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mardi 4 novembre 2014

Omerta

L’anesthésiste mise en cause dans le décès d’une jeune femme venue accoucher à l’hôpital d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques) a été mise en examen et placée en détention provisoire ce jeudi. Elle souffre d’un problème d’alcool. L'erreur médicale est envisagée.

http://www.metronews.fr/info/deces-a-la-maternite-d-orthez-pyrenees-atlantiques-l-anesthesiste-placee-en-detention-provisoire/mnjb!6fBENserVMo1U/

Tout le monde pousse des hauts cris. Mais déjà quand j'étais jeune étudiante des histoires circulaient concernant l'alcoolisme d'un prof ou d'un autre qui aurait été poussé hors des salles d'opérations pour alcoolisme chronique et finissait sa carrière comme professeur et en participant à des articles de revue, des séminaires. Mais les erreurs médicales se réglaient "entre confrères", un autre médecin dans la salle d'opération finissait le travail en toute discrétion. 
On se tenait les coudes. 

On peut être choqué par mes propos mais c'était la réalité vraie, celle que pudiquement je n'ai pas abordée en 9 ans de blog. 

Ce qui m'a rappelé tout cela c'est une infirmière qui travaillait dans un bloc connu de Paris: le chirurgien était arrivé rond comme une queue de pelle et l'interne a dû finir le travail aidé un peu plus tard par un autre chirurgien. 
Mais "c'est comme ça, on n'y peut rien, c'est un professeur, je ne suis qu'une infirmière". Et tout le reste du bloc pratique l'omerta et puis basta. 
On s'arrange juste pour que ce chirurgien ne pratique plus d'interventions à risque, ou d'intervention tout court. 

Tout ça pour dire que l'alcoolisme de cet anesthésiste n'est pas un cas isolé. 

mercredi 30 juillet 2014

Un peu gonflé et pas très bien élevé

Une de mes patientes tout d'un coup en vacances a souffert d'un hématome sous dural ( hématome entre les membranes du cerveau), comme ça, sans raison.
La famille est allée aux urgences d'un hôpital de banlieue: l'épouse a été transférée dans un lit en neurologie. quelques jours après je vois arriver le mari:
" Docteur, je suis ultra-inquiet, le neurologue ne fait rien hormis donner de la morphine à mon épouse qui souffre le martryre et n'est plus comme avant. Elle a maigri, ne sort plus de son lit etc."
Je connais la famille, elle n'appellerait pas au secours pour rien.
" Bon monsieur, je vous propose ceci, mais c'est gonflé et pas très bien élevé: vous signez le bon de sortie sans autorisation, une ambulance récupère votre épouse et vous filez tous à Saint-Anne".

Il l'ont fait; l'ambulance a joué le jeu, mais n'était pas rassurée tout le temps du transfert par l'état de la patiente. L'épouse a atterri aux soins intensifs et elle est maintenant correctement prise en charge.
Il parait que le neurologue du premier hôpital a démissionné dans la foulée. Sa première réaction  à l'annonce du départ de son patient a été un étonnement profond, et il a rédigé le bon de sortie ainsi: "sortie contre avis médical, retour à domicile", alors que les ambulanciers se trouvaient devant lui!

C'est qu'il faut se battre pour se soigner maintenant!