vendredi 31 mai 2013

Médecin de recours

Une profession qui n'est pas très connue du grand public mais qui gagnerait à l'être: médecin de recours. Qu'est-ce que c'est?
C'est un médecin qui vous accompagne tout le long du parcours qui suit une plainte. Il n'est pas remboursé par la Sécu mais par les assurances. C'est vrai que l'on peut penser que l'on peut se défendre tout seul quand on estime avoir été victime d'un préjudice. Mais c'est difficile et il faut avoir une sacré force de caractère. 

Une de mes connaissances a gagné un procès contre un médicament polémique il y a quelques années. Elle m'a raconté son parcours du combattant, elle toute seule contre les experts de la partie adverse en train de pinailler sur chaque point,  les audiences multiples... sans compter le fait  que quand on a subi un préjudice corporel on se sent plus fragile et la bataille n'en est que plus difficile.

J'ai fait un copié-collé: 
Les médecins-conseils de l’ANAMEVA interviennent dans tous les cas d’évaluation des dommages corporels susceptibles de faire l’objet d’une indemnisation, tant dans le cadre amiable, qu’au cours de procédures devant les juridictions civiles ou administratives, en particulier :
  • accidents de la voie publique ()
  • dommages imputables à des soins médico-chirurgicaux :
    • accidents médicaux fautifs (RCP)
    • ou non fautifs, aléa thérapeutique, infection nosocomiale (CRCI-ONIAM)
  • contrats privés (garanties crédits, contrats de prévoyance, incapacités de travail, invalidité-décès, etc…)
  • accidents divers impliquant la responsabilité de tiers (accident de chasse, effondrement de construction, blessures par animaux, etc…)
  • agressions, dommages résultant d’une infraction (CIVI)
  • dommages imputables à des actes de terrorisme, etc…
  • catastrophes naturelles
  • contentieux avec les organismes sociaux, les administrations :
    • accidents du travail, maladies professionnelles
    • invalidité, inaptitude au travail
    • allocation adulte handicapé
    • dommages ouvrant droit à pension militaire
    • attribution de Congé Longue Maladie, Longue Durée, Réforme
  • http://www.anameva.com/presentation/
Tout compris?

Sympa non?

jeudi 30 mai 2013

les médecins, des benêts ou victimes de la visite médicale?

Les médecins généralistes ne sont pas suffisamment informés sur les effets indésirables des médicaments, notamment les plus graves, par les visiteurs pharmaceutiques des laboratoires, selon une étude internationale rendue publique mercredi par l'Inserm.

Une étude qui a de quoi donner la nausée. Effectuée auprès de 255 médecins exerçant à Vancouver, Montréal, Sacramento et Toulouse, elle montre que les informations apportées par les visiteurs médicaux concernaient plus souvent les bénéfices que les risques des médicaments. Cette étude intervient au lendemain d'une déclaration fracassante d'un docteur, témoin au procès Servier, qui affirme que les médicaments sont responsables d'au moins 18 000 morts en France chaque année.
Dans 59 % des visites promotionnelles étudiées, aucun effet néfaste du médicament n'a été mentionné par le visiteur médical, un pourcentage encore plus élevé (66 %) à Vancouver et Montréal. La situation est un peu meilleure en France avec une mention plus fréquente des risques évoqués (61 % des cas), mais il ne s'agit en général que des effets indésirables bénins ou fréquents (de type nausées ou diarrhée).
Effet indésirables graves rarement mentionnés par les entreprises
La France ne fait en revanche pas mieux que les autres pays étudiés lorsqu'il s'agit des effets indésirables "graves", qui ne sont mentionnés que dans 6 % des cas, selon l'étude publiée dans la revue Journal of General Internal Medicine.
Les 255 médecins interrogés ont été invités à remplir des questionnaires entre mai 2009 et juin 2010 après le passage de chaque visiteur médical. Les deux tiers d'entre eux ont reconnu que la présentation qui leur avait été faite pouvait les inciter à prescrire le médicament promu de façon "assez probable" ou "très probable".
Une charte de la visite médicale existe en France
"Cette étude montre qu'il faut améliorer les informations sur les effets indésirables graves des médicaments et que les pouvoirs publics devaient être plus présents dans ce domaine", a commenté le Dr Geneviève Durrieu, qui a coordonné les travaux sur les médecins français menés par l'Inserm et l'université Toulouse-III.
Une charte de la visite médicale adoptée en France en 2005 précise les pratiques autorisées et interdites, ainsi que les informations qui doivent être obligatoirement fournies au médecin. Par ailleurs, la ministre de la Santé Marisol Touraine a fait adopter0 le décret dit "Sunshine Act", créant une obligation de publication des liens entre les entreprises de produits de santé et de cosmétiques et les professionnels de santé
J'en ai été victime il y a peu de temps: un visiteur médical me présente un sirop à base de pholcodine pour la toux sèche " ça fait moins dormir que les autres", voilà en essence ce que j'ai eu comme speech car il savait ma réticence à prescrire un traitement qui comporte  la somnolence pour effet secondaire.
Mais ce jour je regarde un vieux Prescrire: " attention à la pholcodine en cas d'intervention nécessitant du curare! Allergie!" Et on les a passés  sur prescription médicale uniquement.  Ils peuvent toujours m'inviter à dîner, tous autant qu'ils sont, mais je ne suis plus du tout sûre de digérer un seul de leur  repas.

lundi 27 mai 2013

Les médicaments causeraient 18.000 morts par an en France


 D'après le docteur Bernard Bégaud, ancien membre de la commission de pharmacovigilance, les effets secondaires des médicaments sont responsables d'au moins 18.000 décès chaque année en France. Les effets secondaires des médicaments sont responsables d'au moins 18.000 décès chaque année en France, plus que les suicides et les accidents de la route réunis, a indiqué lundi le docteur Bernard Bégaud, entendu comme témoin à Nanterre dans le procès du Mediator. "Il y a chaque année 18.000 morts directement liés à la prise de médicaments. Parmi eux, beaucoup de cas sont inévitables, mais un tiers de ces décès correspondent à des prescriptions qui ne sont pas justifiées", a estimé à la barre le professeur, membre de la commission de pharmacovigilance de 1982 à 2000 et co-auteur d'une étude sur le sujet.
   Par comparaison, en 2012, 3645 personnes ont été tuées sur les routes, selon les chiffres de la sécurité routière. Environ 10.000 personnes se suicident chaque année en France. "La France est un pays qui depuis toujours surveille très mal l'usage de médicaments", a déploré Bernard Bégaud. Ainsi le Mediator, à l'origine un antidiabétique, a été largement détourné comme coupe-faim et prescrit dans de nombreux cas à des patients qui souhaitaient uniquement perdre quelques kilos. Quelque 5 millions de personnes en auraient consommé avant qu'il ne soit retiré du marché en 2009, accusé de provoquer des hypertensions artérielles pulmonaires, une pathologie incurable, et des valvulopathies (dysfonctionnement des valves cardiaques). "Mourir pour un produit dont vous n'avez pas besoin est quelque chose de très grave", a souligné le professeur.
 Il a pointé du doigt la mauvaise formation des médecins en pharmacologie, la science des médicaments. "Les alertes sur les effets indésirables d'un médicament proviennent à 85% des hôpitaux et seulement à 15% des médecins libéraux", car ceux-ci sont mal formés en pharmacologie, a déploré Bernard Bégaud.
 Le procès du Mediator visant Jacques Servier, 91 ans, le fondateur du groupe et quatre cadres de chez Servier et Biopharma, l'une des filiales des laboratoires, devrait durer jusqu'au 14 juin. Les prévenus sont jugés pour "tromperie aggravée".

Il y a encore du chemin.  Au sujet de la pharmacovigilance, c'est compliqué de déclarer; si quelqu'un de la Sécu me lit, je souhaiterais vivement qu'il fasse remonter ça: le site de pharmacovigilance doit être couplé avec le site ameli.fr et les déclarations de pharmacovigilance vont éclore comme edelweiss au printemps. ( je dis edelweiss car il faut du chemin avant qu'elles soient aussi nombreuses que primevères au printemps, il faudra convaincre les récalcitrants, qui le sont au départ car les déclarations sont bouffeuses de temps).

samedi 25 mai 2013

Savoir dire non

Savoir dire non, voilà quelque chose que l'on ne nous apprend pas à la fac. On peut argumenter que cela devrait être la base, que l'on devrait pouvoir naturellement savoir dire non. 
Seulement quand on a le savoir et la liberté de prescrire, dire non devient parfois difficile. On veut que les patients soient satisfaits, parfois on n'ose pas dire non de peur que le patient file chez le confrère ( cette dernière possibilité est de moins en moins vraie, tellement qu'il manque de médecins dans nos campagnes).
Mais aussi on veut ce qui est bon pour le patient.

les cas de conscience se posent quand par exemple:
_ une femme fumeuse de 40 ans qui demande la pilule 2è génération à cors et à cris, difficile de lui refuser quand elle assure qu'aucune autre pilule ne lui convient. 
_Une femme aux antécédents familiaux cardiovasculaires  demande Jasminelle car cette dernière  soigne aussi son acné ( et Jasminelle a beaucoup d'effets secondaires potentiels)
- un type de 50 ans demande une cure demande une cure pour l'arthrose, assortie d'un papier pour faire un marathon;
- un patient demande un arrêt pour sa femme malade qui ne peut pas s'occuper de ses enfants. La question ne se pose évidemment pas quand on me demande un arrêt pour déménager.
- une patiente demande un calmant car elle vient de faire une fausse couche, de perdre son mari, découvre que son mari la trompe etc.

C'est facile de dire oui, on fait taire parfois un peu sa conscience pas du tout par l'appât du gain, c'est 23 euros, pas de quoi fouetter un chat. Parfois, j'en ai un peu honte, on plie devant la détermination du patient, et ça c'est à travailler en s'inscrivant à des groupes de pairs ou des groupes Balint.  Et le fait d'avoir une associée  m'aide à dire non quand je suis sûre qu'elle m'appuiera et vice versa.

Et puis à la face on ne nous a pas appris à dire "NON madame, je pense que ce n'est pas bon pour vous".  Redire aux étudiant "qu'on n'est pas des épiciers et que nous sommes les commandants à bord" est fondamental.

Au fait, pourquoi on ne s'entrainerait pas en TP, il y a un étudiant-médecin et un étudiant-patient, l'un a une demande farfelu, l'autre apprend à dire NON. Ca serait ludique et formateur.

Je pense que la question à se poser devant toute demande qui sort un peu du classique est " Est-ce que je m'aimerai toujours autant devant la glace ce soir?"

Et je ne juge pas celui qui plie " que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre", je ne jette rien du tout, même pas une tomate, peux pas!

mardi 21 mai 2013

Couchage remboursé par la Sécu.

Je vois de loin en loin un quadragénaire  ayant eu une mauvaise fracture il y a quelques années. Il me demande de temps en temps une ordonnance pour la location d'un lit médicalisé et habituellement je ne me pose pas de question; Mais aujourd'hui l'envie m'est venue d'y comprendre un peu plus dans cette demande.
" Suis-je votre médecin traitant monsieur?
- Non, c'est le docteur Cravate. 
- Et pourquoi donc me demandez-vous un lit médicalisé? Le docteur Cravate ne veut pas?
- Ben non, mais j'sais pas pourquoi.
- Vous savez que la Sécu nous contrôle de plus en plus et c'est donc la dernière fois que je vous le prescris". 
Et il m'a réglé avec la CMU.

J'ai compris! Il utilise un lit remboursé par la Sécu pour se coucher tout bêtement! On ne me l'avait jamais faite celle-ci. J'ai bien envie d'alerter l'assistante sociale pour l'aider à lui trouver un lit digne de e nom. Le NON de Cravate m'a alerté. Comme quoi on devrait se communiquer plus sur les demandes des patients quand elles nous paraissent saugrenues.


lundi 20 mai 2013

Riz arseniqué

SANTÉGâteaux au riz, riz soufflé et lait de riz doivent être consommés avec parcimonie en raison de la présence naturelle d'arsenic dans cet aliment de base, estiment les autorités sanitaires.
Les autorités de sécurité alimentaire au Danemark déconseillent très officiellement depuis une semaine aux parents les gâteaux au riz et le lait de riz pour les enfants en raison de la concentration en arsenic. Le riz contient naturellement de l'arsenic inorganique. Mais pour les scientifiques danois, "les personnes consommant des aliments avec de l'arsenic inorganique quotidiennement courent  un risque accru de cancer".

"Evitez les boissons au riz et le lait de riz", ainsi que de donner des céréales au riz soufflé chaque jour, indiquent sur un iste internet les autorités sanitaires. Le Danemark a lancé de nouveaux tests d'autres produits à base de riz pour  déterminer leur concentration en arsenic inorganique, comme les nouilles à partir de riz. Les résultats des analyses doivent être publiés en juillet.
Pas de panique !
Interrogé par Terra Femina, un directeur en pharmacologie nuance toutefois : "Dès qu'on parle d'arsenic, les gens paniquent. Des taux significatifs ont été détectés, mais une bonne partie de cet arsenic est déjà métabolisé par le riz, ce qui signifie qu'il a perdu une grande part de sa toxicité".

La présence d'arsenic dans le riz attire de plus en plus l'attention. En septembre, les autorités américaines de sécurité alimentaire ont annoncé qu'elles allaient mener des analyses pour déterminer la dangerosité du riz et d'aliments en contenant
.

Le riz est un aliment de base de notre famille! Comme beaucoup de familles je pense. 
Mais j'ai une théorie: je pense que l'espèce humaine mute, et qu'un type du moyen-âge s'il venait actuellement  serait mort en quelques semaines de notre pollution. Alors nous allons bien nous adapter, donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes  dixit Pangloss. (Candide de Voltaire)


dimanche 19 mai 2013