mercredi 31 octobre 2012

Mon grand garçon de 15 ans passait tranquillement par la gare du Nord en rentrant de cours lorsqu'un flic lui a demandé de s'arrêter, l'a fouillé, puis lui a fait la réflexion " faut pas traîner par là, c'est dangereux!" Super, c'est le quartier où habite sa grand-mère, qui " s’enorgueillira de la première salle de shoot de France. Mon Poilopatte n'a pas fini de se faire fouiller!

mardi 30 octobre 2012

Pauvres ambulances!

Ca se passe mal pour le secteur des ambulances: la Sécu rembourse de moins en moins les transports. Pour y avoir droit il faut être en affection longue durée et prouver que l'on n'est pas en état de conduire, par exemple que l'on a une jambe cassée où que l'on prend des médicaments empêchant la conduite. 
Alors elles rivalisent d'ingéniosité pour survivre: vente de matériel médical par exemple, ou taxi normal.
Mais une m'a sciée: elle distribue les colis pour la Redoute! à 40 centimes le paquet ( je crois), il n'y a pas de petit profit! Il faut juste un endroit où entreposer.

lundi 29 octobre 2012

On soigne la femme ou le mari?

Un de mes patients décline tranquillement, sauf au niveau intellectuel où il est très toujours très agréable de causer avec lui; il est porteur d'un cancer de la prostate, d'une hypertension, d'un parkinson et tout un tas d'autres pathologies que j'ai oubliées. Il a fait le tour de tous les spécialistes, poussé efficacement par son épouse désespérée. C'est au point où un spécialiste un jour lui a dit: " monsieur, ce qu'il vous manque c'est un chef d'orchestre".
Et il vient me voir entre deux, ce jour avec son épouse. Il souffre d'ostéoporose mais il a des calculs rénaux (calcium contre-indiqué), il a un tassement de vertèbres. Et son épouse me demande de l'aider.
" Madame, ce que je vous propose pour le muscler, ce qui soutiendra sa colonne, ce sont des séances de kiné.
- Mais il en fait déjà!
- Alors tentez les médecins alternatives, par exemple la réflexothérapie plantaire, elle peut lui redonner du tonus ( il est extrèmement lent dans ses gestes à cause du Parkinson).
- Oui mais... j'ai peur de tomber sur un charlatan.
- Je ne connais que des gens corrects qui ne se prendront pas pour un médecin.
- Mais enfin, n'y a-t-il personne qui pourra aider mon mari à sortir de ce mauvais pas?"
Elle est furieuse et malheureusement j'ai tout à fait l'image en moi du malheureux patient qui n'aura d'autre option que de ressortir  les pieds devant, car il est usé. On se lève.
Et mon patient a le mot de la fin avec un petit sourire: " le problème c'est qu'il y a certains qui voudraient toujours leur conjoint jeune et dynamique" 
Et je lui glisse tout bas alors qu'elle passe le seuil du cabinet " mais l'intellect va bien,  lui!"

samedi 27 octobre 2012

revalorisations d'honoraires

Nous les médecins généralistes de secteur 1, on va peut-être avoir une revalorisation d'honoraires. ce n'est pas de passer de 23 à 25 euros ( ce qui peut favoriser la course à l'acte, ainsi que cela se fait depuis des décennies), mais pour chaque formulaire de médecin traitant signé on va toucher 5 euros... ce qui va favoriser la course au patient! Et c'est là que certains médecins peu scrupuleux auront tendance à faire du détournement de patientèle ( pas dans mon coin, presque tous les médecins ici refusent les nouveaux patients). Déjà les médecins touchent 40 euros par an pour chaque patient en affection longue durée.
Mais je suis sûr que la plupart des patient ne vont pas tomber dedans, sinon ce sont des benêts.

Le point positif est que cela se rapproche doucement d'une capitation et qu'en théorie si le patient est bien soigné, tous ses bobos traités avec compétence et célérité, le médecin peut légitimement partir se reposer à la pêche fréquemment! Ce mode de rémunération est celui que je préfère.
Et dans l'idéal, celui qui fait la course à l'acte en faisant revenir les patients tous les mois pour une simple hypertension, ou un suivi de diabète trimerait  comme un malade sans toucher plus.

vendredi 26 octobre 2012

Aller jusqu'au bout de la logique


Commentaire sur les « salles de shoot » suite aux propos favorables  de notre Ministre de la santé:
 Le travail sérieux  sur ce sujet de la commission parlementaire n'aurait-il servi à rien ?

Pour parler d'injection de drogue sécurisée dans une salle médicalisée, la première mesure de sécurité est de contrôler le produit à injecter (alors qu'il provient du trafic illicite), ensuite, il faut s’assurer de l'état physique de l'individu (le toxicomane ment et triche sans arrêt et peut avoir pris de la méthadone ou une première dose d'héro avant un super shoot dans ce lieu sécurisé); pour savoir s'il est en état de recevoir la dose ou surdose, il faut un labo pour le produit, une analyse de sang, une consultation médicale ... impossible à financer dans ce contexte … (généralement, l'héroïnomane veut ressentir l'effet maxi du produit donc il peut prendre le risque de se faire un demi gramme d'héro puisqu'en cas d'OD, il sait qu'il sera secouru ...aux frais des contribuables); en cas d'accident suite à l'injection dans ce lieu, qui porte la responsabilité ? qui paiera les conséquences (exemple, se faire une poussière en intraveineuse abouti parfois à des séquelles irréversibles) ; si l'un des bénéficiaires de ce shoot (avec complicité partagée), est auteur d'accident de la route avec préjudice à autrui, qui porte la responsabilité?

Cette tolérance nécessite de revoir le code la route , de la santé publique, de procédure pénale, ... si non, il y aura jurisprudence et nous irons vers une légalisation de l'usage des drogues avec une réglementation pour limiter les conséquences... comme pour l'abus d'alcool; cependant, pour les produits classés stupéfiants c'est infiniment plus compliqué car les mafieux garderont la main sur le trafic et les nouvelles drogues seront toujours le monopole des trafiquants (une nouvelle drogue par semaine actuellement).
Comme beaucoup de point d’accueil  de jour pour les plus démunis, ces salles seront accessibles 35 heures par semaine, alors que fera  le malade dépendant pendant les 133 heures restantes ? l’héroïnomane concerné dans le projet, a besoin de son shoot toutes les 4 heures pour ne pas souffrir et il vit essentiellement la nuit ;  moment le plus anxiogène où  il a surtout besoin d’un lieu sécurisé pour la nuit.
Pour limiter les conséquences sociales, si ces salles doivent être créées, j’ose faire deux suggestions :
La structure médicalisée la plus efficiente, 24 heures sur 24 heures, demeure l’Hôpital ; alors pourquoi  pas lui donner ce million d’euros pour y installer ce type de salle, avec  cette proximité  efficace en matière de secours en cas d’overdose ou autre accident lié à l’injection.
La méthadone ou  le subutex  étant  utilisable en substitution de l’héroïne ;  dans le protocole expérimental  de ces salles, il serait  sécurisant d’y voir l’utilisation d’un quit complet avec une méthadone injectable « copiant les effets de l’Héroïne »  si l’on veut vraiment réduire la délinquance générée par l’approvisionnement d’héroïne à proximité.
L’initiative de « salle de consommation de stupéfiants sécurisée » m’incite cependant à développer  plusieurs pages  d’arguments contre...!  pendant ce temps, les toxicomanes qui demandent plus de structures comme celle d'EDVO pour sortir définitivement de tous ces systèmes d'accompagnement à la consommation de drogues, ne sont pas écoutés.
JP Bruneau
Président fondateur et directeur de  edvo-addictions.fr

jeudi 25 octobre 2012

Du travail pour mon associée!

"Allô docteur, vous faites les certificats de virginité?
- ...??? C'est pour qui? Pour se marier ou pour un avocat?
- C'est juste pour moi, pour vérifier que je le suis bien.
- En ce cas je vous conseille mon associée, elle a un diplôme de gynéco. Je pense qu'elle vous fera ça. Téléphonez-lui".

On a refilé la patate chaude! 

mercredi 24 octobre 2012

Guide des effets indésirables des psychotropes


Prozac, Lexomil, Xanax : le guide des effets indésirables

Les psychotropes, que les Français consomment massivement, ont des effets secondaires souvent méconnus. Dossier à lire dans "le Nouvel Observateur".

Médicaments (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

La France est le deuxième consommateur d'anxiolytiques d'Europe après le Portugal. Elle en consomme 9 fois plus que les Allemands et que les Anglais. En 2010, 20% des Français ont consommé au moins une fois un anxiolytique ou un somnifère (benzodiazépine ou apparentée). Surprescrits, et la plupart du temps délivrés par les généralistes, ces médicaments de l'âme peuvent avoir des effets dévastateurs.
  • Antidépresseurs (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine - ISRS) 
Les effets indésirables peuvent être multiples : agitation, anxiété, attaques de panique, insomnies, troubles sexuels, nausées, diarrhées, maux de tête. Ils apparaissent surtout pendant la première semaine de traitement. La sensation de bouche sèche est fréquente avec la molécule paroxétine (Deroxat, Divarius). La fluoxétine (Prozac), quant à elle, est responsable de signes extrapyramidaux (tremblements, rigidité, mouvements rares et lents) plus ou moins invalidants, dont un syndrome mimant la maladie de Parkinson. L’hyponatrémie (déficit de sodium dans le sang) est fréquente et grave pour la majorité des patients prenant des antidépresseurs. Il est aussi possible que survienne un syndrome sérotoninergique, auquel des manifestations d’ordre psychique (agitation, confusion,hypomanie, etc.), moteur (myoclonies, tremblements, hyperréflexie, rigidité…), végétatif (sueur, frissons…) et digestif (diarrhées) sont associées. Il existe enfin un risque de surdosage pour certains antidépresseurs.
  • Anxiolytiques et somnifères (benzodiazépines) 
Les benzodiazépines sont responsables d’une baisse de la vigilance, potentialisée par l’alcool. La sédation provoque des accidents (notamment chez les conducteurs d’engin, de voiture…). Des sensations de faiblesse, de fatigue, des impressions de vertige, de la dysarthrie, de l’ataxie, une confusion… ont déjà été rapportées. Dès 1989, l’effet délétère de ces médicaments sur la mémoire a été démontré. Cette amnésie antérograde existe avec toutes les molécules. Certaines benzodiazépines à demi-vie courte ont provoqué, souvent en association avec de l’alcool, un syndrome comprenant la triade automatisme-désinhibition-amnésie, entraînant des comportements soit automatiques, soit de soumission. A forte dose, une dépression respiratoire est possible, surtout aux âges extrêmes de la vie. Paradoxalement, nervosité et hyperexcitabilité sont décrites. Des effets indésirables rares ont été signalés : hallucinations, manies, hypotension, hypersalivation, sécheresse buccale, insomnie ou anxiété de rebond lors du sevrage d’un traitement au long cours confirmant la pharmacodépendance.