samedi 27 février 2010

Primpéran: neuroleptique

Je suis toujours un peu irritée quand des parents donnent du primpéran à leur gamin avancé par la pharmacie ou donné par un médecin parce que :

Mises en garde spéciales

Seule la forme goutte buvable est adaptée au nourrisson et à l’enfant.

Primperan est un antagoniste de la dopamine. Il peut entraîner des effets indésirables neurologiques à

type de syndrome extrapyramidal en particulier chez l'enfant et l'adulte jeune et/ ou lorsque la

posologie maximale est dépassée. Il est donc recommandé de respecter la posologie déterminée par

le poids du patient et un intervalle d’au moins six heures entre les prises (voir rubriques 4.2 et 4.8).

Respecter un intervalle d’au moins six heures entre chaque prise, même en cas de vomissements et

de rejet partiel ou total de la dose.

Ces réactions surviennent, en général, en début de traitement, entre 1 à 3 heures après la dernière prise.

Elles peuvent apparaître après une seule administration. En cas d’apparition de ces symptômes extrapyramidaux,

il convient d’arrêter le métoclopramide. Ces effets sont, en général, complètement réversibles

après l'arrêt du traitement, mais peuvent nécessiter un traitement symptomatique (benzodiazépines chez

l’enfant, benzodiazépines et/ou antiparkinsoniens anticholinergiques chez l’adulte).

Un syndrome malin des neuroleptiques ayant été exceptionnellement décrit, la survenue d'une hyperthermie

inexpliquée ou associée à d'autres symptômes du syndrome malin (pâleur, troubles végétatifs, altération de la

conscience, rigidité musculaire) doit faire arrêter immédiatement le traitement.
...
D'autres molécules dont le motilium comportent moins d'effets secondaires. Le primpéran peut provoquer le syndrôme malin des neuroleptiques qui peut être mortel.
Alors ce matin un patient inconnu est venu avec son fiston qui avait eu sa dose de primpéran depuis quatre jours pour une gastro résistante.   Quand je lui ai fait part de ma méfiance concernant le primpéran il a répondu au départ:
" Mais je vous fais confiance docteur, c'est votre travail.
- Non, non, ne me faites pas confiance et lisez"
J'ai fait lire le Vidal au père en expliquant tous les mots difficiles. Il est resté si l'on peut dire sur le derrière, il avait perdu ses repères "vous vous êtes le grand chef, vous avez fait 8 ans de médecine, moi je ne sais rien et je vous crois sur parole". 
Le reverrai-je? Mais ç'est ça l'éducation des patients: lire les notices. D'ailleurs je le répète, mes patients les lisent maintenant trop bien et je dois me justifier souvent ( pourquoi je leur ai donné et le rapport bénéfice risque est positif). 
En urgence ou pour des vomissements graves il garde évidemment son utilité

jeudi 25 février 2010

Whisky bis

Un de mes patients m'explique pourquoi il n'a pas d'appétit:
" Vous comprenez docteur, depuis ma radiothérapie du pharynx je n'ai plus de salive,  je ne sens plus le goût des aliments. Alors je n'ai pas faim, je mange très peu et j'ai peur de maigrir.
- Vous n'avez absolument aucune sensation en mangeant?
- Non... ah si! Je peux avaler le whisky parce qu'il a une texture uniquement à lui. Et de plus je peux différencier le whisky bas de gamme du très bon."
Voilà, mes patients sont des gourmets comme je l'ai déjà écrit il y a peu de temps, radiothérapie ou non!
...
Pour passer du coq à l'âne un patient s'est plaint un peu bruyament car ma remplaçante ne lui aurait donné que deux jours d'arrêt de travail pour une gastro. J'ai calmé le jeu en expliquant que le temps où l'on arrêtait largement était révolu et l'on avait des comptes à rendre à la Sécu. Mais en partant avec deux jours de plus il bougonnait encore.

mercredi 24 février 2010

Tabac et fellation

Trouvé dans le blog de Bourdin et Co:

L'association des Droits des Non-Fumeurs, présidée par Gérard Audureau, lance aujourd'hui une campagne anti-tabac dont le but avoué est de choquer.

L'illustration choisie pour cette campagne et créée gratuitement par l’agence BDDP & Fils, fait volontairement l'amalgame entre tabac, fellation, et soumission. Sous le visuel, un slogan : "Fumer, c’est être l’esclave du tabac".

Associations féministes et associations d'aide à l'enfance protestent déjà. Et le président de l'Office français de prévention du tabagisme, Bertrand Dautzenberg, la voit d'un mauvais œil : "Ça va choquer les adultes sans faire peur aux ados" a-t-il confié au Parisien.

Marco de La Fuente, chef de projet chez BDDP & Fils explique ce choix ce matin, toujours dans Le Parisien : "Le message c’est : Le tabac est une soumission. Or dans l’imaginaire collectif, la fellation est le symbole parfait de la soumission."

Gérard Audureau confirme : "La cigarette ne fait plus peur aux jeunes. Utiliser le sexe, c’est une manière d’attirer leur attention. Et s’il faut choquer, choquons!"

L'association Familles de France a d'ors et déjà annoncé qu'elle allait saisir l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité). Si celle-ci n'a pas de pouvoir de sanction, elle peut cependant conseiller l'arrêt de cette campagne. Pour l'interdire totalement, l'affaire devra être portée devant la justice.


Et vous ? Êtes-vous choqué par cette affiche ? Pensez-vous qu'elle peut être efficace dans la lutte anti-tabac ?


Source : Le Parisien

Quel esprit tordu a pu inventer cela? Cela aurait fait un patient parfait pour papa Freud.

mardi 23 février 2010

Moral en béton?

C'est fascinant comme certains patients subissent la crise de plein fouet et ne mangent pratiquement plus que des pâtes à la fin du mois alors que d'autres vont bien et leur compte en banque aussi;
-il y a celle qui est partie avec un petit pactole quand sa boite a coulé dans des conditions un peu suspectes ( pour être délocalisée bien entendu) et qui soudain se découvre un tas d'amis qui s'étaient fait oublier quand elle allait mal.
- Celle qui a trouvé un travail encore mieux payé dans la grande distribution et qui  baisse la voix pour en parler mais elle rayonne quand même de bonheur;
- celui qui a créé une agence immobilière en pleine crise et qui commence à embaucher du monde.
En particulier une patiente avait démissionné de son travail; je la voyais de plus en plus, deux fois par mois à la fin pour des problèmes multiples et variés. Elle s'est mise au chômage et la première boite qu'elle a appelé l'a accueillie à bras ouverts pratiquement! Et évidemment je ne la vois plus pour sa santé.
La méthode Coué peut sembler dépassée mais si on se dit chaque matin " je vaux quelque chose, je peux le faire, je peux trouver" cela donne beaucoup plus de chance.
Parce qu'à l'inverse certains patients ont des tas de qualités mais partent perdants... et ils le sont.

dimanche 21 février 2010

Conseils en pagaille

Depuis toutes ces années que j'exerce dans le village, j'en ai fait des recommandations:
- faire du sport par exemple; à certaines personnes je le recommande presque à chaque consultation et c'est devenue presque une blague entre nous. Pour celles-ci elles ont développé une véritable allergie à tout effort physique et chaque kilo en plus rend le souhait de plus en plus difficile à réaliser. Ce n'est pas faute d'être inventif: à tour de rôle je préconise musculation, natation, vélo, marche à pied pour les plus ronds et les plus cardiaques, kung fu ( celui à qui je l'ai proposé est dévenu un mordu de cette discipline! Au moins un!) etc.

- Manger du poisson trois fois par semaine pour les cardiaques et limiter les graisses; pour ça aussi c'est le parcours du combattant: difficile de changer ses habitudes. Et quand ils me disent  " docteur je fais attention", je n'ai qu'à regarder la composition des caddies de mes patients le samedi après-midi!

- Aller se présenter devant le patron avec une tasse de café pour lui quand celui-là devient difficile à vivre, s'asseoir et lui demander si ça va: je ne sais pas si beaucoup l'ont fait, il faut avoir du culot mais ça a fait rire tous ceux à qui je l'ai proposé, ça dédramatise. Ca leur fait prendre conscience que les patrons aussi peuvent avoir des problèmes.

- Ne plus fumer: j'espère en avoir fait arrêter certains. En tout cas pas une qui enceinte, me répondait:
" docteur je fume deux fois plus" ( et pas que du tabac). Je ne la vois plus mais il est certain que le malheureux bébé est arrivé avec un certain handicap dans la vie.

- Ne plus boire: ça c'est facile... pour un petit moment la plupart du temps. Peu décrochent mais beaucoup la mettent en veilleuse quelques semaines après un remontage de bretelle de leur médecin préféré.
Parfois je suis un peu désabusée pense que je parle dans le vide, et puis un patient arrive tout souriant devant moi " docteur, vous vous souvenez, vous m'aviez dit il y à quelques mois de prendre du recul à mon travail et de prendre du Dstress! J'en prends régulièrement et tout va bien, je l'ai même conseillé à d'autres".  
J'ai aussi des tas de conseils que je tire de mon escarcelle régulièrement pour avoir un enfant ou  pour ne pas en avoir et c'est sûr que de voir les patients à la va-vite car la salle d'attente est pleine serait très frustrant pour tout le monde.

samedi 20 février 2010

Je continue ou non?

Ma salle d'attente ne ressemblait plus à rien ce matin, des tas de personnes sans rendez-vous mais avec des problèmes urgents à traiter tout de suite. La deuxième personne ne m'avait pas prévenue qu'elle venait comme ça, et comme je n'ai pas de secrétaire je l'ai laissée rentrer sans faire attention.
Comme j'étais de très mauvaise humeur ( et qu'elle me laisse systématiquement  une ardoise) je lui ai fait comprendre que c'était avec des personnes qui avaient le même comportement qu'elle en permanence que je n'avais plus l'amour du métier et que parfois j'avais envie de dévisser!
Alors elle m'a demandé un peu inquiète " Vous allez partir docteur?" A quoi j'ai répondu " pas pour l'instant, quoique parfois j'y pense".
Ca va faire le tour du village, ça ne fera pas un pli!
La vérité c'est que je me pose beacoup de questions, que la pression est vraiment forte, même si les gardes ne sont plus obligatoires. Mon prédécesseur est partie au bout de dix ans, j'arrive à neuf ans et demi.
Si un remplaçant me lit, qu'il me contacte pour une collaboration régulière!

jeudi 18 février 2010

Alcool chic

Un jeune patient s'installe en face de moi; il souffre de, pourrait-on dire du syndrome hépatique du lundi matin et n'a pas pu aller travailler:
" Avez-vous profité correctement de votre week-end monsieur?
- Oui, mais je n'ai avalé que du très bon wisky, ça ne peut pas faire de mal!"
Comme ça on est rassuré. Il pratique le binge drinking chic!

Le binge drinking, anglicisme que l'on peut traduire par « hyperalcoolisation », « intoxication alcoolique aiguë », « alcoolisation paroxystique intermittente » ou bien par « alcoolisme périodique », est un mode de consommation excessif de grandes quantités de boissons alcoolisées sur une courte période de temps, par épisodes ponctuels ou répétés. Ce type de comportement d'alcoolisation massive où l'état d'ivresse est recherché rapidement, est considéré comme une addiction ou une dipsomanie, dès lors que la dépendance à l'alcool sous forme épisodique est établie.

En France, des reportages ont défini le binge drinking comme « biture express », « chaos éthylique » ou encore « alcool défonce » et ont tenté de cerner le phénomène en décrivant les comportements sociaux associés (fêtes d'étudiants, regroupements de jeunes avec beuveries sur la voie publique, etc.). Cette conduite à risque peut entraîner la mort via un coma éthylique. (Wikipédia)

J'éspère qu'il n'es tpas allé jusque là; il parait que cette conduite devient la mode.