jeudi 10 juillet 2014

Lapsus

Un patient encore vert et très polisson  me raconte: " Docteur, je n'ai eu que deux rapports avec votre consœur...".
Non monsieur, on dit " j'ai consulté votre consoeur"!

mardi 8 juillet 2014

une handicapée... d'un médicament

Une patiente inconnue est venue " docteur, je n'en peux plus, j'ai mal à tous les muscles. Je suis fâchée contre mon médecin traitant qui m'a toujours soignée avec du doliprane, et le rhumatologue pense à une sclérose en plaque".
J'ai tout décortiqué, de son antitussif prescrit, déconseillé pour son asthme, à son somnifère que j'ai tenté d'accuser de tous les maux dont elle souffrait, au stress qu'elle avait ...
pour enfin me rendre compte qu'elle prenait un traitement contre le cholestérol connu pour créer rarement  des graves  problèmes musculaires avec élévation des enzymes musculaires, nommées CPK. Ce traitement est une statine: vasten, ou zocor, ou tahor, peu importe.
La pauvre vit un calvaire, ayant même dû abandonner l'espoir de trouver un travail, tant elle est handicapée.

Quand demandera-t-on aux patients de lire systématiquement les notices? 
Une charmante nouvelle patiente, elle m'avait consultée il y a quelques années en urgence et elle est revenue, car son médecin arrive à retraite:
" Je me souviens de vous, j'ai eu envie de revenir. Et je pense qu'il est temps d'officialiser notre relation". Ça a du panache non?

Les revenants

Une revenante: " vous savez, c'est par hasard que j'ai changé de médecin. Mais je reviens vers vous..."
Une autre: " vous vous rappelez, j'étais venue chez vous il y a quelques années..." alors que je me souvenais fort bien de cette patiente qui avait eu une histoire pas banale et qui m'avait quittée pour ma consœur.

J'aurai préféré un patient honnête comme ceci:
" Docteur, j'ai misé sur le mauvais cheval, j'ai perdu, je reviens vers vous", ou  avec un sourire espiègle:
" faute de grives on mange des merles", ou encore méfiante,
" l'autre docteur était trop jeune femme, je me méfiais pour mon mari, on reste chez vous"

bref un truc comme "moi monsieur, si j'avais un tel nez il faudrait sur le champ que je me l'amputasse". Allez patients, faites un effort " Cyranesque" , je publie! 

dimanche 6 juillet 2014

Remontage de bretelles injustifié

J'ai zappé la visite du médecin de la Sécu: 
" Docteur, vos paramètres sont bons, les génériques, les glycémies... par contre au sujet des benzodiazépines à demi-vie longue  il faut continuer l'effort.
- Comment? Je n'en prescris plus! 
- Je ne sais pas, je vois sur votre profil qu'il y a en a encore un peu". 

Comment se fait-ce? C'est vrai que dans ma patientèle j'ai une anorexique, une déprimée et deux ou trois autres qui ont décidé de voir un psy. Et comme je suis le médecin traitant les prescriptions du psy se reportent sur mon profil. C'est du n'importe quoi et comme tout en France, mais je ne vais pas épiloguer. 

On a un système genre dinosaure en voie de disparition qui va finir par imploser. 
En attendant je vais écrire une lettre au médecin chef de la Sécu. Et voilà un article sur les benzo:

Les tranquillisants

Les tranquillisants (ou anxiolytiques) ne font pas de cadeau, surtout quand ils font partie de la famille des benzodiazépines. Certes, ils calment l’anxiété, mais si on poursuit le traitement trop longtemps, ils aggravent les apnées du sommeil, augmentent le risque d’AVC, d’accidents cardiaques, sans compter les pertes de mémoire voire un état de démence. Si bien que la Haute Autorité de santé est ferme : une prescription ne doit pas durer plus de 12 semaines, le temps de passer un cap difficile. On ne doit jamais s’en servir pour dormir non plus, surtout au long cours.
http://www.femmeactuelle.fr/sante/sante-pratique/medicaments-arreter-03293


vendredi 4 juillet 2014

Plus de nouveaux patient

Des patientes inconnues, une grand-mère et sa fille:
" bon, je crois que nous allons vous prendre comme médecin, n'est-ce pas maman?
- Oui, sans problème".

J'ai retenu une envie de hurler:  JE NE VEUX PAS DE NOUVEAU PATIENT! C'est placardé rose et vert sur blanc dans la salle d'attente. C'est sûr que sur la Côte d'Azur ils doivent se battre à qui va cirer le mieux les pompes,  s'occuper le plus professionnellement des patients inconnus afin de récolter la précieuse signature qui va leur faire gagner 5 euros pour chacun par an, mais surtout pas dans le coin. 

Alors j'ai répondu "je ne suis pas en dépression mais pas loin, je ne peux plus prendre personne". Même que ça serait Patrick Bruel en personne que je ferais la même réponse. Pas possible, je ne sais plus signer mon nom.

mercredi 2 juillet 2014

Gros dépensiers

"23 % de médecins qui prescrivent plus de 300 euros de médicaments" par an par patient, c'est le Figaro qui le dit. Dans ma région c'est 208 euros par patient par an par médecin, et moi c'est 88 euros!
Rassurez-vous j'ai tout un tas de défauts, je ne suis pas vertueuse dans tous les domaines. 

Mais un truc pour gaspiller moins et procurer moins d'effets secondaires à mes patients, c'est de donner les statines ( contre le cholestérol),  à dose filée: un type sortant d'un infarctus aura sa statine, qu'il ait 0.4 g/l de mauvais cholestérol, ou 1.8 g/l. Alors il m'arrive de lui en prescrire un jour sur deux, sur trois, voire le dimanche uniquement tout en contrôlant bien évidemment les valeurs. Conclusion: crampes en moins et économies en plus. 
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/07/01/20002-20140701ARTFIG00320-l-assurance-maladie-veut-s-attaquer-aux-ordonnances-des-medecins.php

le médecin de la Sécu vient ce jour me faire la morale, voir si je reste un bon petit soldat. Si c'est croustillant, je le relate!