mardi 9 juillet 2013

Soins aux dentiers

Une patiente excédée: " Vous comprenez docteur, j'ai un abcès à une dent, du pus en est même sorti. Quand j'ai appelé la secrétaire de mon dentiste ( elle en gère trois), elle m'a répondu que celui-ci n'avait pas de créneau d'urgence et qu'elle ne pouvait pas me donner rendez-vous avec un autre car ce n'était pas mon dentiste. Vous y croyez,  vous?   Et puis tous ces vieux qui attendent dans la salle d'attente de faire soigner leur dentier, pas leurs dents, on se comprend bien!"

Ca m'a mis en joie pour les consultations suivantes.
N'empêche que dans mon coin, les urgences dentaires se finissent chez le généraliste pas manque de place.

lundi 8 juillet 2013

Un argument de vente

Un nouvel argument pour faire vendre un médicament, et je dois dire que celui-ci est bien trouvé: " prescrivez mon paracétamol docteur, il est fabriqué en Picardie!" Allez, lequel est-ce?

vendredi 5 juillet 2013

L'alcool culturel

J'ai tenté de convaincre mon compagnon que la prochaine fois que l'on rencontrerait notre ami toujours assoiffé il ne faudrait pas mettre les bouteilles sur la table pour l'apéro. Et il m'a balancé tout un tas d'arguments contraires: 
" l'alcool c'est festif et convivial. Quand il n'y avait pas la télé, les hommes se retrouvaient au bistrot, et ce n'était pas pour boire un Perrier"
" Quand une personne a ça en elle, elle boit de toute façon"
" Et ce n'est pas l'alcool qui lui a bouché les artères, c'est le tabac, au contraire un bon wisky..."
" on ne va pas s'empêcher de sortir le vin pour un évènement".

C'est eux qui sont sur Mars ou c'est moi? L'alcool n'est pas dans ma culture et ne s'y est jamais trouvé, alors c'est facile de ne pas boire. Ca m'est déjà arrivé de verser un très bon vin dans le boeuf bourguignon. Pourquoi mon mari s'était-il mis en colère? Le boeuf bourguignon était délicieux!



jeudi 4 juillet 2013

Sevrage réussi

Depuis quelques années je donne des conseils à une patiente par personne interposée: cette patiente américaine a souffert de graves troubles de santé suite à Paxil (deroxat), a fait un procès au labo Glaxo grâce à une class action ( une action de groupe, permise aux USA en ce qui concerne la santé), a gagné quelques milliers de dollars. Et après? Elle est allée de benzodiazépines en benzodiazépines pour éviter d'en reprendre et ne pas se sentir trop mal. Mais il y a trois mois elle a décidé de sauter le pas et de ne plus rien prendre. Son ami m'appelle il y a un mois " docteur, ma copine a tout arrêté et a des envies de suicide!". 
Deux solutions, reprendre et se dire qu'on n'a même pas été capable, ou arrêter, à la cosaque ( apparemment pas une réussite), ou grâce à un nutrithérapeute qui va la soigner avec des compléments alimentaires. 
Elle a choisi l'homéopathie et je viens d'avoir de ses nouvelles: elle va bien! 15 ans de souffrances quand même.

Alors, pour ne pas avoir à les continuer, ne les commencez pas, surtout pour un mal-être dû à  la vie!  On ne peut pas tout médicaliser.

Encore une fois, pour certains de mes lecteurs: je suis médecin généraliste avec une patientèle  tranquille, dont 99% des patients finissent pas trouver une solution non médicamenteuse.

mercredi 3 juillet 2013

Ne prononcez plus le mot apéro devant moi SVP

Nous avons un ami commun depuis des années mon compagnon et moi. Il fume en conséquence et ne passe pas une journée sans un apéro midi un le soir, du vin idem, et en vacances il démarre la journée par un petit blanc, puis deux apéro, puis du rouge et du blanc, on sort de table; pour ne pas perdre le rythme il enchaîne sur une bière, et bien vite l'apéro du soir revient, le rouge, le blanc... 
Sa maxime j'en suis sûre est " l'alcool tue lentement, ça tombe bien, je ne suis pas pressé". 

Il y a quelques années il a eu une alerte cardiaque qui l'a fait ralentir un petit moment, et hier la deuxième est arrivée, plus grave: il a bénéficié d'un choc électrique. 

Quand je confiais à mon compagnon que je ne supportais plus le mot apéro qui constituait l'essentiel des conversations, il m'a répondu: " les gens t'acceptent bien comme tu es, accepte-les comme ils sont".  

Je ne m'étalerai pas plus sur ses habitudes, en dehors de ça c'est un charmant type très convivial. 

Mais quelque chose m'a fiché en rogne grave: mon compagnon m'a demandé de téléphoner à son cardiologue pour lui demander d'exhorter le copain de ne plus boire et de ne plus fumer: on se fiche de ma pomme? Depuis 8 ans je lui propose de ralentir, je râle dés que j'entends le mot "apéro" et je subodore  que tous les copains prennent parfois un malin plaisir  à le prononcer devant moi. 
De plus, qui suis-je pour dire au cardiologue quoi faire? 

Mon compagnon a argumenté que je suis médecin et que j'ai le devoir d'aider mon prochain! Je suis repartie en vrille: premièrement je ne suis pas mère Térésa, deuxièmement  les gens font ce qu'ils veulent. 
Troisièmement j'ai confiance à priori en son cardiologue. Pourquoi en faire trop?

J'espère que mon compagnon comprendra.

mardi 2 juillet 2013

Un patient soulagé

J'ai reçu un patient, la  quarantaine, que je ne connaissais absolument pas avant, hormis sa famille, fidèles patients depuis mes début.
Au premier abord il m'a paru soucieux, inquiet, sur ses gardes, le regard me jaugeant. Bon, je me suis dit, ou qu'il avait un problème ponctuel, ou un problème chronique, genre maladie grave.

Et il a démarré: 
" Bonjour, j'ai plusieurs petites choses à vous demander.
-C'est qui votre médecin?
- Le médecin Pinghu.
- Vous êtes un transfuge alors?
- ...Il me faudrait un test HIV.
- Vous avez aussi besoin de faire l'hépatite C?
- Non, juste le HIV. Et puis j'ai les urines qui sentent bizarre depuis quelques temps.
- Ah. Nous allons faire aussi une sérologie des chlamydias (infection sexuellement transmissible) et un test urinaire. 
( Il monte sur la table, je lui prends sa tension)
- Et j'ai aussi des condylomes mal placées ( genre de verrues sexuellement transmissibles). Et je sais que c'est extrêmement contagieux.
- Vous connaissez la personne responsable?
- Oui. 
-OK, je vous envoie aussi chez le dermatologue". 

Les ordonnances finies, la consultation payée il s'est tourné vers moi en souriant et m'a dit: 
" Ca fait du bien de connaitre une façon d'exercer différente"

Merci monsieur! Son air inquiet était parti.
Maintenant qu'est-ce qui a manqué dans mon interrogatoire? Cherchez l'erreur: je connais son âge, son travail, sa famille... et c'est tout! Il pourrait être homo, bi, aimant les parties fines à trois ou quatre ou faisant comme DSK, je ne sais rien.  Et visiblement ça lui a fait du bien de ne rien avoir à déballer.

Un argument contre le suicide

Je n'ai jamais écrit sur le suicide, hormis le fait que je croise les doigts et qu'en 13 ans je n'ai pas eu encore un suicidé.

Mais comment le prévenir?
Premièrement ce que je propose est d'en parler ouvertement  et de demander au patient: " Vous avez déjà pensé à des mauvaises choses?" Et le le patient n'hésite pas à me répondre la plupart du temps.
Quand on en parle, on désamorce la bombe. 

Un jeune homme m'a annoncé franchement il y a trois mois: " docteur, si ma vie ne s'améliore pas en juin j'y passe".
Quoi faire? D'autant plus qu'il avait l'air déterminé, ce que je peux comprendre, la bonne trentaine, pas de boulot, des parents envahissants et un peu de confiance en soi épouvantable si je puis dire.Il avait déjà fait une tentative de suicide il y a quelques années.  Je savais qu'il était intéressé par  le bouddhisme. Alors j'ai enchaîné illico: 
" Vous avez pensé au Kharma, vous imaginez vivre une vie aussi noire que celle çi la prochaine fois?
- C'est vrai! D'accord docteur, je vais essayer de faire quelque chose".

Il ne s'est toujours pas suicidé, et je touche encore cette fois-ci du bois.