mardi 22 avril 2014

Intolérance quand tu nous tiens

Nous avons eu une formation sur les syndromes post-commotionnels, en deux mots, c'est le genre de type qui se reçoit un coup sur la tête ( souvent les métiers du bâtiment), va aux urgences, on ne lui trouve rien et il rentre chez lui. C'est juste que sa personnalité change, qu'il devient irrascible, tout tourne autour de sa petite personne et parfois sa femme se barre. 
Alors il faut le savoir, et si l'entourage est au courant que cela peut arriver et que ce n'est pas forcément psychologique pur, il peut mieux le prendre en charge et supporter ses nouvelles manies... et on peut éviter un divorce. 

Et je dois en voir un en consultation dans peu de temps: il a eu un petit traumatisme à l'occasion d'un accident de voiture il y a quelques mois et le voilà qui divorce parce que son épouse ne le supporte plus. Il n'a jamais eu de bilan suite au traumatisme, pas d'évaluation neuro-psychologique (pour évaluer les déficits) ... il est dans la nature avec sa souffrance.  

Le professeur était charmant, très en verve, jusqu'au moment où, comme un cheveu sur la soupe, genre court-circuit dans son cerveau ( attention, il est temps de cracher sur un confrère, on va casser du Even)  il s'est mis à descendre le professeur Even qui a écrit "Le guide des 4000 médicaments utiles, inutiles, dangereux". " Et il n'aurait jamais dû écrire cela, une honte, surtout en ce qui concerne les antidépresseurs" qu'il disait. Un tantinet intolérant le papy-docteur. 

Je n'ai rien répondu, mais tout le monde devrait avoir le droit de s'exprimer dans notre beau pays des droits de l'homme. C'est vrai que le professeur Even a écrit " pour maigrir il suffit de manger moins", ce qui m'a fait un peu grincer des dents, mais il a le droit de l'écrire et j'ai le droit de ne pas être d'accord et de le mettre sur mon blog, tout simplement! 




samedi 19 avril 2014

Séroplex et autisme?

Les médicaments sont déconseillés pendant la grossesse mais il arrive, parfois, qu'ils soient nécessaires, notamment en cas de dépression. Or, une étude réalisée par l'université américaine de California-Davis montrent que les antidépresseurs dits « sélectifs de recapture de la sérotonine » (Prozac, Deroxat, Paxil, Zoloft, Seroplex, etc.) prescrits durant la grossesse pourraient augmenter le risque d'autisme chez les nourrissons.
L'enquête a porté sur environ 1 000 mères d'enfants âgés de 2 à 5 ans. Résultat : il y a trois fois plus de cas d'autisme chez ces derniers quand les mamans ont pris un antidépresseur quand elles étaient enceintes.
Le risque autistique est plus élevé quand le traitement a eu lieu durant les trois premiers mois de grossesse. Des retards de développement sont observés lorsque les bébés ont été exposés à ces molécules pendant le troisième trimestre.
En 2012, la revue indépendante Prescrire avait déjà pointé le problème à la lueur d'une étude américaine, notamment, sur 298 enfants atteints d'autisme pour lesquels une corrélation avec la prescription d'antidépresseurs chez les mamans dans l'année précédent la naissance avait été observée.
http://www.viva.presse.fr/antidepresseurs-et-grossesse-un-risque-autisme-pour-les-bebes-169395

Et pendant ce temps il y a un  type, le dr Aquilino Morelle qui a chanté les louanges du Séroplex afin de lui faire  conserver son prix de vente, environ 28 euros par mois.   Il y a un double discours, un certain illogisme. Et j'en ai  marre de prescrire en ne sachant pas exactement ce qui est réellement bon pour le patient, en redoutant un prochain scandale: " vous prescrivez du motilium, oubliez, cela procure des problèmes cardiaques et des morts subites du nourrisson".  Et les nourrissons ça ne suce pas du gingembre. 
Je suis fatiguée.

jeudi 17 avril 2014

Un gamin qui a fait la quille

Un de mes jeunes patients sortait du car lorsqu'une voiture l'a fauché. Elle avait doublé le car scolaire sur une route sans visibilité à 50 km/h.   Du moment que le type n'avait pas bu, tout cela est du ressort de la loi Badinter qui dit que, étant donné que la route est dangereuse, toutes les victimes sont indemnisées et les assurances paient, sauf faute inexcusable de la victime  ( et un gamin de 11 ans ne commet jamais une faute inexcusable, il faut le savoir, il peut être bourré comme un coing et marcher au milieu sur l'autoroute, ça ne change rien) , ou du conducteur ( alcool, drogue etc.). 

Mais c'est qu'il était mauvais le type:  "votre fils a traversé sans regarder, j'ai un certificat de la voiture qui me précédait etc." bref, tout un speech pour expliquer que, lui ayant pratiquement roulé dessus, ce n'est pas du tout de sa faute. 
Au fait, pourquoi se justifier? Il n'a rien compris, il aurait pu se confondre en excuses, et encore une fois faire jouer les assurances. Mais c'est une forte tête et le père de la victime ne va pas le lâcher, et va expliquer à l'assurance que le type ne roulait pas sur sa file et que le papier délivré pas l'automobiliste précédent ne vaut rien. 
Alors la prochaine fois que vous avez un accrochage, la courtoisie, les excuses ne coûtent rien et tout se passe mieux. 

Simulateur

J'ai revu mon quadragénaire qui profite d'un lit médicalisé pour se coucher tout simplement, sous le prétexte d'une fracture il y a cinq ans. Il y a quelques mois je lui ai dit " non, trouvez-vous un autre lit". 
Et qu'a-t-il fait à votre avis?
Une semaine après il vient, avec une Douleur Epouvantable dans le bas de la colonne vertébrale et en boitant comme un fou. " Oh docteur, j'ai mal, j'ai mal". 
Je l'examine, pas de raideur, pas de "noeud" dans le dos, pas de chaleur etc. Et il me demande: " Et pour mon lit? Vous voyez que j'en ai besoin". 
Je lui ai renouvelé deux mois en étant ferme, C'est La Dernière Fois!
Et je ne l'ai pas revu. Ca ne me dérange pas d'être prise pour une cruche, c'est son problème. Mais je suis rarement tombée sur un simulateur et ouste, du balai, mes patients doivent être un tout petit peu honnêtes,  assez pour qu'on puisse faire de la médecine. 

dimanche 13 avril 2014

Prison non thérapeutique

Un de mes patients s'est retrouvé en prison pour conduite sans permis. C'était une récidive. Il n'a même pas pu voir naître sa fille ( un an de prison).
OK, il a fauté. Mais ce n'est pas un criminel, il n'a pas volé le porte-feuille d'une mamie, il n'est pas toxicomane. La prison l'a-t-elle aidé à régler son problème ( de conduire sans permis?) Est-ce thérapeutique? Le taux de récidive suite à la prison est absolument phénoménal et en plus on y apprend des tas de chose fort utiles et absolument illégales. 
En discutant avec lui une idée m'est venu: faire toutes les semaines dans les écoles durant un an de la prévention routière! C'est vicieux et ça amène à quelque chose. Et il aurait pu passer son permis. 

Il va le passer ce foutu permis. Mais je pense à tous mes autres patients qui circulent sans permis, qui évitent de se déplace quand il fait beau, les axes préférés par la gendarmerie, et certains horaires; c'est tout le jeu du chat et de la souris. Et en plus ils n'ont pas d'accident, prudent comme ils le sont. 

vendredi 11 avril 2014

les générations passent...

Une jeune patiente:
" Docteur, votre remplaçante est vraiment très jolie, on ne peut le nier. J'ai demander à mon mari de ne pas la consulter trop souvent. Par contre vous, aucun problème, j'ai confiance, il peut venir quand il veut".

Et oui, j'ai 48 ans, et les sympathiques patientes me le font remarquer, très gentiment d'ailleurs!