jeudi 11 février 2010

Effet de mode

Juste une pensée comme ça: depuis que les hormones contre la ménopause ne sont plus conseillées ( rapport bénéfice-risque négatif)  et donc plus à la mode très peu de patientes se plaignent de bouffées de chaleurs ou de troubles de l'humeur autour de la cinquantaine. Comme si cette maladie, "les  troubles dûs à la ménopause" n'existait plus. Fabuleux! tout au plus dans une consultation sur cinquante  dans cette  tranche d'âge  une patiente en fait-elle mention...
Je me souviens quand j'étais très jeune on ne faisait pas de publicité pour la dépression, et alors très peu de personnes étaient déprimées, pareil pour les insomnies. Il n'y avait que les dépression réelles et les vraies insomnies qui étaient traitées (avec des médicaments ayant des tas d'effets secondaires comme les amphétamines et les barbituriques).

A l'adolescence un jour je discutais avec une copine lorsqu'elle me dit soudain " je suis stressée, tellement que le médecin a dû me mettre sous Valium". Et à l'époque je ne savais pas du tout ce que c'était, mais  pour ma copine cela la confortait dans le fait que son trouble était Tellement Important! C'est à elle que cela donnait de l'importance, et même si je ne connaissais pas le produit j'avais un peu pitié d'elle qui avait besoin de ça pour qu'on la prenne un peu en considération.

En gros prendre des médicaments actuellement répond pour certains à un effet de mode et ce n'est pas comme ça que je vois le soin aux patients.
Et répondre au malaise général en distribuant des pilules de toutes les couleurs au lieu d'accorder un peu d'écoute et d'empathie ne me semble pas la solution.

5 commentaires:

  1. Les médias ne manquent pas de nous rappeler que l'importance de son bien être passe par les nouveautés mises sur le marcher. Derrière le yaourt, le soin anti age, la crème amincissante, et la pilule anti rondeur, se cache évidemment un laboratoire.
    Je ne suis pas contre quand c'est indispensable.
    Cependant, il faut reconnaitre que beaucoup de choses sont préparées de sorte que la pharmacopée soit nécessaire pour ne pas être malade - un non sens à mes yeux. En effet, Il ne s'agit plus d'être "en bonne santé" ! Mais ce n'est manifestement pas dans cette optique qu'il faut voir cette chose là.

    Aussi, vous faites bien d'exprimer qu'il faudrait vraiment que chacun ré-envisage sa manière de consommer les médicaments...

    Mais comment pourrait-on bien changer les mentalités dans un système de consommation ciblé et insidieusement manipulateur ?

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  2. tout a fait ok ! mais a l'heure d'auj, c'est un peu trop ! on parle tout le temps d'insominie ou épression dans les médias, que ca soit magasine, tv ... etc etc ! et si on regarde la grippe A ..... l'effet de "crise" si on peut dire , c'est a cause des médias ! perso la grippe A,elle me passait au dessus d la t^te ! lol

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  3. Et bien, je peux vous dire moi que lorsque j'ai des bouffées de chaleur, et bien ce n'est pas mon imagination ou une influence quelconque. Je deviens toute rouge et je me consume presque de l'intérieur et cela à interval régulier. C'est bien désagréable et un traitement efficace ne serait pas pour me déplaire.
    Phénomène de mode ? Non, en tout cas pas dans mon cas et je suis sûre que je ne suis pas la seule !

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  4. Evidemment que certaines de mes patientes ressentent des bouffées de chaleur désagréables! L'effet de mode c'est plutôt de réclamer à son médecin des hormones car tous les journaux féminins en on parlé ou que le médecin les prescrive à tour de bras.
    Dr Vincent

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  5. "Information ou désinformation? la manipulation politique et médiatique en matière de santé."
    Sylvie Simon
    Excellent bouquin ou on vous explique comment on vous fabrique des maladies pour pouvoir vous vendre le plus possible de médicaments...
    Tous les livres de S. Simon sont d'ailleurs passionnants.

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