fabricant sa pilule. Imputant son accident à la prise de ce contraceptif de 3e génération, elle avait déclenché une vague de panique en France. Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, souhaite rassurer toutes les femmes, et a fait mettre en place un numéro d’appel gratuit, opérationnel à compter de ce mercredi 23 janvier. Une « initiative logique et une organisation pertinente » estime le porte-parole du Conseil national de l’Ordre des Médecins (CNOM).

« Du lundi au samedi, de 9h à 20h, une équipe de téléopérateurs, encadrée par un médecin et des sages-femmes, répondra aux questions que les femmes se posent sur leurs pilules de 3e et 4e générations », annonce le ministère dans un communiqué. Objectif, « fournir des informations fiables sur les pilules de 3e et 4e générations, rassurer et inciter à se tourner vers leur prescripteur pour envisager le moyen contraceptif le plus adapté à leur situation ».
Des questions récurrentes
« Ce numéro est de nature à soulager les médecins prescripteurs, très largement interrogés par leurs patientes depuis plusieurs semaines », indique André Deseur, porte-parole du CNOM. D’autant que « très souvent les questions posées appellent des réponses standardisées. Par exemple, ‘de quelle génération est ma pilule ?’ ou ‘dois-je consulter mon gynécologue en urgence ?’ », poursuit-il. « Les téléopérateurs formés pourront alors répondre, comme c’est le cas pour le service du 15 – ou 112 – en première instance ».
Bien sûr, les téléopérateurs ne sont pas des professionnels de santé. Certaines questions nécessitent le conseil d’un médecin. « Dès lors que l’interrogation dépasse le champ prévu, le téléopérateur fera appel au médecin encadrant », ajoute André Deseur. Quoi qu’il en soit, « la mise en place de ce numéro vert est une réponse logique dans la mesure où une alerte de santé publique a été lancée. »
Reste une inquiétude : 14 opérateurs, selon l’Agence nationale de Sécurité des Médicaments et des Produits de Santé (ANSM), encadrés par 1 médecin et des 3 sages-femmes, suffiront-ils à répondre à tous les appels de femmes inquiètes ? En tout cas, l’agence de presse Destination Santé a testé la ligne avec succès. Moins de 15 secondes d’attente ont été suivies d’une réponse claire et efficace à notre question fictive.
Pour poser vos questions sur les pilules de 3e et 4e générations, composez le numéro vert (appel gratuit depuis un poste fixe) : 0 800 636 636, du lundi au samedi, de 9h à 20h.
http://www.destinationsante.com/Pilules-de-3e-et-4e-generations-un-numero-vert-pour-rassurer.html

Voilà, on affole, on rassure, hallucinant! Pauvres patients!  Pourquoi, encore une fois n'a-t-on pas prévenu les médecins avant les patients?  Moi je pense que les patients seront intelligents et sauront m'en parler ou à leur gynéco sans dramatiser. 

lundi 21 janvier 2013

Nous avons de la chance toutes les deux: trois demandes de remplaçant chacune sur un site médical, deux réponses avec des types à priori hypermotivés.
La région a bien besoin de sang neuf et ce n'est pas mon associée avec sa vie de famille qui va pouvoir compenser les départs en retraite des un, et les arrêts maladies des autres.
On croise les doigts.

samedi 19 janvier 2013

Patitents peu compliants

Un patient est venu il y a quelques jours à ma consultation:
" Docteur, j'ai mal au dos".
tout simple, tout bête. J'ai fait un petit arrêt de travail, proposé une séance d'ostéo et enfin ai prescrit des antalgiques, anti-inflammatoires et décontracturants " qui ne font pas dormir", le traitement classique quoi. En ouvrant la première des deux portes pour sortir  je lui glisse: " si ça va mieux vous n'êtes pas obligé de prendre tous ces cachetons, vous triez". Et il me répond " je ne comptais pas me servir de l'ordonnance de toute façon".  

Un peu plus tard je raconte ça à une patiente,dans le  genre " mes patients ne sont pas très obéissants" et elle rajoute en souriant:  " si tu crois que j'utilisais à chaque fois tes ordonnances!" 

Voilà, c'est l'état d'esprit de beaucoup de mes patients: les médicaments en urgence quand on ne peut pas faire autrement. Et je n'en suis même pas vexée car je fais la même chose en tant que patiente. 

Heureusement que les patients d'un confrère aujourd'hui interdit d'exercice, triaient: vingt à trente médicaments sur chaque ordonnance! 

mercredi 16 janvier 2013

Madame Colibri

J'ai envoyé une patiente à l'hôpital; elle 84 ans et son vieux mari sont heureux dans leur maison qui sent un peu le renfermé, ils cultivent leurs légumes; d'année en année ils ont réduit leur champ d'activité: de la ville voisine en voiture, actuellement ils naviguent entre la cuisine, leur jardin et leur chambre. On se croirait dans la chanson de Jacques Brel " les vieux". Je fais de la médecine minimale en me contentant de soigner les petits bobos.
Elle a atterri en réanimation parce qu'elle était tombée dans les pommes.  

Hier un réanimateur m'appelle: 
" docteur Vincent?
- Oui.
- Nous nous occupons...
- Je sais, de madame Colibri.
- Bon, je vais vous dire, je suis ennuyé, je lui ai découvert une volumineuse tumeur de l'utérus et une tumeur de la tête du pancréas et la patiente veut retourner chez elle.
- Je savais monsieur pour le pancréas.
- Comment?, on ne raconte pas en dehors du service. 
- Bruits de couloir. Vous la ramenez chez elle, je peux la prendre en charge.
- elle refusera de se soigner. 
- Vous savez monsieur, j'ai accepté d'être leur médecin traitant il y a douze ans, je savais que je ne ferais pas de la grande médecine. Pour elle, aller dans la ville voisine, c'est comme vous, un voyage en Chine.
- ?
- Oui, on fait ce qu'on peut. C'est terriblement dur de leur faire faire des examens paracliniques parce qu'ils ne bougent pas.
- Alors on peut faire une hospitalisation à domicile?
- Ca me convient très bien".

Ce n'est pas facile de respecter les souhaits du patient, on ne va jamais la traiter de ses cancers et le réanimateur, je sentais qu'il perdait un peu pied car on ne l'a pas éduqué à ça.  Il a dû me prendre pour une martienne!

PS: ses cancers, c'est grave notamment celui de la tête du pancréas

mardi 15 janvier 2013

coût des urgences

J'ai eu  une très bonne idée, celle  d'accoler un généraliste indépendant aux urgences, dans une salle distincte. Il prendrait les "urgences"  rhino et otites, les douleurs lombaires etc.
Et j'en ai parlé avec une secrétaire des urgences: " vous savez docteur, à côté de  l'hôpital où je travaille il s'est installée une superbe maison médicale de garde, ouverte de 6h du matin à minuit et presque personne ne veut y aller: ils n'avancent pas les frais aux urgences et c'est plus pratique. Pourtant j'ai appris qu'ils pratiquent même le tiers payant là-bas! Nos médecins sont surmenés, on ne s'en sort plus"

alors il y a deux choses à faire: 
- poster une infirmière "agent de la circulation" dans l'entrée des urgences pour faire le tri entre l'urgence qui nécessite que la communauté paie plus de 200 euros ( c'est ce que ça coûte pour un passage aux urgences) et l'urgence généraliste.
- faire payer les urgences, la solution de mon compagnon. 

Myolastan bientôt interdit?


Très souvent prescrits pour soulager les contractures musculaires, le Myolastan® et ses génériques sont aujourd'hui sur la sellette comme le révèle un communiqué de l'ANSM publié le 11 janvier. En cause, des effets indésirables cutanées rares mais graves (urticaire avec parfois oedème palpébral ou de la face associé, oedème de Quincke) liées à l’utilisation du tétrazépam (molécule active du Myolastan®). Mais pas seulement, le tétrazépam peut aussi être responsable d'effets neurologiques, psychiatriques et de troubles généraux graves. Après avoir analysé ces effets et pris en compte le bénéfice attendu de la molécule, la commission nationale de pharmacovigilance a recommandé "la réévaluation du rapport bénéfice/risque du tétrazépam et la suspension de son autorisation de mise sur le marché (AMM)". L’ANSM a a alors lancé une procédure d’arbitrage auprès du PRAC (Comité pour l’Evaluation des Risques en matière de Pharmacovigilance) pour statuer. En attendant, l’ANSM rappelle que le traitement par décontracturant musculaire est un traitement symptomatique et qu’il existe des alternatives thérapeutiques non médicamenteuses. 

Le Myolastan® est un médicament de la classe des benzodiazépines. En septembre 2012, des chercheurs de l'Inserm révélaient que les personnes prenant ce type de médicaments auraient environ 50% plus de risque de développer une démence.

http://sante.planet.fr/a-la-une-dangereux-le-myolastan-et-ses-generiques-pourraient-etre-suspendus-du-marche.292236.2035.html?xtor=EPR-26-283816%5BMedisite-A-la-Une%5D-2013011

samedi 12 janvier 2013

Aspirine, oui mais...

Un patiente est venue ce matin avec des douleurs abdominales épouvantable. Elle a eu une gastro il y a une semaine qui a pris des proportions si intenses qu'elle s'est présentée à  l'hôpital. Là, on lui a fait un scanner abdominal à la recherche de quelque chose de chirurgical, et d'autres examens. Comme on n'a rien trouvé on lui a dit de continuer les examens avec son médecin traitant, puis de revenir pour une coloscopie et une gastroscopie.

Et j'ai commencé comme d'habitude mon interrogatoire dans tous les sens, prise de médicaments, problèmes vaginaux, régimes bizarres ( elle est assez potelée). 
Et j'ai découvert le pot aux roses:
" vous prenez parfois des antiinflammatoires? 
- Parfois de l'aspirine, mais très peu" Le mari grogne " si, t'en prends pas mal!
- Mais j'en prends pour des maux de tête! Il n'y a que ça qui marche.
- Et vous en avez eu il n'y a pas longtemps?
- Non... heu, ( j'ai compris, je me tourne vers le mari  qui n'a pas l'air ravi)... Si, j'en ai pris en début de semaine, et c'est tout.
- Si ma chérie, tu en a pris ce matin.
- Je suis désolée, madame, il me semble que vous ayez un effet secondaire de l'aspirine, un ulcère. Quand on a une gastro, la muqueuse est fragilisée et la prise d'aspirine a quelques chances de favoriser des ulcères ou des saignement".

Je pense qu'ils ont dû avoir une scène de ménage en sortant. Mais il cette patiente pouvait ne se contenter que de paracétamol, on aurait fait un grand pas.

Encore les benzo, ces criminels masqués


Un travail canadien vient de confirmer que la prise de benzodiazépines, des médicaments indiqués principalement dans la prise en charge des insomnies, peut être liée à une augmentation des risques de troubles de la mémoire chez les plus de 65 ans. D'autres médicaments par ailleurs, seraient susceptibles de provoquer des troubles de l'attention. Il s'agit des antihistaminiques –utilisés contre les allergies - et des antidépresseurs tricycliques.
Le Dr Cara Tannenbaum et son équipe de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, ont procédé à une méta-analyse portant notamment sur ces trois classes de médicaments. Concernant les benzodiazépines, les auteurs ont observé qu'elles induisent « systématiquement des effets sur la mémoire et la concentration, lesquels sont fonction de la dose administrée ». Les deux autres classes de madicaments – antihistaminiques et antidépresseurs tricycliques - provoqueraient pour leur part des troubles de l'attention.
Au mois de septembre, l'INSERM avait publié un travail qui allait dans le même sens. Selon les auteurs, les plus de 65 ans qui prennent des benzodiazépines pour leurs propriétés hypnotiques –comme somnifères, donc – ou anxiolytiques augmenteraient de 50% leur risque de développer une démence ! Rappelons qu'en France, une personne sur trois passé 65 ans, consomme des benzodiazépines pour traiter des symptômes anxieux et/ou des troubles du sommeil. Plus de 3 millions de Français en font une consommation quotidienne, ce qui nous place loin en tête, de la consommation européenne. Nous en consommons en effet de 5 à 10 fois plus que nos voisins européens. Dans la moitié des cas soulignés récemment la HAS, l'utilisation de ces traitements ne serait pas médicalement justifié. 

Retrouvez cet article sur destinationsante.com

La fabrique de malade, ces maladies qu'on nous invente -


« Tout bien portant est un malade qui s’ignore », disait le docteur Knock. Aujourd’hui, « tout bien portant est quelqu’un qui n’a pas eu de dépistage ». Des centaines de milliers de Français consultent à l’hôpital ou en cabinet pour pratiquer un bilan médical, radiologique ou biologique. Inquiets et prudents, ils pensent qu’il vaut mieux prévenir que guérir et comptent ainsi éviter une maladie silencieuse.

Dans ce livre, le docteur Boukris évoque la « médecine marketing » et montre comment on manipule médecins et malades en jouant sur les peurs, comment on médicalise nos vies pour pratiquer davantage d’examens biologiques, de radiographies et faire consommer toujours plus de médicaments.
Transformer des sujets bien portants en malades potentiels, tel est l’objectif de certains secteurs médicaux, privés ou publics, qui transmettent un message trompeur, lequel engendre de l’anxiété et génère un gâchis financier.
Surmédicalisation, sur-diagnostic, sur-traitement, ce document nous ouvre les yeux sur des pratiques du monde médico-industriel qui peuvent être nuisibles pour la santé et bouleverse de nombreuses idées reçues. 



Le docteur Sauveur Boukris, médecin enseignant à l’université Diderot (Paris VII), est l’auteur de nombreux livres médicaux. Chroniqueur médical, il participe à différentes émissions de radio et de télé


vendredi 11 janvier 2013

Projet presque mort dans l'oeuf

Nous avions le projet de créer une maison médicale dans le village d'à côté: quatre médecins, un dentiste, une kiné, quatre infirmière. Au départ c'était génial, j'allais moins travailler, prendre plus de bon temps en étant assurée que mes patients seraient quand même reçus par des confrères que j'apprécie. 
On aurait pris des bons cafés ensembles, tournées de croissants et de pains au chocolats, discuté de patients difficiles, bref un truc vivant et interactif.
Nous aurions bénéficié de formations en soirée et le loyer aurait défié toute concurrence, vue que l'ARS ( agence régionale  de santé) subventionnait une partie. 

Et puis on nous a demandé de venir à une réunion par mois, on n'a jamais vu le bout de la couette du quatrième médecin, les kinés du coin avaient peur de la concurrence. Déjà une réunion par mois cela ne colle pas, ni avec ma vie de famille, ni avec mes horaires avec 45 patients par jour. 
On nous a annoncé le loyer: presque trois fois plus cher que ce que je paie actuellement, on aurait l'obligation de  payer une réceptionniste ET une secrétaire, plus une femme de ménage. 
On  a voulu déclarer mon associé maître de stage alors qu'elle n'avait rien demandé. Et on veut que nos horaires soient parfaitement définies à l'avance! 
Contraintes de salariés avec honoraires libérales!

Qu'était mon but au départ? Donner un coup de main à la maison médicale, en étant l'amorce qui ferait venir de nouveaux médecins, et me rapprocher un tout petit peu de chez moi.  Avec mon associée nous avons des horaires plus flexibles que lorsque j'étais seule, c'est tout le but de faire une association de plusieurs. .

La dame de l'ARS va croire que je veux le beurre et l'argent du beurre et le sourire du crémier, non, faut pas croire cela. 

Qui veut venir faire des remplacements chez moi? Nous serons trois, honoraires garanties et bonne ambiance avec une jeune dame spécialiste en gynéco et en pédiatrie, et une un peu moins jeune qui se prend pour un agent de la circulation en blouse blanche?  Toute candidature acceptée

mardi 8 janvier 2013

Un décédé

Je téléphone à un cardiologue:
" Bonjour monsieur, je voulais vous parler de monsieur Oxis
- Je ne le connais pas personnellement. Vous avez un problème?
- Non, plus vraiment, il est décédé aux urgences. Je vous parle en tant que chef de service. Je soupçonnais qu'il avait quelque chose de pas joli le matin même, avec un coeur irrégulier, une grande asthénie, et une tension à 8. Je rappelle qu'il était grand insuffisant cardiaque et pulmonaire. Pour accélérer les choses j'ai téléphoné au cardiologue de garde qui m'a promis un lit en soins intensifs dés qu'il arrivait aux urgences, il fallait juste qu'on le prévienne. 
Alors j'ai demandé à la famille de l'accompagner aux urgences, en spécifiant bien que le cardiologue l'attendait. Les urgences n'ont rien voulu entendre " il faut respecter la procédure" et on l'a baladé au scanner.... au bout de deux heures et demi il est mort. Pourtant il était allé trois fois à l'accueil pour se plaindre que ça n'allait pas. 
- ... Vous avez commis une erreur, si vous aviez appelé le Samu, il serait allé directement en salle de déchocage.  Le patient a aussi commis une erreur, il était debout, et tant que les gens sont debout, on part du principe que ce n'est pas grave. Je sais, c'est lamentable, les urgences sont organisées bizarrement. Ca partait d'un bon sentiment que de vouloir faire faire des économies à la Sécu ( ne pas appeler le Samu), mais malheureusement cela ne marche pas comme ça".

Epouvantable. Le patient serait peut-être décédé, mais on aurait fait preuve d'humanité en appelant le cardiologue.



lundi 7 janvier 2013

Qui va soigner mon patient?

Ce matin à 7 h  une patiente en plein désarroi m'appelle: 
" Docteur, il est arrivé un malheur à mon mari, venez vite, je vous expliquerai.
- Dites-moi!
- Hier, il déjeunait tranquille, il a soudain penché la tête sur le côté gauche, puis il s'est levé et il est tombé. On a appelé le Samu, les pompiers sont venus et nous ont dit que ce n'était pas la peine de l'emmener aux urgences, qu'ils ne le garderaient pas. Il n'a pas dormi de la nuit et ne peut plus marcher. 
- Je vous rappelle dans une demi-heure"
J'ai appelé le Samu, qui m'a assuré qu'ils avaient proposé une hospitalisation au patient, qu'il avait refusé et signé une décharge , que tout était sur bande et qu'on pouvait le réécouter. Le médecin s'est mis en pétard envers moi:  " dois-je faire intervenir la gendarmerie pour qu'il aille à l'hôpital? Répondez-moi confrère!!" 

Les secours sont arrivés, ont enfin embarqué le patient et je suis allée chez la patiente vers 9 heures:
" Je vous assure docteur, je n'ai pas signé de décharge, je n'ai pas refusé de l'hospitaliser, mais que je ne voulais  pas qu'il fasse juste un aller-retour aux urgences".

Qui croire?

La patiente me rappelle dans la matinée: " faites quelque chose docteur, on ne veut lui faire ni d'éléctrocardiogramme, ni rien du tout! Quand le Samu est venu il lui a fait remarqué, que à 86 ans ce n'était pas anormal de ne plus marcher, qu'entre un bébé qui ne marche pas et un vieux monsieur, ça se rejoignait" 

Je réussis à joindre le médecin qui commence ainsi:  " Docteur, j'ai vu votre patient, il est tombé, s'est juste abimé la lèvre. Pas d'inquiétude, le bilan neurologique est tout à fait normal;
- Il ne vous a pas dit qu'il avait brusquement penché sur le côté?  C'est sûrement un accident ischémique transitoire! ( le précurseur d'un accident vasculaire cérébral)
- Non il n'a rien dit. Il ne prend de toute façon qu'un aspirine 100, pas de quoi fouetter un chat. 
- C'est ce qu'il vous a dit? Alors ce n'est pas lui! Il prend un lourd traitement pour l'asthme, un comprimé pour la tension."

Je ne suis pas  à l'aise, qui a raison, qui a tort, et surtout qui va soigner mon patient de façon à ce qu'il reprenne du poil de la bête et m'offre de nouveau des délicieux coteaux du Layon et autres gâteries?

dimanche 6 janvier 2013

Christophe - Le Beau Bizarre (1978)

Un rêve

Je pense que la situation d'hier m'a fait réfléchir inconsciemment car j'ai rêvé que j'étais au cabinet: on m'a appelée pour une première visite. J'ai critiqué abondamment la première patiente qui m’amenait son mouflet tous les trois jours car elle n'était pas capable de prendre une décision dans le domaine de la puériculture  sans en référer à son médecin, ensuite ma secrétaire m'appelle pour une autre visite ( un type essoufflé , je suis incapable de dire non, puis ensuite de la joindre pour lui dire que je n'ai pas le temps: je recommence les consultations à midi et demi).
Alors je m'envoie un pétard ou deux en compagnie de patients choisis, chose que je n'ai jamais pratiquée de ma vie.
Puis je vais voir le monsieur contrainte et forcée: sa voisine est venue me chercher en voiture: il a une petite grippe; ce type me plait il parait très extraverti en s'exprimant avec de grands gestes. Sur une ordonnance ou deux je vois un somnifère. 
Pendant qu'il est parti et que je range mes affaires, je mets une ampoule de vitamine D et une giclée d'Haldol  (neuroleptique) dans un verre pour qu'il le boive. Et je m'installe pour regarder la télé. 
Après l'avoir éteinte je vais laver et trier  ma salade dans la salle de bain.
Je ne suis pas du tout sûre d'avoir assuré ma consultation de l'après-midi, mais mon petit garçon est venu me réveiller par un bisou avant que j'ai eu la réponse.

La médecine va mal. En reponse au commentaire d'hier: comprenez bien la situation: le seul médecin de garde est dans la ville à 25 km, et plus personne ne se déplace, ce sont les patients.  Je conseille à tous mes patients d'aller trouver le médecin de garde dans un autre département.



samedi 5 janvier 2013

SAMU en désarroi

Ce soir je reçois un coup de fil: " Allo docteur, c'est le SAMU, je sais que vous n'êtes pas de garde, mais pourriez-vous constater un décès dans la ville?
- Non, madame, j'habite dans un autre département, désolée". Et en plus je m'occupe de mon petit garçon. Il m'est arrivée de l'emmener chez des patients en visite, mais  pas pour un certificat de décès. 
La standardiste a dû appeler tous les médecins de la ville en vain. Comment cette situation peut-elle arriver? Parce qu'il y a un médecin de garde pour la moitié du département, qui ne peut évidemment pas se déplacer. Les malades au lit ou qui n'ont pas leur permis de conduire et de famille dévouée doivent venir en ambulance. 
Alors mon compagnon a eu une idée de génie complètement saugrenue, "On n'a qu'à le transporter auprès du médecin".

Sinon il devra attendre au frais le retour de son médecin dans deux jours. 
Je vous conseille le film " joyeuses funérailles" où je n'avais pas pu garder mon sérieux ne serait-ce qu'une minute.

PS: la constatation d'un décès est gratuite, ce qui n'incite pas les médecins à la faire.

Economies possibles

Il y a quelque chose qui pourrait faire beaucoup d'économies pour la Sécu: une infirmière m'a raconté qu'à la clinique du coin ils avaient opéré une personne grabataire de 98 ans d'une fracture du col du fémur, même qu'elle en est décédée trois jours après. Il paraît que la famille aurait insisté...
La patiente veut maintenant faire une formation sur l'éthique en médecine. 

Financièrement parlant ceci est ruineux. Heureusement la Sécu est bonne mère et préfère taper sur tous les généralistes sans différencier, c'est plus commode. 

Pas très courtoise

Je vais retranscrire en intégral une  circulaire  de la Sécu que j'ai reçue:

Dans le cadre d'une étude sur les arrêts de travail, mes services ont constaté sur la période de juin à septembre 2012 un certain nombre d'anomalies relatives à vos prescriptions d'arrêts de travail et je souhaite à ce titre attirer votre attention sur deux points particuliers. 

Tout d'abord, nous sommes surpris de constater que des arrêts de travail  semblent être antidatés. Des employeurs ont renforcé ce constat au travers de signalements: des assurés absents au travail ne consultent leur médecin que 2 ou 3 jours après et présentent un arrêt démarrant dés le 1ier jour d'absence. Aussi je vous rappelle qu'il n'existe pas d'effet rétro actif pour un arrêt de travail et que le début de incapacité de travail doit être fixé à la date de constatation par le médecin traitant.  en outre, l'article R-4127-28 du code de la santé publique stipule que " la délivrance d'un certificat de complaisance est interdite". 

Par ailleurs, nous avons également observé des arrêts de travail pour lesquels aucune consultation ne correspond à la date de prescription de l'arrêt de travail. Ces arrêts peuvent correspondre à des consultations gratuites. En ce cas, je vous rappelle les termes de l'article 54 de la convention médicale du 26 juillet 20122 " lorsque des soins sont dispensés à titre gracieux, le médecin porte sur la feuille de soin la mention " acte gratuit", même lorsqu'il s'agit d'une feuille de soin électronique"

Par avance je vous remercie de prendre note de ces rappels et vous prie de croire....

Que nos rapport médecin-Sécu vont s'améliorer....

Hier j'ai reçu un coup de fil " Bonjour docteur, c'est monsieur Vilain de la CPAM, je voudrais vous rencontrer pour vous parler d'un nouvel outil, Sofia pour les diabétiques.
- Est-ce que votre visite est obligatoire? Est-ce que je vais devoir payer si je ne vous reçois pas?
- Non docteur pas du tout mais...
- Alors au-revoir monsieur".
 Et j'ai raccroché au nez. Pas du tout courtoise, mais la lettre ci-dessus l'est-elle? 

Les pouvoir publiques veulent-ils encore des médecins de terrain? Je peux leur souffler que ce n'est peut-être pas la meilleure façon de s'y prendre.

vendredi 4 janvier 2013

trop de patients

Le remplaçant de mon confrère stakhanoviste travaillant plus posément, tous les patients refoulés se sont engouffrés  à ma consultation! C'est vrai qu'ils sont tous sympa et ont besoin de moi, mais je ne peux pas les prendre tous; la quadrature du cercle: comment faire pour avoir dix bras et tous les contenter... et prendre le temps de manger, de faire pipi, de prendre son café?
A un certain point je comprends les médecins qui craquent et se retrouvent en arrêt.

mercredi 2 janvier 2013

Je suis fâchée


 - L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé  a lancé mercredi une concertation afin de limiter la prescription des pilules contraceptives de troisième et quatrième génération, qui présentent des risques sanitaires.
Cette concertation intervient après le dépôt mi-décembre d'une première plainte en France par une jeune femme imputant son handicap à la prise d'une pilule de troisième génération, que prennent près de 2,5 millions de femmes en France.
Elle devrait se traduire "très prochainement" par une réunion entre prescripteurs et représentants de l'Agence avec pour objectif de "renforcer le bon usage de ces pilules", aujourd'hui "trop prescrites", explique-t-on.
Alors que le risque artériel (accident vasculaire cérébral) est identique avec toutes les pilules, le risque veineux (embolie ou phlébite), bien que "rare", est deux fois plus élevé chez les femmes qui prennent ce type de pilule, selon une revue de littérature de l'Agence européenne du médicament.
L'ANSM recommandait ainsi en octobre dernier de ne prescrire les pilules de troisième et quatrième générations qu'en deuxième intention, notamment aux femmes tolérant mal les autres pilules.
Pourtant, près de 2,5 millions de femmes -soit 50% de celles sous pilule contraceptive- prennent une pilule de troisième génération.

Le ministère des Affaires sociales et de la Santé, qui avait décidé en septembre dernier son déremboursement définitif le 30 septembre 2013, a annoncé mercredi que cette échéance était avancée au 31 mars prochain.
Le directeur de l'ANSM suggère désormais que la prescription des pilules de troisième et quatrième générations soit restreinte aux seuls spécialistes. Gynécologues, médecins généralistes, sages-femmes et infirmières peuvent pour l'instant les prescrire ou renouveler leurs ordonnances. (...)
"La proposition qui est faite aujourd'hui, c'est de limiter le nombre de prescripteurs potentiels de ces pilules de troisième et quatrième générations qui, au fond, doivent toujours venir comme des supplétifs par rapport aux pilules de première et seconde générations", a-t-elle déclaré sur France 2.(...)
Outre la plainte de décembre, la première du genre en France, une trentaine d'autres plaintes mettant en cause les pilules de troisième et quatrième générations vont bientôt être déposées, a indiqué l'avocat des victimes.(...)
Mais il n'y aura pas de suspension des pilules de troisième et quatrième générations, assure-t-on à ANSM, où l'on souligne qu'elles présentent un bénéfice pour certaines femmes.
Chine Labbé, édité par Sophie Louet
http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/concertation-sur-les-pilules-de-3e-et-4e-generations-02-01-2013-1607967_240.php
Et voilà! Encore des vexations que l'on va faire aux médecins généralistes; je pense qu'ils ne sont pas plus incompétents que d'autres, qu'ils prescrivent la pilule tellement régulièrement, c'est tellement courant qu'il suffirait de leurs donner les bonnes informations au bon moment au lieu de passer par les médias et l'opinion publique: " voyez les généralistes, tellement nuls qu'ils faut qu'on leur retire des prérogatives". Passe encore pour les produits pour aérosol ( on n'a plus le droit de tous les prescrire depuis quelques années), maintenant on s'en prend à la pilule. 
Qui veut devenir généraliste?