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samedi 15 novembre 2014

drogue: hôpital psy contre centre alternatif.

Un patiente:
" Docteur, pouvez-vous faire une hospitalisation sur demande d'un tiers pour mon frère?
... Je n'en fait pas. Qu'est-ce qui s'est passé?
- Il est à Toulon, SDF, drogué au dernier degré, j'ai peur qu'il ne passe pas l'hiver".
Ce sont des bon arguments. Néanmoins je refuse car:
- je n'ai pas vu le patient depuis des années, ne sachant pratiquement plus à quoi il ressemble;
- il n'a pas l'air dangereux, si ce n'est déjà pour lui:
- l'hôpital psy n'est pas une solution pour un toxicomane, d'ailleurs ils ont une maxime: " tout plutôt que l'hôpital psy". Ces patients ont besoin de sevrage, pas de boulotter cachetons sur cachetons, puisqu'ils souffrent déjà d'addiction.

Je regrette Le Patriarche, qui a dû fermer ses portes pour mauvaise gestion ( ce qu'ils disent). Qu'est-ce que c'était? Une solution de sevrage alternative. Le toxico, il suffisait que quelqu'un contacte le Patriarche pour lui, ou qu'il le fasse et qu'il dise "oui, je veux me sevrer" solennellement. Et ensuite ils l'emmenaient quelques mois à la campagne, pour se sevrer avec des plantes, des massages, et des coachs musclés, car les crises de manque ne sont pas faciles à gérer. Et on lui retirait ses papiers pour plus de sûreté.
Il  apprenait un métier sur place, parfois finissait sa thèse de médecine, et enfin retournait à la vie quotidienne.
50% de réussite, un très bon score. Puis il y a eu des rumeurs de secte etc.  et maintenant il ne reste qu'une solution alternative, le centre de Bucy-le-Long créé par Kate Berry-(Birkin).
Un de mes patients en est revenu, sevré et aucun autre cachet de substitution. Il a eu des discussions de groupe quotidiennes, a "avoué tous ses péchés" sur quelques centaines de pages, se sent plus propre. Pari réussi pour lui!
Comme quoi on peut s'en sortir sans Subutex et autre drogue qui addictionne. 

mercredi 22 octobre 2014

Contre l’usage de stupéfiants sur les routes. Expérimentation d’un nouveau dépistage en décembre

21 octobre 2014
Dès décembre, début de l’expérimentation dans 10 départements du deuxième test salivaire pour confirmer l’usage de stupéfiants au volant.
Le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017 a prévu, pour améliorer le dépistage de l’usage de stupéfiants parmi les usagers de la route, l’expérimentation d’une nouvelle technique de prélèvement salivaire par les forces de l’ordre sur le bord des routes.
Actuellement, la recherche de stupéfiants chez les conducteurs relève d’un protocole long et coûteux :
  • d’abord un dépistage salivaire réalisé par les forces de l’ordre ;
  • en cas de dépistage positif, présentation du conducteur devant un médecin qui effectue un prélèvement sanguin destiné à confirmer le résultat du test ;
  • enfin, le prélèvement sanguin est envoyé en laboratoire aux fins de recherches et de résultats.
Une expérimentation sur six mois visant à remplacer l’actuel prélèvement sanguin par un second prélèvement salivaire de contrôle, effectué immédiatement par les forces de l’ordre, débutera le 1er décembre 2014.
Dix départements ont été retenus pour expérimenter ce deuxième test salivaire : les Alpes Maritimes (06), la Dordogne (24), la Gironde (33), l’Ille-et-Vilaine (35), la Loire-Atlantique (44), la Moselle (57), le Nord (59), la Haute-Savoie (74), les Yvelines (78) et Paris (75).
L'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) et l'Institut national de police scientifique (INPS) seront chargés d’analyser les prélèvements qui seront fournis par les forces de l'ordre. Les résultats obtenus permettront d’établir la fiabilité du nouveau protocole, avant sa généralisation.

http://www.securite-routiere.gouv.fr/medias-outils/espace-presse/publications-presse/contre-l-usage-de-stupefiants-sur-les-routes.-experimentation-d-un-nouveau-depistage-en-decembre


jeudi 5 juin 2014

Education des policiers

 Mes patients flics ou gendarmes n'ont pas reçu de cours spécifiques sur les psychotropes! Quand on sait les effets secondaires que certains peuvent avoir ( Rohypnol, ou Stilnox = drogue du viol), cela mériterait une heure ou deux de briefing.
Ils arrivent devant une scène de meurtre, de suicide  et ils se focalisent sur les indices, l'arme du crime etc. C'est juste un peu léger.
Comme ils s'occupent d'un accident de la route, le cannabis est recherché, l'alcool, et les benzodiazépines? Sous prétexte que c'est prescrit, ils mettent un voile mental pudique sur les petits cachets qui peuvent trainer?
Et quand bien même ils sont notés dans les rapports, ils ne sont pas retenus comme facteurs de risque d'accident.

Cela me fait penser à une intervention en Samu que j'ai faite en 1994: un accident de voiture, un mort, deux blessés graves, un blessé léger... et des joints. Et j'ai demandé  à l'infirmier "On ne fait rien avec les joints?"  "Non, on n'a pas le droit d'en parler, alors tu ne mets rien sur le rapport". Et heureusement la jurisprudence a évolué.
Et en ce qui concerne les psychotropes, combien de temps mettra-t-on?

CF post du 27/11/2013