dimanche 13 décembre 2009

Michel Dubec condamné

J'avais déjà fait mention de cette histoire en d'autres lieux:


Michel Dubec ou l'apologie du viol


Je n'aime pas être insultant, mais quand un porc est un porc il faut l'appeler un porc. En pleine affaire Fourniret, on trouve dans l'ouvrage d'un psychiatre censé être expert auprès des tribunaux les "humanistes" propos suivants :

« Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas »

Le livre s'appelle le plaisir de tuer. Entre autres joyeusetés on trouve ce commentaire sur Guy Georges, le tueur de l'Est parisien :

« Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. Pour parler sans détour, dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire, pas seulement ses faveurs ; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. (…) Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas. (…) Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (…) Il ne s’inhibait pas au dernier moment, il était capable de leur faire l’amour quasi normalement. Il y avait éjaculation à l’intérieur du vagin. Guy Georges donne le sentiment que l’acte sexuel était consommé avec complétude. Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver (…) »

Voilà le sinistre individu qui est expert psychiatre sur les cas de viol auprès des tribunaux. A mon avis, sa fonction lui a un tantinet tapé sur le ciboulot, et il serait préférable qu'il aille prendre du repos...dans un asile psychiatrique !
http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/03/27/michel-dubec-ou-l-apologie-du-viol.html


Et voilà la conclusion... juste de cette histoire car ce triste sire traine des casseroles au derrière:

Michel Dubec, psychiatre pratiquant la psychanalyse et l’expertise judiciaire – de manière « trop souvent “sauvage” » ont estimé divers plaignants – s’est vu infliger une admonestation par la chambre disciplinaire de première instance du Conseil de l’ordre des médecins. Il est en effet frappé, avec sursis, de trois mois d’interdiction d’exercer. Ce n’est peut-être pas l’épilogue des démêlés de Michel Dubec…

Mais cette polémique vaut à Michel Dubec une remontée à la surface d’affaires qu’il a traitées – mal, voire épouvantablement traitées, assurent des plaignants ou d’autres dont les saisines ne seront pas retenues par diverses instances – en tant qu’expert. En sus, deux des personnes citées dans le livre, Maurice Joffo (frère de l’auteur Joseph Joffo), anciennement condamné pour recel, et Ilitch Ramirez Sanchez, dit « Carlos », qui avait refusé de s’entretenir avec Michel Dubec en détention, découvrent avec stupéfaction soit des sentiments et actes qu’on leur prête, soit des propos (produits, et non reproduits, entre guillemets de citations authentiques) qu’ils n’ont jamais tenus. Des informations, puis des plaintes, remontent au Conseil de l’Ordre des médecins. Dix, sur un nombre bien supérieur d’interventions, sont retenues et le conduisent à comparaître, fin septembre 2009.



Le Conseil départemental parisien de l’Ordre s’associe aux deux plus patentes à ses yeux. L’une a déjà valu à Michel Dubec et Chantal de Rudder une condamnation judiciaire définitive rétablissant l’honorabilité de Maurice Joffo. L’autre, émanant d’Illitch Ramirez Sanchez, conduit Michel Dubec de se voir qualifier d’affabulateur – entre autres qualificatifs – par la défense de « Carlos ». D’autres instances judiciaires sont aussi par ailleurs saisies pour des affaires dont Michel Dubec, en qualité d’expert, avait eu à traiter : certaines suivent le cours des méandres de l’action judiciaire, d’autres sont au point mort ou abandonnées, ses adversaires ayant renoncé, découragés. Il y a donc plusieurs strates dans ce qu’il convient d’appeler le cas de Michel Dubec.

De surcroît, un appel a été interjeté par Brigitte Brami, l’une des ses anciennes patientes, condamnée une première fois pour harcèlement à son encontre, de nouveau condamnée à de la détention pour des faits similaires à la demande de Michel Dubec. Ce dernier dénonce d’ailleurs une cabale de la part de cette femme, laquelle aurait cristallisé ainsi, selon lui, l’ensemble des accusations ou récriminations dont il est l’objet…

Or donc, la chambre disciplinaire du Conseil de l'Ordre, peut-être pour éviter d'être de nouveau saisie, a déclaré finalement irrecevables les plaintes des divers plaignants hormis celle du Conseil départemental parisien de l'Ordre. Il n'en reste pas moins que les plaignants dans leur ensemble ont été entendus...
http://www.come4news.com/michel-dubec-condamne-a-trois-mois-avec-sursis-d-interdiction-d-exercer-45478

samedi 12 décembre 2009

Liberté de prescription?

Dans le code de déontologie médicale on insiste sur la liberté de prescription. Il me semble que l'on ne peut être un médecin digne de ce nom que si ce droit  nous est conservé.
Ce préambule pour parler d'une séance de vaccination dont j'ai entendu parler: une patiente m'a raconté que d'abord le médecin a été extrèmement désagréable avec eux. Ce à quoi j'ai rétorqué " si j'avais été à sa place je l'aurais été aussi! Etre forcé de venir sous peine de payer 3750 euros d'amende n'incite pas à la bonne humeur; j'aurais juste fait un effort pour mes patients habituels mais je sais être très désagréable.
- Et puis docteur il a refusé de vacciner ma fille sous prétexte qu'elle est allergique à la pénicilline! Et il a refusé le vaccin à la moitié des gens qui attendaient.
- Ca je ne peux rien dire, je n'y étais pas".
J'avais aussi entendu parler d'un médecin qui avait récusé une dizaine de patients sous le prétexte qu'ils étaient cardiaques, diabétiques, avant que son confrère ne lui glisse " tu sais, c'est pour ça qu'ils sont là".
Et c'était encore un post sur la grippe A.

vendredi 11 décembre 2009

Et mon livre?

Petit Ange a percé une dent, et sans que l'on s'en rende compte! Des parents heureux!
C'est vrai que ce problème de grippe A nous bouffe du temps qui serait utile pour faire autre chose; il faut sans cesse rassurer, dire aux grippés que ce n'est pas grave, que je respire leurs microbes et que je ne suis pas en arrêt maladie pour autant. C'est quand même les médecins généralistes les plus vulnérables!
Et, dernier conseil, je propose à tous mes patients d'éteindre la télé, surtout aux heures des informations. Mais on a peu de chance d'échapper au quotidien au matraquage publicitaire: panneaux directionnels postés un peu partout vers le gymnase de la ville voisine, bon de vaccination pour le petit Ange, panneaux d'affichage à la gare du Nord, pub sur la grippe en plein milieu des émissions...
...
Et tout le monde journalistique a mieux a faire que de lire mon livre pour en donner une critique. Un oui ou m. serait au moins une réponse. Non:  " vous n'avez rien à dire sur la grippe, on vous recontactera".
On va attendre que la campagne de pub soit passée. Je parie qu'il n'y en a pas autant sur Johnny que son état de santé le mériterait à cause de ce grand battage médiatique!

jeudi 10 décembre 2009

Débat sur l'identité nationale

Ce qui me met en pétard en ce moment ce sont toutes ces entreprises qui délocalisent et prennent le pain de la bouche de ceux qui vivent en France.
Les " bonjour, je m'appelle Virginie Dulac (variante:  Laure Dupont ou autre) avec un accent marocain à couper au couteau, je ne supporte plus. Parfois je leur dis franchement " y'en a marre des plate-formes marocaines".
Plusieurs de mes patients sont virés à cause de ce phénomène, mais le top du top a été: une petite troupe de salariés d'une certaine entreprise est allée dans une île avec palmier, former ceux qui les remplaceraient plus tard. C'est vicieux!
Et après on parle d'identité nationale!

Je cite Eric Cantona:
« Etre français, c'est d'abord être révolutionnaire », estime Eric Cantona. Révolté par « tellement de choses tous les jours », l'ex-footballeur dénonce le débat sur l'identité nationale lancé il y a peu par Nicolas Sarkozy, à quelques semaines des élections régionales : « il y a des façons de dire les choses, des façons de faire passer des messages, comme aujourd'hui celui de l'identité nationale, en pleine campagne... Je me dis simplement que tout le monde a compris que c'est un discours d'arriéré pour arriérés. J'ose espérer qu'aujourd'hui, si ça a marché il y a cinq ans - il n'y a pas très longtemps -, il y a des gens qui sont passés au dessus de ça. Quand je vois qu'on bâtit sa campagne sur ce discours-là, c'est qu'on pense qu'il y a une majorité d'arriérés capables de recevoir ce message-là. Je pense qu'on prend les Français pour des
arriérés. »
...
En voilà un qui n'a pas la langue dans sa poche! Mais pendant que l'on amuse le bon peuple avec l'identité nationale et le virus H1N1 il y a tellement d'autres sujets graves et urgents qui mériteraient que l'on s'y penche un peu!
Par exemple:
- les suicides, les meurtres, les accidents de la route sous psychotropes;
- l'échec scolaire;
- le chômage;
- les banlieues et leurs problèmes etc.
Mais ce débat sur l'identité nationale je m'assoie dessus d'autant plus que je me sens européenne et non française. Et vous?

mercredi 9 décembre 2009

Dito heureux

Avec un patient j'avais perdu tout espoir de lui faire baisser ses haldol retard dans les fesses, tercian, somnifères, antidépresseurs, anxiolytiques.  Et il prenait un poids respectable, sa tension montait, son cholestérol aussi. Il était régulièrement hospitalisé en psychiatrie... Bref, la spirale infernale.
Il se trouve que cela fait deux ans que je ne l'ai pas revu et je ne savais absolument pas s'il était vivant ou mort ou s'il avait changé de médecin.
ll m'a télephoné ce jour " Bonjour docteur, c'est Dito. Je voulais vous dire que tout va bien, que je ne prends plus d'haldol retard, que j'ai maigri et que je me remets au sport. J'ai changé de médecin car je n'avais plus de voiture mais je pense quand même à vous et à vos bon soins. Voilà, je tenais à ce que vous le sachiez".
C'est super-mignon et cela m'a fait chaud au coeur!  Me voilà rassurée.
...
J'ai vu aussi dans la rubrique nécrologique de la ville voisine le nom d'un de mes patients... cela fait un coup quand on ne l'a pas revu depuis deux mois et que l'on apprend des nouvelles comme ça! Et je ne sais même pas de quoi il est mort! je l'avais envoyé chez un chirurgien vasculaire  et... Peut-être un jour connaitrai-je la vérité.

demandes farfelues

Ce matin une patiente m'appelle:
" docteur, mon mari n'a pas pu aller à son travail ce jour, il a des problèmes avec son patron et ne peut plus payer d'essence pour aller au travail. Pouvez-vous l'arrêter depuis avant-hier?"
Si elle voulait me procurer des ennuis elle n'aurait pas pu s'y prendre mieux. La dame de la Sécu va bientôt venir à mon cabinet pour commenter mon profil concernant mes arrêts de travail, tous classés d'après plusieurs critères dont l'âge, le sexe etc.
Ce n'est pas facile de dire non, je pense qu'il devrait y avoir plus de formations spécifiques pour le faire. Le médecin, après qu'il ait dit "oui" contraint ne doit pas être très à l'aise.
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Mais la meilleure demande, championne toutes catégories des demandes farfelues a été celle-ci: " docteur, il faut m'arrêter deux semaines afin que je puisse travailler au noir". Ca c'était du grandiose et la personne qui me l'a demandé n'avait même pas l'air géné et me regardait droit dans les yeux!
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Aujourd'hui j'en ai eu une autre: un de mes patients est déprimé et le médecin de sa Sécu veut absolument qu'il soit suivi en psychiatrie afin qu'il puisse être en arrêt maladie longue durée! Le type a déjà un traitement conventionnel avec un autre médecin et de la psychothérapie de soutien avec moi en plus de mes petites potions, la situation a l'air d'évoluer dans le bon sens, mais non, "tu vas chez le psy ou t'es pas déprimé".